Institution réputée du Sud, la France Boyer de la Giroday SSS a marqué ses 30 années d’existence lors d’une cérémonie spéciale, hier. C’était l’occasion de revenir sur un riche parcours, tant sur les plans académique, culturel et sportif. Invité d’honneur à cette célébration, le président de la république, Dharam Gokhool, a invité les élèves à s’inspirer de l’œuvre de la fondatrice des écoles ménagères, qui donne son nom au collège.
Inaugurée à Plaine-Magnien en 1996, France Boyer de la Giroday SSS est un de ces collèges régionaux qui brillent sur le plan national. En 2015, il enregistre sa première lauréate, suivi de deux autres boursières sur critères de mérite et sociaux, quelques années plus tard. Comme pour afficher ses intentions dans le futur, le collège a inauguré son Laureate Board.
Nisha Rajinundun, l’Acting Rector, n’a pas manqué de faire ressortir que chaque année le collège enregistre une quinzaine de candidats parmi les dix premiers sur le plan national dans les différentes matières, en SC et HSC. De plus, 50% des élèves obtiennent une place dans une académie, après le NCE. Elle a également élaboré une liste de compétitions où les élèves ont brillé.
Ces 30 années d’excellence ont été marquées, hier, lors d’une cérémonie spéciale où Dharam Gokhool, était l’invité d’honneur. Il a tenu à féliciter les élèves pour leur succès. « En tant qu’ancien ministre de l’Éducation, le collège d’État France Boyer de la Giroday me ramène en 2008, au moment de la réforme. Il y avait beaucoup de critiques. Ma première décision a été de mettre sur pied l’Early Childhood Care and Education Authority, car il faut une base solide. Ensuite, j’ai introduit les National Colleges, dont le collège France Boyer de la Giroday faisait partie », précise le président.
Cette démarche, a-t-il poursuivi, était de « combattre l’élitisme », car à l’époque, il n’y avait qu’une poignée de collèges considérés comme des Star Schools et tout le monde ne pouvait y accéder. « Avec les National Colleges, nous avons montré que les collèges en région rurale pouvaient faire aussi bien que les collèges en ville. Le collège France Boyer de la Giroday en est l’exemple. » Il a ainsi invité à faire confiance au changement.
De même, Dharam Gokhool a mis en avant les côtés positifs du système et de la société. « Si nous nous référons aux journaux et aux réseaux sociaux, nous avons tendance à croire qu’il n’y a que la drogue, le bullying, les féminicides et la violence à Maurice. Il faut aussi apprendre à voir le verre à moitié rempli. Il ne faut pas casser le moral de la société. C’est dangereux. Ces problèmes existent, mais nous devons relever les défis ensemble, pour avancer », dit Dharam Gokhool.
Le président de la république a encouragé les élèves à toujours persévérer et ne jamais cesser d’apprendre. Il les a invitées à s’inspirer de France Boyer de la Giroday, qui a œuvré pour l’émancipation des jeunes filles et des femmes, à son époque.
Également présent à la cérémonie, le ministre des Affaires étrangères, Ritesh Ramful, a tenu à rendre hommage à tous ceux qui ont contribué à bâtir la réputation du collège au cours de ces 30 dernières années. « En 1996, je terminais mes études secondaires et partais pour l’université en Angleterre. À cette époque, il n’y avait pas de portable, de tablettes ; et le laptop était un luxe. Nous avons appris à travailler avec des ressources limitées et dans la discipline. »
Ritesh Ramful a ainsi déploré la dégradation des valeurs, notamment parmi les élèves. Il les a invitées à se ressaisir et à privilégier des valeurs comme la persévérance, l’éthique et la discipline.
Par ailleurs, Mahend Gungapersad, ministre de l’Éducation, a mis en avant la culture de l’établissement. « Cela se ressent dès qu’on met les pieds ici. La discipline et l’assiduité sont importantes. Il n’y a pas raccourci au succès », dit-il.
Il a eu une pensée spéciale pour « ceux qui travaillent dur, mais n’y parviennent pas ». Il a fait référence au Foundation Programme, qu’il a qualifié de « réforme la plus rapide » mise en place lorsqu’il est arrivé au ministère. Il a invité les élèves à persévérer et à ne pas baisser les bras.
Dans la foulée, Mahend Gungapersad a indiqué que c’est dans cet esprit que la décision de permettre de faire le HSC avec trois Credits a été prise. « Il y en a qui attendent les résultats l’année prochaine pour nous lapider. Mais grâce à cette décision, nous pourrons sauver 2 500 élèves chaque année. »
Le ministre de l’Éducation a encouragé les élèves à devenir cultivées et à ne pas se limiter à leurs filières d’études. Il les a aussi invitées à privilégier les valeurs humaines et à mettre du cœur dans tout ce qu’on fait.
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Qui était France Boyer de la Giroday ?
« Si je suis ici aujourd’hui, ce n’est pas uniquement pour célébrer l’anniversaire du collège, mais surtout, pour rendre hommage à cette grande dame qu’était France Boyer de la Giroday. » C’est en ces termes que le président de la République, Dharam Gokhool, a interpellé les élèves sur la personnalité qui donne son nom à leur collège.
Dharam Gokhool a insisté pour que les élèves se documentent sur elle et s’inspirent de son œuvre. « Dans le passé, les filles étaient mariées jeunes et elles subissaient souvent des violences familiales, car elles ne savaient pas faire le ménage, cuire à manger, laver le linge… C’est ce qu’on attendait d’elles, à cette époque. France Boyer de la Giroday s’était engagée à les éduquer en ce sens. »
À travers les écoles ménagères, elles apprenaient également à s’affirmer. « France Boyer de la Giroday a œuvré pour l’Empowerment des femmes. C’est grâce à son travail que les femmes ont pu par la suite travailler dans le tourisme, notamment. C’est grâce au travail qu’elle a commencé que nous avons, aujourd’hui, une femme Speaker de l’Assemblée, Première ministre adjointe, lord-maire et dans bien d’autres postes de responsabilité. »
Il a ainsi suggéré au collège de consacrer une journée chaque année à France Boyer de la Giroday, afin que les élèves puissent apprendre à connaître sa contribution et s’en inspirer.

