Le ciel s’assombrit dans le secteur touristique. Si l’industrie fait preuve de résilience en ce début d’année, l’escalade des tensions internationales et les répercussions directes du conflit en Iran font peser une menace certaine sur l’un des piliers de l’économie. Le ministre du Tourisme, Richard Duval, fait comprendre que derrière la satisfaction des chiffres du mois de mars se cachent de réelles appréhensions.
L’immunité relative de Maurice face aux turbulences géopolitiques semble parvenir à sa fin. D’après le ministre, l’industrie touristique, moteur de la croissance économique, se prépare à affronter des jours difficiles. Les facteurs de déstabilisation sont multiples et pour la plupart, échappent au contrôle des autorités. L’augmentation vertigineuse du prix du kérosène et, par extension, des billets d’avion, constitue le premier frein à la demande. À cela s’ajoutent les perturbations logistiques massives dans le transport aérien et une hausse généralisée des coûts annexes liés aux voyages.
Comme l’avance Richard Duval, en commentant les chiffres pour le mois de mars : « sa lasans-la, li pa pou dire forseman. Pri biye avion, bann lezot kou asosye a bann vwayaz pou inpakte lor nomb arive ek se bann fakter ki malerezman andeor nou kontrol. » Malgré les efforts du gouvernement et d’Air Mauritius pour maintenir les connexions, notamment via le hub de Dubaï, la réalité finira par s’imposer.
Pourtant, contre vents et marées, le mois de mars 2026 a affiché un bilan positif. Le pays a enregistré une hausse de 1,3 % de ses arrivées touristiques, accueillant 114 924 visiteurs contre 113 472 en mars 2025. Pour le ministre, cette performance est exceptionnelle au regard du chaos ambiant.
Sur le premier trimestre de cette année, la progression est encore plus marquée avec un total de 348 445 arrivées, soit une croissance de 6,8 % par rapport à l’année précédente. Richard Duval exprime son soulagement, « sertin kapav dir ki 1 500 viziter li pa boukou. Selman, se ki pli inportan se ki la os intervenir dan enn kontex kot Maurice ek lezot destinasyon dan lemond antie pe sibir de plein fwe bann konsekans sa lager la. »
L’analyse détaillée des chiffres révèle que les arrivées par voie aérienne ont connu un léger fléchissement. C’est l’explosion du secteur des croisières, affichant une forte croissance de 215,2 %, qui a sauvé la mise et permis à la destination de rester dans le vert. Cette chance contraste avec la situation de nos voisins régionaux. Richard Duval cite l’exemple d’un « pays ami » qui a vu ses arrivées s’effondrer de 42 % au cours de la dernière semaine de mars.
Mais l’heure est à la prudence… Le gouvernement et les acteurs du secteur privé sont conscients que les mesures palliatives ont leurs limites. « La chance ne nous sourira pas éternellement. Tôt ou tard, le secteur de l’hospitalité sera durement impacté, comme tous les autres secteurs et comme partout ailleurs dans le monde. Espérons que cette guerre prenne fin au plus vite et que le monde retrouve une normalité », poursuit le ministre du Tourisme.
Le spectre du conflit en Iran plane désormais sur la performance du tourisme pour le deuxième trimestre de cette année…

