Les nouveaux barèmes devront tenir compte de la couverture de protection sociale pour les abonnés les plus vulnérables.
Toute annonce officielle du Package of Energy Saving Measures n’interviendra au plus tôt qu’à la mi-avril, à l’issue de la prochaine réunion du comité interministériel présidée par le PM, Navin Ramgoolam, mercredi prochain.
Le gouvernement a préféré surseoir à toute décision au titre du Package of Energy Saving Measures afin d’atténuer l’impact de l’escalade militaire préoccupante au Moyen-Orient et de la flambée du cours mondial du baril de pétrole. Une aile au sein du Conseil des ministres a plaidé pour une prise de décision à tête reposée plutôt que d’agir dans la précipitation. Et ce, même si un consensus se dégage quant à l’urgence et à la gravité de la situation à Maurice. Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès de sources concordantes indiquent que toute décision ne pourrait être annoncée au plus tôt qu’à la mi-avril, soit après la prochaine réunion du comité interministériel, présidé par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, ou encore après la visite d’une High-Level Delegation, dirigée par le ministre des Affaires étrangères de l’Inde, Subrahmanyam Jaishankar, en fin de semaine prochaine.
Ce déplacement ministériel s’inscrit dans le cadre d’un sommet sur l’océan Indien prévu en fin de semaine à l’hôtel Balaclava. Le chef de la diplomatie indienne, qui aura des entretiens avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, sur des sujets d’intérêt commun aux deux pays, devra également procéder à la signature d’un Memorandum of Understanding relatif à l’approvisionnement du pays en produits pétroliers par le truchement d’Indian Oil.
Toutefois, une quasi-certitude émerge en marge de ces consultations : en raison de la situation financière du Central Electricity Board et des contraintes supplémentaires d’au moins Rs 500 millions sur chaque cargaison de Heavy Fuel Oil reçue à Port-Louis, un rajustement des tarifs d’électricité devra intervenir tôt ou tard. Comme on le sait, Indian Oil n’est pas en mesure de fournir au CEB l’intégralité de ses besoins en Heavy Fuel Oil.
Cette option fait partie de la série de mesures de redressement de la situation financière du CEB en discussion avec le ministère des Finances, parallèlement aux consultations au sein du comité de crise sur le Moyen-Orient. À ce stade, les discussions portent sur une révision dans une fourchette de +10 % à 20 %, avec deux impératifs à prendre en compte. « Les nouveaux tarifs du CEB ne devront en aucun cas alourdir le fardeau des opérateurs économiques. Dans cette perspective, la limite supérieure de 20 % ne serait pas envisageable dans la conjoncture actuelle. Ensuite, il faudra élaborer des mesures de protection sociale en faveur des abonnés les plus vulnérables, notamment ceux au bas de l’échelle. Les discussions se poursuivent. À ce stade, aucune décision n’a été prise, le Conseil des ministres étant appelé, dans sa sagesse, à trancher ce nœud gordien dans la conjoncture », fait-on comprendre dans les milieux bien informés à l’Hôtel du Gouvernement.
En ce qui concerne les autres mesures évoquées pour réaliser des économies, notamment le Work From Home dans le secteur public comme dans le privé, le car pooling, les différents ministères et autorités compétentes ont été appelés à approfondir les échanges avec les stakeholders en prévision de la réunion de mercredi du comité interministériel. Pour le Work From Home, même si des dispositions existent dans les Workers’ Rights (Working from Home) Regulations 2020, au ministère du Travail, l’on préfère revoir l’ensemble de la question, notamment en ce qui concerne les allocations pour l’électricité et l’Internet, ainsi que les horaires et les conditions de travail à domicile. La question du passage d’une semaine de cinq à quatre jours requiert également une évaluation sur le plan socio-économique.
En revanche, le volet de l’utilisation de l’énergie électrique pour l’éclairage des centres commerciaux et autres bâtiments à vocation économique fera l’objet de réglementations strictes, définissant les plages horaires nocturnes, avec des sanctions pour les contrevenants. Toutefois, ces réglementations, en discussion entre le ministère de l’Énergie et l’Attorney General’s Office, devront également attendre la réunion du Conseil des ministres de la semaine prochaine, avec toujours un certain suspense quant au nouveau prix du litre d’essence à la pompe.

