– Une opportunité pour les jeunes de s’exprimer sur les conflits et les enjeux qui secouent la planète
La Westcoast International Secondary School (WISS), située à Cascavelle, accueille depuis hier, 174 élèves de 49 collèges du pays, pour une édition spéciale du Model United Nations (MUN). Durant trois jours, les délégués débattent des sujets d’actualité et des résolutions sont votées. Les discussions devaient être très animées au sein de la Disarmament Commission, qui réunit l’Iran et les États-Unis. Loin d’être un simple jeu de rôle, le MUN permet aux jeunes de s’exprimer sur les enjeux et les propositions en vue d’un monde meilleur.
La deuxième édition de la WISS MUN rassemble des jeunes de différentes institutions secondaires du pays. Pour Christine Appadoo, Deputy Head of School, le MUN marque le rassemblement des jeunes esprits. « Il est important de créer des espaces où les jeunes peuvent s’exprimer sur les réalités du monde. Au-delà de la théorie, ils auront l’occasion de participer activement aux débats sur des sujets d’intérêt. Cela leur permet de penser de manière critique et responsable », fait-elle ressortir.
Dans un contexte de guerre, où des millions de vies sont menacées, il est important que les jeunes réalisent que la paix ne doit pas être considérée comme acquise, a-t-elle poursuivi. Il faut œuvrer à la préserver. D’où l’importance de telles activités. « Ce n’est pas seulement un événement symbolique. Les jeunes vont prendre conscience de leurs rôles et responsabilités. Cette expérience montre justement que le leadership n’est pas qu’une question d’influence, mais également de responsabilité », estime-t-elle.
Le ministre Aadil Ameer Meea, parent d’élève et également ancien délégué du MUN, a partagé son expérience à cette occasion. « En 1994, j’étais à votre place. C’était l’un des premiers MUN à Maurice. J’étais très nerveux. Il y avait 2 000 participants sur le plan national et je représentais le Zaïre, aujourd’hui République démocratique du Congo », partage-t-il avec les étudiants.
Le ministre a témoigné de l’angoisse qui s’empare des participants dans des moments pareils. « Face à cela, soit vous reculez, soit vous avancez. J’ai décidé d’avancer. Cela m’a permis de réaliser que je pouvais m’exprimer et défendre mes idées. C’est une expérience qui m’a marqué. Aujourd’hui, je suis ministre. Je suis parlementaire depuis 17 ans. J’avais 32 ans et j’étais le plus jeune député à ma première élection en 2010. Mon parcours a commencé dans des moments comme cela », devait-il confier encore.
Au-delà des débats
Le MUN, a-t-il ajouté, n’est pas qu’un débat. « Vous apprendrez à comprendre le monde, à faire votre opinion sur certaines choses et surtout, à vous exprimer. » L’expérience, a poursuivi Aadil Ameer Meea, est tout aussi enrichissante en dehors des débats. Il a mis l’accent sur le partage et l’amitié. « Dans quelques années, vous n’allez sans doute pas vous rappeler toutes les résolutions, mais vous vous souviendrez des personnes rencontrées. À mon époque, nous avions chanté Heal the World de Michael Jackson en nous tenant la main », poursuit-il.
L’expérience du MUN, a-t-il souligné, est d’autant plus importante aujourd’hui, car le monde a besoin d’hommes et de femmes, qui peuvent communiquer, exprimer leurs idées et travailler ensemble, même si elles ont des opinions différentes. « Peut-être qu’il y a parmi vous, de futurs diplomates, parlementaires ou ministres. »
Teshen Mootien, lauréat du collège du Saint-Esprit, a participé à la première édition du MUN de Westcoast International Secondary School, l’année dernière. Il a également partagé son expérience. « En tant que lauréat, on me demande souvent quelle est la recette du succès. Je pense que le succès se détermine par la volonté d’avancer et le courage de s’exprimer quand il le faut. Pour réussir, il faut sortir de votre zone de confort », dit-il.
Il a témoigné qu’il y a deux ans, il était lui-même mentalement fragile et dans le doute. Mais il a décidé d’aller au-delà des sentiments négatifs. Il a ainsi invité les jeunes à en faire de même. « Il y a un héros en chacun de nous. Vous êtes des héros prêts à remettre le monde sur le droit chemin », estime-t-il.
Pour cette deuxième édition du WISS MUN, les délégués auront fort à faire, avec notamment, le dossier de la guerre au Moyen-Orient à traiter. L’événement se tient sur trois jours. Par ailleurs, une délégation de WISS participera au Global MUN à Singapour, du 2 au 9 juin prochain.
Dans la peau du SG
des Nations unies
Pour la présente WISS MUN, Ethan Pattoo assume le rôle du secrétaire général des Nations unies. Un rôle qu’il prend très au sérieux. « Je suis très fier d’assumer ce rôle, surtout dans un contexte où le monde se retrouve face à des problèmes. Les discussions vont nous permettre de nous plonger dans la réalité. »
Quant à savoir si les Nations unies ont encore un pouvoir dans le contexte actuel, il répond par l’affirmative. « Les Nations unies ont une influence. Nous ne pouvons pas décider pour les autres, mais nous pouvons faire pression pour des changements. Sans cela, le monde serait chamboulé. »
Jemma Van Der Merwe, qui assume, elle, le rôle de secrétaire générale adjoint, renchérit : « souvent, les gens s’attendent à ce que les Nations unies mettent fin aux conflits. Ce n’est pas le cas, mais en revanche, les Nations unies agissent pour protéger les populations là où il y a la guerre ou nourrir les gens et là où il y a la famine. Les Nations unies ne changent pas le monde. »
Une expérience différente
Kesshree Mohun est la coordinatrice du MUN à la WISS. Elle explique que l’école a pris l’initiative d’organiser cet événement, après avoir vécu les expériences de la London School of Economics en Angleterre et Harvard, et à Dubaï. « Même si le MUN était déjà organisé ici au niveau des zones et au niveau national, nous avons voulu partager les expériences LSE et Harvard avec les autres élèves mauriciens. Outre les débats, il y a notamment un Social Gala et un Networking Event. »
WISS a fondé son club MUN il y a quelques années. Une délégation s’est rendue en Angleterre en 2024 et à Dubaï l’année dernière. Selon Shaheen Mohamed, Programme Leader, cet événement est entièrement géré par les élèves, avec le soutien du management. « Après cinq ans, je suis sûre qu’il y a parmi eux des leaders de demain. Ils sont pleinement conscients de leurs rôles et savent comment gérer les soucis. Ils ont accueilli les délégués et ont l’esprit ouvert. »
Christina Appadoo, Deputy Head of School, a précisé que l’école n’est pas axée uniquement sur l’académie. « Comme va notre devise, nous préparons les élèves pour la vie. Le MUN est justement l’une des initiatives qui préparent nos élèves à faire face à la vie, à être responsables et à voir les perspectives des autres. Il est très important d’apprendre à écouter et comprendre les autres. »
Les délégués du MUN 2026 étant en dernière année, elle confie également sa fierté de les avoir vus grandir et faire un tel parcours. « Nous nous disons que nous avons réussi notre mission. »

