L’ancien ministre des Technologies de l’information et de la Communication, Deepak Balgobin, a été entendu hier par les enquêteurs du Central CID dans le cadre d’une enquête liée aux écoutes téléphoniques, en marge de la Misie Moustass Saga. Et ce, en lien avec la Cybersecurity and Cybercrime Act. D’après les informations recueillies, cette audition s’inscrit dans la diffusion des conversations lié aux Misie Moustas Leaks pendant la campagne électorale de novembre 2024.
Il a surtout été question de son rôle comme ministre du TIC et du Cybersecurity Committee durant cette période. Les enquêteurs ont voulu savoir s’il y a eu une tentative de son ancien ministère d’identifier la fuite de ces conversations.
Cependant, dans le domaine public, le gouvernement d’alors avait interdit l’accès à des réseaux sociaux pour censer contenir la diffusion de Misie Moustas Leaks. Didier Sam Fat, ex-président de Cybersecurity Committee avait démissionné de son poste avant les élections générales.
À sa sortie des Casernes centrales, l’ancien ministre a indiqué que son audition s’était déroulée à titre informatif et non Under Warning. « Je ne peux pas en dire plus sur le sujet », s’est-il contenté de déclarer.
Peu d’informations ont filtré sur cette enquête, qui selon nos renseignements, se portent sur plusieurs volets. Les autorités observent un strict devoir de confidentialité en raison des implications liées à la sécurité nationale. Il ressort également que lors de l’élaboration de la Cybersecurity and Cybercrime Act en 2021, un National Cybercrime Committee avait été constitué, réunissant notamment des représentants du Prime Minister’s Office, de la Counter-Terrorism Unit (CTU) ainsi que du ministère des TIC de l’époque.
Accompagné de ses avocats, Ravi Yerrigadoo et Soodesh Callichurn, Deepak Balgobin est resté environ une heure et demie avec les enquêteurs. Son interrogatoire s’est tenu non pas dans les locaux du CCID, mais dans un bureau situé aux Police Headquarters, juste en dessous de celui du commissaire de police. Le dossier relatif au présumé système d’écoute téléphonique est traité sous haute confidentialité, avec un accès limité à une équipe restreinte d’enquêteurs.
Depuis le début de cette affaire, plusieurs protagonistes ont déjà été entendus, soit en qualité de témoins, soit comme suspects. Même l’ancien responsable de la CTU, Lilram Deal, avait lui aussi été interrogé l’an dernier au sujet d’un appareil d’écoute téléphonique. Il avait alors refusé de communiquer les codes d’accès.
À ce stade, aucune confirmation officielle n’a été obtenue quant à la capacité des enquêteurs à décrypter l’appareil saisi afin d’accéder à son contenu. Les investigations se poursuivent pour faire toute la lumière sur ce présumé scandale d’écoute téléphonique.
Deepak Balgobin : « Drôle de coïncidence »
Deepak Balgobin estime que sa convocation constitue « une drôle de coïncidence », celle-ci intervenant à quelques jours du meeting du Mouvement Socialiste Militant (MSM) à Flacq. Il affirme qu’il était chargé de l’organisation de ce rassemblement dans son ancienne circonscription lorsqu’il a reçu sa convocation du CCID. « Je laisse à la population le soin d’en tirer ses conclusions », a-t-il déclaré.


