Budget Aftermath — Réforme de la pension : La plateforme syndicale met le GM en garde contre le NPPF

La syndicaliste Jane Ragoo au PM : « Pa fer ou papa (SSR) vire dan so tom »

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Reeaz Chuttoo : « Nullement une coïncidence que les autorités veuillent amender la PGA car ils savent que le peuple va se révolter »

La plateforme syndicale a organisé sa première manifestation pacifique devant le Parlement, hier. Les différents intervenants ont dénoncé l’absence de consultations au sujet de la réforme de la pension annoncée dans le budget 2026/27. Ils dénoncent que la nouvelle formule constitue une discrimination, étant donné que tout le monde n’aura pas droit au même montant. Les dirigeants syndicaux en appellent au Premier ministre, Navin Ramgoolam, à ne pas se laisser dicter par des experts des assurances privées. La plateforme a émis également une sévère mise en garde contre le National Pensions and Provident Fund (NPPF), qui est au détriment des travailleurs.

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Les dirigeants syndicaux ont invité le peuple à réagir et à descendre dans la rue, face aux changements proposés par le gouvernement sur la pension et le paiement du Lump Sum. Jane Ragoo de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé précise que « toutes les personnes, ayant atteint l’âge de 60 ans avant 2024, ont une pension de Rs 15 555. D’après la réforme proposée, ceux qui auront 60 ans à partir de maintenant auront Rs 11 789 jusqu’à 65 ans ou pour la vie, ce n’est pas encore très clair. »

Jane Ragoo s’interroge sur cette discrimination. « Les Senior Citizens méritent une pension universelle. Nous avons archi dit : allez chercher l’argent là où il y en a. Il faut arrêter avec cette rengaine qu’il n’y a pas d’argent dans les caisses, que le MSM a tout dilapidé. Assez avec ça », dit-elle. Elle a invité à rétablir la pension à l’âge de 60 ans et que tout le monde touche la même somme. Au contraire, il faut aligner la pension sur le salaire minimum national.

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La représentante de la CTSP a également affirmé l’opposition de la plateforme au fait que l’on prenne l’argent de la SICOM pour aller mettre dans un autre fonds.  « Il n’y a pas eu de débats sur la question, mais on veut nous imposer un schéma. Pourquoi le gouvernement refuse-t-il de discuter avec le syndicat ? Les experts ont mis le Premier ministre dans un trou. Il a dit qu’il n’y aura pas de Means Testing, mais le problème reste entier. Il n’est pas question que les retraités touchent moins de Rs 15 555, comme c’est le cas actuellement », prévient-elle.

Jane Ragoo a demandé à Navin Ramgoolam de rétablir la pension universelle en vigueur. « Pa fer ou papa (SSR) vire dan so tom », a-t-elle lancé ajoutant qu’« il ne faut pas écouter que cinq experts ou 25 Advisers, alors que le peuple dans son ensemble est en train de crier. Il est encore temps de rectifier le tir. »

Pour Ashvin Gudday, de la CTSP, le gouvernement s’est basé sur des recommandations d’un comité d’experts, sans consultation avec la population, pour imposer la State Age Pension (SAP). « Nous ne savons pas si SAP signifie Sans Amour Propre. Nous ne sommes pas d’accord que le Premier ministre continue de dire que la pension de vieillesse est non-contributive. Un citoyen contribue dans les caisses de l’État depuis sa naissance jusqu’à sa mort à travers la consommation », fait-il ressortir.

Il estime que « nous ne pouvons revenir en arrière et réduire la pension des gens. Le plus grave, avec cette nouvelle formule, est qu’on demande aux gens de travailler jusqu’à 70 ans. Surtout quand on prend en considération la société mauricienne, les conditions de travail et les salaires. C’est un démantèlement qu’on est en train de faire. Il faut rétablir la pension universelle à 60 ans. »

Pour sa part, Reeaz Chuttoo, de la CTSP, a élaboré longuement sur le National Pensions and Provident Fund (NPPF), qui, selon lui, est au détriment des travailleurs : « Nous sommes sujets à l’arnaque du siècle. Quand le gouvernement a mis sur pied un comité d’experts pour revoir la pension, il n’a jamais parlé du PRGF. Aujourd’hui, on vient proposer le NPPF, qui englobera le PRGF et la NSF, en 2032 », fait-il valoir.

