PNQ – Conflit au Moyen-Orient : comité de crise à l’œuvre, mesures attendues après le Cabinet

Le comité de crise, chargé d’évaluer l’impact du conflit au Moyen-Orient sur Maurice, a tenu sa première réunion le mercredi 1er avril 2026. Un rapport a été soumis au Premier ministre, Navin Ramgoolam, et de nouvelles mesures seront discutées lors d’une prochaine réunion prévue, avant d’être soumises au Conseil des ministres.

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Répondant à la Private Notice Question, le chef du gouvernement a indiqué que le comité a examiné les travaux d’un comité de haut niveau présidé par le Financial Secretary, et formulé une série de propositions pour atténuer les effets du conflit sur le pays.

Dès la détérioration de la situation au Moyen-Orient, des unités de crise ont été mises en place dans plusieurs ministères. Parmi les mesures déjà engagées, le Central Electricity Board a renforcé ses stocks de fuel lourd, tout en maximisant l’utilisation du charbon par les producteurs indépendants et en réduisant ses réserves tournantes fait comprendre le Premier ministre.

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Le ministère de l’Énergie et des Services publics a, pour sa part, revu sa campagne de sensibilisation afin de limiter le gaspillage d’électricité, tant aux heures de pointe qu’en dehors, tout en accélérant la transition vers les énergies renouvelables pour réduire la dépendance aux combustibles importés.

Dans ce cadre, plusieurs projets et dispositifs ont été revus afin d’en améliorer la viabilité et l’efficacité. De nouveaux schémas ont été introduits pour répondre aux besoins des différents consommateurs, domestiques, industriels et commerciaux. Au total, environ 405 MW devraient être générés à partir de sources renouvelables dans les deux à trois prochaines années.

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Une circulaire a également été émise le 6 avril, enjoignant les ministères et départements à renforcer les mesures d’économie d’énergie et à fixer des objectifs de réduction de la consommation. Parallèlement, des règlements sont en préparation afin de limiter, pour une période déterminée, l’utilisation de l’électricité pour des activités non essentielles.

Sur le plan de l’approvisionnement, le gouvernement affirme avoir sécurisé les produits pétroliers jusqu’en juillet 2026, et le fuel jusqu’en mai de l’année prochaine. Un accord gouvernement à gouvernement avec l’Inde pour la fourniture de produits pétroliers doit être signé cette semaine.

Le Premier ministre est revenu sur ses démarches entreprises dès septembre 2025 auprès du Premier ministre indien Narendra Modi, puis lors du AI Impact Summit à New Delhi en février dernier, afin de garantir la sécurité d’approvisionnement. Il a imputé les difficultés actuelles à la résiliation de contrats pétroliers en 2014, évoquant notamment les cas de Mangalore Refinery et du dossier Betamax.

Au chapitre financier, les recettes de TVA sur le mogas et le gasoil sont estimées à Rs 3,9 milliards pour l’année en cours, tandis que les droits d’accise devraient rapporter Rs 4 milliards.

Le chef du gouvernement a également insisté sur la nécessité d’adopter des politiques cohérentes et anticipatives face à la crise, afin de protéger la population, en particulier les plus vulnérables, et de renforcer la résilience du pays.

Lors des questions supplémentaires, le leader de l’opposition a interrogé le gouvernement sur les mesures sociales envisagées pour soutenir le pouvoir d’achat, dans un contexte marqué par une hausse du coût de la vie estimée à Rs 50 000 par mois pour une famille.

Le Premier ministre a indiqué que les décisions seront arrêtées après la prochaine réunion du comité de crise et examinées en Conseil des ministres, tout en rejetant les propositions de soutien direct aux bas salaires, évoquant les contraintes budgétaires.

Interpellé sur le financement des importations de carburant, alors que la State Trading Corporation doit faire face à un surcoût d’environ 30 millions de dollars par cargaison pour mars et avril, le chef du gouvernement a répondu que le pays devra faire avec ses moyens actuels. Sur la question de l’approvisionnement en cas de fermeture du détroit d’Ormuz, il a affirmé que des démarches ont été entreprises auprès de l’Inde, tout en rappelant que certaines compagnies ont refusé de traiter avec Maurice en raison de décisions prises dans le passé.

Concernant le prix du gaz domestique, le Premier ministre a indiqué que la question est à l’étude dans une approche globale de l’économie. Il en est de même pour une éventuelle hausse du prix du pain « pain maison », réclamée par les boulangers, le tarif n’ayant pas été révisé depuis dix ans.

Le député Kushal Lobine a également demandé si le gouvernement envisage une réduction temporaire de la TVA et des droits d’accise sur les carburants, à l’instar d’autres pays. Le Premier ministre a répondu par un non catégorique .

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