Depuis le passage du cyclone dévastateur Chido à Agaléga en décembre 2024, le calorifère de l’archipel, endommagé comme d’autres infrastructures à ce moment-là, est toujours inopérationnel. Indispensable au processus de fabrication de l’huile de coco, il permet la transformation des noix, après séchage, en coprah. Celui-ci est ensuite acheminé vers un bâtiment pour l’extraction de l’huile.
Sans calorifère, Agaléga est dans l’impossibilité de produire cette huile vierge, reconnue pour sa qualité. Cela fait donc un peu plus d’un an que l’île ne peut plus fournir d’huile de coco à ses habitants ni au marché mauricien. Le manque à gagner n’est pas négligeable. Il y a sept ans, la production d’huile de coco pouvait rapporter près de Rs 20 millions (chiffre avancé par l’Outer Islands Development Corporation). Agaléga expédiait quelque 30 barils à Maurice, où l’huile pouvait se vendre jusqu’à Rs 250 la bouteille.



Déjà tombé en panne en 2019, le calorifère ne semble pas prêt à reprendre du service de sitôt. Riche en cocotiers, Agaléga abritait environ une centaine de milliers d’arbres couvrant près de 800 hectares avant le passage de Chido. Il faut récolter environ 8 000 noix pour produire une tonne de coprah et 500 bouteilles d’huile.
Si Maurice compte remettre le calorifère en état, les autorités devraient acheminer des matériaux et équipements lors du prochain départ du MV Trochetia pour Agaléga, prévu en juin. Mais il n’y a pas que la production d’huile qu’il faudrait relancer : celle du pain doit également reprendre. Les Agaléens croisent les doigts pour l’arrivée d’un four en juin prochain.