Le syndicaliste a estimé qu’avec ce nouveau plan, un travailleur, partant à la retraite, n’aura pas de Lump Sum. « Sous le NPF, l’employeur contribuait 6% et les employés, 3%. Le Gratuity on Retirement était de 15 jours par année de service, soit équivalent à 7% du salaire de base. Le PRGF était aussi sur 7% du salaire de base », devait-il s’appesantir. Depuis 1975, a-t-il poursuivi, un employeur devait débourser au minimum 13%, soit 6% sur le NPF et 7% pour Gratuity on Retirement. « Aujourd’hui, on veut ramener cela à 7,5%. Comment allez-vous protéger les travailleurs quand vous êtes en train de baisser les contributions patronales ? C’est inacceptable. Quand ils avaient demandé aux travailleurs de voter pour eux, ils n’avaient jamais dit qu’ils allaient abolir le Lump Sum à la retraite. C’est un vol au grand jour », trouve-t-il.

« Le gouvernement est en train de se désengager et de suivre à la lettre la politique du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, qui s’appelle par coïncidence, SAP – Structural Adjustment Programme. Le nouveau NPPF englobera aussi les fonds de pension sous SICOM », s’insurge Reeaz Chuttoo.

Le syndicaliste affirme qu’ « avec cette formule, l’argent, restant dans les caisses de l’État, sera dorénavant ouvert au gros capital. Vous imaginez combien d’argent cela représente ? Rien que dans le NPF, il y a Rs 126 milliards. Le revenu de la CSG est de Rs 15 milliards par an. Avec Rs 15 milliards par an, cela suffit à payer une pension de Rs 5 000, qui s’ajoutait sur la pension de vieillesse. Tout le monde en bénéficiait. »

Reeaz Chuttoo maintient que cette réforme n’est pas isolée. « Cela a commencé depuis un an et demi. Ils ont proposé 100% de travailleurs étrangers dans tous les secteurs. Cela veut dire qu’il n’y aura pas de négociation collective. Il n’y aura que le salaire prescrit. Comment la pension va-t-elle augmenter ? Aujourd’hui, le salaire de base d’un travailleur du textile est de Rs 11 575. Avec une contribution de 7,5% de l’employeur, quelle pension aura-t-il, après 40 ans de carrière ? », devait-il se demander.

Il a ainsi invité les travailleurs à « desann lor sime ». « Quand il y a des négociations civilisées, vous pouvez mettre en avant vos points. Mais ce gouvernement a adopté une tactique depuis son arrivée au pouvoir : il fait des assises, puis met en place des comités interministériels. Il n’y a pas de discussions, où le gouvernement, les travailleurs et le patronat se retrouvent. Ce n’est pas une coïncidence qu’ils soient en train d’amender la PGA, car ils savent que le peuple va se révolter », poursuit le syndicaliste.

Reeaz Chuttoo s’est interrogé sur le positionnement des 15 parlementaires du MMM, d’abord pour voter les restrictions sous la PGA, ensuite, pour « voler les pauvres travailleurs qui ne peuvent faire des économies tout au long de leurs carrières ? »
Atma Shanto, de la FTU, a avancé que le gouvernement a dû reculer sur le Means Testing face à la pression syndicale et de la population. « Le ciblage a toujours été l’affaire du FMI et de la Banque mondiale. Ce gouvernement a eu de grands dialogues avec ces deux entités. Même le ministre Ashok Subron, qui a toujours été contre le FMI et la BM, y a participé », regrette-t-il.

Il prévient que « la plateforme se réunira dans le courant de la semaine pour annoncer d’autres manifestations de masse dans le pays car il y a une très grande colère dans le pays. Non au démantèlement du Welfare State. »

Par ailleurs, Atma Shanto a ajouté que les syndicalistes assument leurs responsabilités et qu’il incombe à Navin Ramgoolam et aux parlementaires, qui ont applaudi après son intervention, d’assumer les leurs.

Haniff Peerun, du MLC, est d’avis qu’avec le NPPF, tout l’argent ira dans le fonds du gouvernement. « On a volé l’argent des travailleurs. Il faut considérer la voix des travailleurs, car ce sont eux qui contribuent au progrès socio-économique du pays », a-t-il conclu.

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