BUDGET 2026-27 : Propositions Souveraineté alimentaire, taxation des riches et modèle CHA au menu de Lalit  

Dans le cadre des consultations pré-budgétaires 2026-27, Lalit plaide pour une réorientation profonde de l’économie mauricienne face aux incertitudes géopolitiques mondiales. Dans un document publié en début de semaine, le mouvement estime que l’agression militaire des États-Unis et d’Israël contre l’Iran accentue les risques économiques internationaux et impose des mesures urgentes afin de renforcer la souveraineté alimentaire et énergétique du pays.

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Lalit soutient que le prochain budget doit prioritairement encourager la production locale, tout en imposant une contribution accrue aux grandes entreprises et aux hauts revenus. Il affirme que l’économie mauricienne doit progressivement délaisser sa dépendance des importations et au secteur spéculatif pour se tourner vers l’agriculture vivrière, la pêche durable et les énergies renouvelables.

Parmi les propositions avancées figure l’obligation pour les grands propriétaires fonciers de convertir au moins 30% de leurs terres agricoles à la culture vivrière. Lalit estime que les terres actuellement consacrées à la canne à sucre devraient davantage servir à la production de pommes de terre, maïs, de haricots et d’autres cultures alimentaires.
Le mouvement évoque également la reconversion des infrastructures de l’industrie sucrière afin de développer des unités de transformation et de conservation des aliments. À Rodrigues, il réclame des aides aux planteurs sous forme de semences, d’assurances agricoles et de bassins de rétention d’eau, ainsi que des subventions pour la récupération d’eau de pluie. Pour Lalit, ces mesures permettraient de réduire les importations alimentaires, d’améliorer la balance des paiements et de créer des emplois stables.

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La pêche à renforcer
Autre axe défendu : le développement d’une industrie nationale de la pêche durable. Le parti demande au gouvernement d’investir davantage dans ce secteur et de réduire progressivement les permis accordés aux navires étrangers. Lalit souhaite également que les groupes hôteliers soient contraints d’investir dans une flotte mauricienne de bateaux de pêche afin d’exploiter les 2,3 millions de km² de zone maritime du pays. Le développement d’une industrie de transformation du poisson figure aussi parmi les priorités abordées.
Sur le plan énergétique, Lalit critique le modèle actuel reposant sur les producteurs indépendants d’électricité (IPP) liés à l’industrie sucrière. Le mouvement plaide pour une politique axée sur les énergies renouvelables telles que le solaire, l’éolien, l’énergie marémotrice et l’énergie des vagues.

Lalit avance que cette transition énergétique permettrait à Maurice de renforcer sa souveraineté énergétique, tout en réduisant sa dépendance des fluctuations internationales et en créant de nouveaux emplois.

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Lalit s’oppose également aux programmes de Golden Visa destinés aux investisseurs étrangers fortunés. Le parti estime que cette politique contribue à la hausse des prix de l’immobilier et favorise la spéculation foncière au détriment des besoins de la population.
Le mouvement dénonce aussi le développement des Gated Communities et affirme que les terres agricoles doivent être réservées à la production alimentaire plutôt qu’à des projets immobiliers destinés à une clientèle étrangère aisée.

Concernant le logement, Lalit demande la réintroduction d’un système similaire à celui de la défunte Central Housing Authority (CHA) afin de favoriser les logements locatifs accessibles. Le mouvement réclame aussi des aides pour les nouveaux ménages à Rodrigues et à Agalega, ainsi que des projets de logements pour les Chagos. Le parti demande, en outre, des explications sur l’utilisation des Rs 800 millions annoncées dans le budget 2022 pour le remplacement des maisons contenant de l’amiante.

Taxer davantage les hauts revenus

Sur le plan fiscal, Lalit propose une taxation plus importante des profits réalisés par les secteurs bancaire, hôtelier, immobilier et financier. Le mouvement souhaite également l’extension de la contribution additionnelle de 15% aux personnes gagnant plus de Rs 500 000 par mois, contre Rs 1 million actuellement. Selon le parti, cette fiscalité progressive serait plus équitable que la TVA, jugée pénalisante pour les ménages modestes.
Lalit réaffirme son opposition au projet de location de Diego Garcia dans le cadre du traité sur les Chagos. Le mouvement considère que les Rs 10 milliards évoqués dans cet accord ne doivent pas servir à financer le budget national. « Sa li lamone disan ek pa kapav finans bidze nasyonal avek enn tel larzan. Gouvernman bizin aret soumet divan inperyalis Amerikin ek Angle pou lamone lokasyon. Bizin fer reveni rant dan bidze depi tax lor kapitalist ek depi prodiksion ek exportasion. Pa rod lamone fasil », soutient Lalit.
Le parti réclame aussi le retour de la pension universelle à 60 ans, estimant que cette mesure peut être financée grâce à une meilleure redistribution fiscale et à une augmentation de la production nationale.

 

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