À quelques jours de la présentation du budget 2026-27, des experts en informatique proposent l’intelligence artificielle (IA) et le numérique comme nouveaux moteurs de croissance. Pour l’ingénieur et le spécialiste de l’intelligence artificielle, Hans Balgobin, l’un des principaux défis reste la qualité des données utilisées dans la prise de décision publique.
Pour lui, il devient difficile d’élaborer des politiques efficaces lorsque les informations disponibles sont incomplètes, fragmentées ou publiées avec un retard important. Cette situation limite la capacité des autorités à mesurer l’impact réel des mesures adoptées et à ajuster rapidement leurs interventions lorsque les circonstances l’exigent.
Hans Balgobin plaide ainsi pour une modernisation de la gouvernance publique reposant davantage sur des données fiables et accessibles. Il estime que chaque mesure budgétaire devrait être accompagnée d’indicateurs précis concernant son coût, son mode de financement, son calendrier de mise en œuvre ainsi que les résultats attendus.
Une telle approche renforcerait non seulement la transparence, mais permettrait également aux citoyens de mieux suivre l’exécution des engagements gouvernementaux. Hans Balgobin préconise notamment la mise en place d’un système public de suivi régulièrement actualisé afin de favoriser une culture plus rigoureuse de la reddition de comptes.
Au-delà de son apport à la gouvernance, l’intelligence artificielle représente, d’après Hans Balgobin, un puissant levier de développement économique.
Les technologies d’IA offrent aujourd’hui la possibilité d’améliorer la détection de fraudes fiscales, d’identifier plus rapidement certaines irrégularités financières et d’optimiser l’analyse des données économiques. Elles peuvent également automatiser de nombreuses tâches administratives, réduisant ainsi les délais de traitement et les coûts opérationnels.
Toutefois, l’ingénieur souligne la nécessité d’accompagner cette évolution par un cadre réglementaire solide garantissant la protection des données personnelles et la transparence des systèmes utilisés.
Pour lui, l’enjeu dépasse largement la seule modernisation administrative. L’intelligence artificielle constitue avant tout une opportunité de création de richesse et d’innovation. Il appelle ainsi à des investissements conséquents dans la formation et le développement des compétences numériques afin de permettre aux Mauriciens de tirer pleinement parti de ces nouvelles technologies.
Si les avancées numériques ouvrent de nouvelles perspectives, elles exposent également le pays à des risques croissants. Tel est le constat dressé par Hissen Caramben, ancien policier et spécialiste bénévole de la cybercriminalité.
Conscient des contraintes financières auxquelles l’État doit faire face, il estime néanmoins que certains investissements ne peuvent plus être repoussés, notamment dans le domaine de la cybersécurité.
Selon lui, les fraudes en ligne, les vols d’identité, les escroqueries numériques et les cyberattaques représentent désormais une menace sérieuse pour les particuliers, les entreprises et les institutions publiques.
Dans un environnement où les activités économiques dépendent de plus en plus des technologies numériques, une attaque informatique majeure pourrait avoir des conséquences considérables sur l’économie et la confiance du public.
Hissen Caramben plaide ainsi pour un renforcement des capacités d’enquête des forces de l’ordre à travers la formation d’un plus grand nombre de spécialistes capables de traiter les infractions liées aux nouvelles technologies.
L’expert met en exergue également la nécessité d’accélérer la digitalisation de l’économie mauricienne.
Le recours accru aux paiements électroniques, le développement de plateformes numériques sécurisées et la réduction progressive des procédures administratives basées sur le papier constituent, selon lui, des étapes essentielles vers une administration plus moderne et plus efficace.
Cette évolution pourrait générer des gains importants en matière de productivité tout en renforçant la transparence des interactions entre les citoyens et les institutions publiques.
Hissen Caramben met également en avant les bénéfices sociaux des nouvelles technologies. Il cite notamment les plateformes éducatives numériques ainsi que les systèmes de géolocalisation destinés aux personnes souffrant de troubles cognitifs, notamment la maladie d’Alzheimer, qui pourraient améliorer la sécurité des personnes vulnérables et soutenir leurs familles.
Concernant les réseaux sociaux, il estime que les autorités devront poursuivre leurs efforts pour lutter contre la désinformation, le harcèlement en ligne et la diffusion de contenus nuisibles afin de préserver un environnement numérique plus sûr.
Pour Loganaden Velvindron et les membres de la communauté Cyberstorm.mu, l’intelligence artificielle est déjà en train de transformer profondément le paysage de la cybersécurité. Grâce à ces technologies, les systèmes de défense peuvent désormais détecter plus rapidement les vulnérabilités, identifier des comportements suspects et réagir avec davantage d’efficacité aux incidents informatiques.
Toutefois, ces mêmes outils sont également utilisés par les cybercriminels pour automatiser certaines attaques, contourner les dispositifs de protection et perfectionner leurs méthodes de fraude.
Cette situation crée une véritable course technologique entre les acteurs chargés de la sécurité numérique et les auteurs de cyberattaques.
D’après Loganaden Velvindron, les pays qui tarderont à investir dans leurs capacités de cybersécurité risquent d’être rapidement dépassés face à des menaces toujours plus sophistiquées et automatisées.
Malgré des sensibilités différentes, les trois experts convergent vers une même conclusion : le budget 2026-27 devra regarder au-delà des équilibres financiers immédiats.
Pour eux, le numérique n’est plus un secteur parmi d’autres. Il constitue désormais un pilier central de la compétitivité, de la productivité et de la résilience économique.
Qu’il s’agisse d’améliorer la gouvernance grâce aux données, de démocratiser l’accès à l’intelligence artificielle, de renforcer la cybersécurité ou d’accélérer la transformation digitale du pays, les décisions qui seront prises dans les prochains jours pourraient marquer une étape déterminante dans l’évolution de Maurice.
Budget 2026-27 — Experts en informatique : L’IA et le numérique comme nouveaux moteurs de croissance
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