Face à la maladie infectieuse du chikungunya qui continue de progresser dans la région, des sanctions s’imposent
Le vieux quartier commercial et résidentiel de Buckingham, à Rose-Hill, est une parcelle de terre enclavée entre le centre-ville et les régions de Stanley et Plaisance. Un lieu empreint d’histoire, où les plus nostalgiques évoquent l’ex-cinéma, les boutiques datant de plus de 80 ans, la salle de musculation et les pâtisseries des Organisations Fraternelles (OF) des frères Michel, entre autres. Si le quartier s’articule toujours autour de ses places marchandes et commerciales, accessibles à toutes les bourses, une sombre tache ternit ce reluisant tableau : les décharges illégales qui émaillent un terrain vague faisant office d’aire de stationnement. Des actions urgentes doivent être entreprises face à la maladie infectieuse du chikungunya qui continue de progresser dans la région. 977 cas ont été recensés en moins de quatre mois dans le pays, dont plus de 70% à Rose-Hill.
Pour saisir l’ampleur de cette terrible anarchie, il n’y a qu’à jeter un coup d’œil sur la montagne de déchets jonchant la chaussée et l’arrêt d’autobus où des odeurs pestilentielles tenaces flottent dans l’air et piquent les narines, du matin au soir, si bien qu’on se croirait dans une porcherie, surtout lorsqu’il pleut abondamment. C’est la même rengaine tous les jours. Des commerçants dans scrupule faisant le va-et-vient vers le site pour y déverser leurs déchets jusqu’à la tombée du jour. On reste bouche bée devant les images d’un tas de détritus constitués principalement de légumes périmés et de sacs remplis d’ordures ménagères. Plus loin, sur une dizaine de mètres, on découvre, pêle-mêle, des pots de peinture, des boîtes en carton, des bouteilles et des sacs en plastique. Ce sont des insectes par nuées, des rats et des chiens errants qui prennent le relais avec toutes les conséquences sanitaires induites.
Cela fait plus de deux ans que Week-End s’évertue à contacter les élus de la ville, conseillers et députés, pour que des sanctions fermes et urgentes soient prises à l’encontre des pollueurs patentés de Buckingham, et aussi à l’endroit du propriétaire de ce vaste terrain (la famille Chady), mais les choses ont empiré et les qualificatifs ne manquent pas pour décrire ce triste et révoltant spectacle. Un internaute ayant posté des photos sur la toile, jeudi, témoigne : « Enn loder pouri pe leve ladan. Je pense même qu’il y a un animal mort parmi cet amas de détritus. Cette odeur se répand jusqu’aux restaurants où la clientèle se réunit comme peau de chagrin. Pena enn konseyer minisipal kinn pass la e trouv sa kalite malpropté là ? Pou ki zot pe pran nou ?! »
On aurait pu croire que les épidémies de leptospirose et de chikungunya, qui font rage actuellement aux villes-sœurs, allaient amener à une prise de conscience collective sur la nécessité de se prémunir par tous les moyens de ces menaces mortelles. Que nenni ! La mairie a publié un communiqué, cette semaine, informant les propriétaires de terrains vagues et de bâtiments laissés à l’abandon qu’ils disposent d’un délai de 15 jours suivant la publication du communiqué en date du 27 mars pour procéder au nettoyage, sous peine d’une amende de Rs 25,000.
Le communiqué précise également que si la mairie devait intervenir pour des raisons sanitaires ou sécuritaires, des actions légales seraient entreprises en vertu des articles 61(9) et (10) de la Local Government Act 2011, afin de lui permettre de récupérer les frais engagés. On verra si les actes suivent les communiqués du côté de Buckingham !

