La Government Services Employees Association (GSEA) réclame la création d’un comité tripartite réunissant des représentants du gouvernement, du secteur privé et des syndicats afin de débattre de la réforme de la Basic Retirement Pension (BRP). Le vice-président de la GSEA, Ashraf Buxoo, a annoncé, hier, que son organisation a décidé d’intégrer la plateforme syndicale élargie opposée à la réforme de la BRP. Pour lui, les changements envisagés par le gouvernement constituent un démantèlement de l’État-providence.
Abordant le futur National Pension and Provident Fund (NPPF), le syndicaliste a déclaré que la GSEA demeure dans le flou quant aux modalités de mise en œuvre de cette réforme. Il a réitéré qu’à compter du 1er janvier 2027, la Contribution Sociale Généralisée (CSG) et le Portable Retirement Gratuity Fund seront remplacés par le NPPF. Chaque salarié disposera alors d’un compte individuel de retraite. À compter de 2032, le National Savings Fund (NSF) sera réintroduit. Les salariés percevant un salaire mensuel supérieur à Rs 50 000 devront contribuer à hauteur de 1,5% de leur rémunération, tandis que les employeurs verseront une contribution de 7,5%. « Pour nous, cette réforme remet en question les acquis sociaux des travailleurs », soutient Ashraf Buxoo, tout en réitérant la demande de la GSEA pour une « vaste consultation nationale » impliquant l’ensemble des partenaires sociaux.
La GSEA réclame également l’abrogation immédiate de la Public Gatherings Act (PGA). Ashraf Buxoo a vivement critiqué le relèvement des sanctions prévues par cette législation. « Je me souviens qu’après la victoire électorale de 60-0 de l’actuel gouvernement, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avait déclaré que les Mauriciens pouvaient être soulagés, car un vent de liberté soufflait sur le pays. Aujourd’hui, le durcissement des sanctions prévues par la PGA est extrêmement grave. Il s’agit d’une mesure répressive contre toute forme de manifestation et d’une menace à la liberté d’expression des syndicats », a-t-il affirmé.
Ashraf Buxoo a fait comprendre que son organisation avait participé à la récente manifestation pacifique organisée devant le Parlement. Il a ajouté que la tenue de cette conférence de presse a été motivée par la colère grandissante des membres du syndicat face à la réforme du système de pension. Il estime également que le renforcement des sanctions liées à la PGA constitue une tentative de museler les syndicats, et il a lancé un appel à la population afin qu’elle soutienne cette mobilisation.
S’agissant des mesures budgétaires, le secrétaire général de l’association, Gheerishsing Gopaul, a indiqué avoir appris que 2 200 recrutements seraient effectués au ministère de la Santé. Une mesure qu’il juge positive, tout en estimant qu’elle demeure insuffisante. « Pour assurer le bon fonctionnement de la fonction publique, il est impératif de pourvoir tous les postes vacants. Cela permettra notamment de réduire le recours excessif aux heures supplémentaires et d’améliorer les services essentiels », déclare-t-il.
Le secrétaire général a également dénoncé les retards dans le paiement des heures supplémentaires. Selon lui, des fonctionnaires attendent toujours le règlement d’heures effectuées depuis deux à trois ans. « Des paiements ont certes commencé, mais ils ne couvrent que deux à six mois dans certains cas. Ce n’est pas suffisant », déplore-t-il.
La GSEA attire enfin l’attention sur le manque criant de travailleurs manuels dans plusieurs ministères, notamment ceux de l’Éducation, des Arts et de la Culture, ainsi que du Logement et des Terres. Le syndicat conclut que ces pénuries de personnel compromettent le bon fonctionnement des services publics et nécessitent une intervention urgente des autorités.

