Amen Mwa Pli Lwin : Bien plus qu’un concert, un temps de grâce

Le vendredi 27 et le samedi 28 mars, le J&J Auditorium a vibré au rythme du concert Amen Mwa Pli Lwin, porté par le Père Laurent Rivet. Deux soirées intenses, à la croisée de la musique et de la prière, qui ont rassemblé un public venu vivre bien plus qu’un simple spectacle : une véritable expérience fraternelle et spirituelle. La scène a également accueilli plusieurs artistes mauriciens de renom : The Prophecy, Mr Love, Billygane, Ras Minik et Sebby.

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La première partie, assurée par les jeunes du LCPL Felicity Choir et les danseuses du Centre Ming Tek, donne d’emblée le ton. Avec une énergie communicative, ils interpellent avec justesse sur les réalités sociales, les fléaux et les défis auxquels fait face la jeunesse mauricienne.

Puis, le Père Rivet entre en scène et est rapidement rejoint par Mr Love. Dès les premières notes, l’atmosphère s’intensifie avec Pli Lwin, titre phare du dernier album du prêtre. Le public est déjà séduit.

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Très vite, la musique dépasse le cadre musical, invitant à des moments de prière. À travers l’évocation du reniement de saint Pierre et des souffrances humaines, une question résonne : “Kot to ete Bondie ?” La réponse, poignante, s’impose : Dieu est présent dans la souffrance, partageant les douleurs du monde. Les réflexions sur l’injustice, les épreuves et la foi se mêlent  aux notes de musique. Les paroles touchent les cœurs et le public se laisse facilement rejoindre par la grâce. Le Père Laurent évoque les psaumes qui deviennent des prières collectives, qu’is soient chantés dans les larmes ou dans la joie.

Sur scène, les musiciens se donnent de manière remarquable. La violoniste Véronique Migroof, fidèle à son sourire chaleureux, capte le public, tout comme ses envolées à la flûte. Les arrangements au clavier sont assurés par Ricardo Thélémaque, rejoint par son fils, Sebby, artiste-chanteur. Ce moment-là offre un instant de douceur, comme une berceuse évoquant un enfant dans les bras de sa mère, et à la demande du prêtre, les parents sont appelés à bénir leurs enfants. C’est ainsi que le concert se transforme en un espace de partage et de transmission  au son de Kouma enn zanfan.

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Les titres s’enchaînent ensuite – Kombatan, Laman Lesegner, Ouver laport to leker (pour ne citer que quelques titres) – dans une ferveur grandissante. Avec The Prophecy, Billygane entraîne la salle à chanter d’une seule voix Lafors lapriyer, appel vibrant à lutter contre le mal par la prière.

Autre moment intense de la soirée : l’interprétation de Bienere avec le Père Laurent, The Prophecy, Mr Love, Ras Minik et Sebby, assis, tous les cinq sur des tabourets, face au public. Dans une humilité désarmante, leurs voix portent un message empreint de profondeur, celui des Béatitudes. On y perçoit à la fois une force et une certaine vulnérabilité. Inspiré par la visite du pape François à Maurice, en septembre 2019, qui appelait à l’unité et à la fraternité, le prêtre nous explique que le chant Bienere est né juste après cette visite alors que le peuple de Dieu était là, au pied de la Montagne des Signaux… un peu comme un signe, ou plutôt un témoignage, que l’Évangile se vivait là, ce jour-là, sous ses yeux.

Le concert touche à sa fin avec les notes de Laglwar zis pou Bondie de The Prophecy. Le public reprend les paroles en chœur. La salle vibre encore à l’unisson.
Les jeunes chanteurs et danseuses remontent sur scène pour un final joyeux, symbolisant l’espoir, la continuité, l’avenir…

Plus qu’un concert, Amen Mwa Pli Lwin s’impose comme une expérience humaine et spirituelle marquante, où la musique devient chemin de foi et lieu de rencontre.

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