Le temps est aux superlatifs. Escalades, flambées, montées, augmentations… Tout cela pour parler d’augmentations. De majorations de prix. Encore et toujours. Non, que la cherté de la vie devienne un vague souvenir, que la corbeille de la ménagère pèse plus lourd et que le porte-monnaie arête de maigrir, ce n’est donc pas pour de sitôt !
Un grand nombre de choses causant cette situation est relié à la crise au Moyen-Orient, avec le conflit déclenché par les États-Unis et leur allié de toujours, Israël, contre l’Iran. Avec un cessez-le-feu des plus précaires – les bombardements au Liban ont continué, malgré tout – économistes et observateurs politiques s’accordent à dire que les majorations en tous genres vont inévitablement impacter le monde entier. Et sur une multitude de produits : gaz, pétrole, essence, huile, denrées de base, grains, médicaments…
Dans le cadre des 30 ans de l’ONG PILS (Prévention, Information et Lutte contre le Sida), le membre fondateur et fer de lance de la lutte contre le virus du sida et le respect des Personnes vivant avec le VIH (PVVIH), Nicolas Ritter, exprimait ses craintes quant aux ruptures éventuelles des stocks de médicaments, s’inquiétant, à juste titre, pour les malades. Déjà, depuis que ce conflit lourdement armé a démarré, bon nombre de Mauriciens se sont rués dans les supermarchés, dévalisant les rayons d’aliments de base. Le “panic buying” des années Covid-19 a brutalement refait surface ! Dans les pharmacies, également, de nombreux patients, surtout ceux frappés de maladies chroniques, n’ont pas attendu pour créer leur petit stock personnel. Et ce, malgré qu’un nombre important de médicaments sont en rupture de stock depuis plus de six mois ! À se demander qui contrôle quoi, au final ! Michael Sik Yuen, ministre du Commerce, et Patrick Assirvaden, occupant le poste de l’Énergie, multiplient les déclarations dans les médias. Tantôt pour rassurer, tantôt pour appeler à la vigilance. Maurice, il est clair, ne sera pas épargnée.
L’escalade se traduit aussi dans les colonnes des faits divers. Il ne se passe pas un jour sans qu’une mort atroce soit publiée. Les féminicides se multiplient. Et avec une plus grosse dose de barbarie et de violences ! Les lois viendront certainement peser dans la balance. Mais dans l’immédiat, l’urgence est au respect des droits humains. De jour en jour, d’incident en incident, de crimes sordides à meurtres atroces, la banalité avec laquelle les vies sont ôtées est foudroyante ! À croire que des générations de Mauriciens ont grandi sans valeurs ni repères, principes et convictions.
Le pire, ce sont les cas où les religieux sont concernés. Un des derniers cas en date, impliquant un religieux dans une affaire de pédophilie, est la goutte qui fait déborder le vase. Parce que de nombreuses instances concernées ont fait état de « maltraitances », comme si ce mot atténue le crime. Ce genre d’hypocrisie n’a nullement sa place dans une république démocratique qui se targue d’amener des « changements » majeurs. Profonds et constitutionnels.
Quant aux féminicides, les cas rivalisent de barbarie ! Le meurtre de Yogheswaree Bhunjun, cette jeune mère de 37 ans, portée disparue depuis le 26 février dernier, ne peut toujours pas être élucidé. Quatre suspects sont incriminés et ont été arrêtés par la police. Mais à ce jour, l’enquête stagne. Les versions ne concordant pas ; les avancées ralentissent. Et les détails sordides ne manquent pas.
En mars dernier, un autre cas avait retenu l’attention. Celui du crime de Sujaya Bunghooye, survenu en février 2020, quand la victime était alors âgée de 23 ans. Dans son jugement, le juge Iqbal Maghooa a souligné l’urgence de répondre fermement à la violence basée sur le genre. Il avait déclaré : « Gender-based violence is a critical national issue. It disproportionately affects women who are often vulnerable and helpless. There is a strong public interest for perpetrators of violent acts against women to be dealt with the utmost severity. »
Que ce soit dans le cas de Yogeshwaree Bhunjun ou de Sujaya Bunghooye, les victimes les plus sévèrement atteintes sont les enfants de ces jeunes femmes qui ont péri brutalement. Des plaies à jamais ouvertes qui, pour certains, ne se cicatriseront jamais.
Husna Ramjanally

