Cour d’assises : Condamné à perpétuité pour un crime crapuleux

Le meurtrier avait enterré sa victime dans un terrain vague en février 2022 avant d’en faire des confidences à des proches en novembre 2023

- Publicité -

Un dénommé Johny Michel William Sanassee a été condamné à une peine de servitude pénale à vie, pour le meurtre avec préméditation de Jean Jayce Donovan Clovis en février 2022. La sentence a été rendue, hier, par le juge Mehdi Manrakhan, siégeant en Cour d’Assises. Cette sentence est particulièrement sévère, vu les circonstances horribles dans lesquelles ce crime a été commis.
Les faits sordides de cette affaire remontent au mois de novembre 2023 à Pointe-Aux-Biches au Nord-Ouest du pays. Deux hommes avaient rapporté à la police des faits particulièrement troublants. Une de leurs connaissances, Johny Michel William Sanassee, leur aurait décrit comment il avait tué un dénommé Jean Jayce Donovan Clovis, qui avait été porté manquant le 22 février 2022, et comment il avait disposé du corps, en l’enterrant dans un terrain vague situé à l’arrière de sa maison.
Les policiers devaient procéder à une fouille du terrain vague en question et devaient découvrir des restes humains. Johny Sanassee avait été arrêté en décembre 2023 mais avait nié qu’il avait tué qui que ce soit, et avait maintenu qu’il ne savait rien en ce qui concerne les restes humains qui ont été découverts à l’arrière de sa maison.
Toutefois, en 2024, une analyse ADN de ces restes avait confirmé qu’il s’agissait bien de Jean Jayce Donovan Clovis. Johny Sanassee avait alors décidé d’avouer le crime.
Selon ses aveux, le matin du 22 février 2022, alors âgé de 24 ans, Johny Sanassee avait décidé d’aller emprunter une planche de surf à son ami, Jean Jayce Donovan Clovis, 28 ans, quand il avait surpris ce dernier en train d’avoir des relations inappropriées avec un mineur. Toutefois, cet incident n’a jamais été étayé par une preuve quelconque.
Après leur partie de surf, les deux hommes avaient regagné le domicile de Johny Sanassee. Alors que Jean Jayce Donovan Clovis avait le dos tourné, Johny Sanassee s’était approché de lui avec un couteau et avait tranché sa gorge avant de le larder de coups de couteau à la tête et aux yeux. La victime s’était écroulée dans une mare de sang. Johny Sanassee avait ensuite enveloppé le corps dans un drap et essuyé le sang avec une serpillière. Il avait ensuite enterré le corps, la serpillère et les vêtements qu’il portait au moment du crime dans un terrain vague situé à l’arrière de sa maison.
Un mois plus tard, Johny Sanassee avait déterré le corps, écrabouillé le crâne avec un marteau et, comble de l’horreur, il aurait mangé des parties du corps.
L’autopsie sur les restes humains, effectuée par le Dr. Sudesh Kumar Gungadin, médecin légiste, n’avait pu déterminer la ou les causes exactes de la mort. Jusqu’ici, personne ne sait comment est mort exactement Jean Jayce Donovan Clovis, ni pourquoi il avait été tué par quelqu’un qu’il considérait comme son ami.
Poursuivi en Cour d’Assises pour meurtre avec préméditation, Johny Sanassee avait plaidé coupable.
Le juge a pris note du fait que le prévenu était relativement jeune au moment du crime et qu’il avait plaidé coupable, mais cela une fois qu’il avait été confronté aux conclusions de l’analyse d’ADN. Ses explications à l’effet qu’il avait surpris la victime en train d’avoir des relations inappropriées avec un mineur n’ont nullement été étayées par une quelconque preuve et ne pouvait constituer d’excuse ou de circonstance atténuante.
Le juge Manrakhan a plutôt retenu que « the aggravating factors are overwhelming » dans cette affaire, vu que le crime avait été prémédité, vu le degré de violence dont le prévenu avait fait preuve envers sa victime et vu qu’il avait déterré, mutilé et mangé une partie des restes de cette dernière. De ces faits, le juge a refusé de réduire la peine prévue sous la loi par un tiers, ce qui se fait normalement dans les cas d’homicide quand le prévenu plaide coupable et exprime des remords.
« The combination of premeditated killing and subsequent acts of desecration of the remains elevates this offence beyond the level ordinarily encountered, even in serious cases of murder. In those circumstances, only a sentence of penal servitude for life can meet the requirements of justice », souligne le juge.
Pour toutes ces raisons, Johny Michel William Sanassee a été condamné à une peine de servitude pénale à perpétuité.

EN CONTINU
éditions numériques