La célébration de la Journée internationale Nelson Mandela, organisée lundi au Centre Nelson-Mandela pour la Culture africaine à La-Tour-Koenig, a été marquée par un appel à faire des valeurs incarnées par l’ancien président sud-africain un guide pour relever les défis contemporains. Invitée d’honneur de la cérémonie, la Deputy Prime Minister, Arianne Navarre-Marie, a placé son intervention sous le signe de la justice, de la dignité humaine et de la réconciliation, estimant que l’héritage de Nelson Mandela demeure d’une actualité incontestable.
Évoquant les vingt-sept années d’emprisonnement de Nelson Mandela, elle a mis en exergue que cette longue détention n’avait jamais altéré sa détermination à défendre la justice, l’égalité et les droits fondamentaux. Bien au contraire, a-t-elle ajouté, l’ancien président sud-africain avait choisi la voie de la réconciliation nationale au moment où son pays aurait pu sombrer dans l’esprit de revanche.
Arianne Navarre-Marie est également revenue sur un souvenir personnel qui, d’après elle, demeure gravé dans sa mémoire. Elle a indiqué avoir assisté, le 12 septembre 1998, au discours prononcé par Nelson Mandela à l’Assemblée nationale alors qu’elle siégeait sur les bancs de l’opposition. « Ce jour-là, les clivages politiques avaient disparu », a-t-elle confié, expliquant qu’elle n’avait pas entendu le discours d’un simple chef d’État étranger, mais celui d’un homme dont les années de prison n’avaient jamais entamé l’idéal de justice ni la foi dans la dignité humaine.
Pour la Deputy Prime Minister, le parcours de Mandela démontre que le véritable courage ne réside pas uniquement dans la lutte contre l’injustice, mais aussi dans la capacité à reconstruire une nation autour du dialogue, de la compréhension mutuelle et du respect de chacun. Elle a ainsi invité les Mauriciens à préserver cet héritage dans une société confrontée à de nouveaux défis sociaux.
Concluant son allocution, elle a repris l’une des citations les plus connues de Nelson Mandela : « Après avoir gravi une grande colline, on découvre qu’il reste encore beaucoup d’autres collines à gravir. » Une réflexion qui, d’après elle, rappelle que la défense des droits humains, de la justice sociale et de la dignité n’est jamais définitivement acquise, mais constitue un engagement permanent.
La cérémonie, organisée conjointement par le Centre Nelson-Mandela pour la Culture africaine et la National Human Rights Commission, s’est inscrite dans une journée de réflexion consacrée aux valeurs universelles défendues par l’ancien président sud-africain.
En ouverture, Me Satyajit Boolell, Senior Counsel, a salué l’introduction du Domestic Abuse Bill, présenté au Parlement par la Deputy Prime Minister, qu’il a qualifié de réforme majeure en matière de protection des droits fondamentaux. Il a annoncé que la Human Rights Commission accompagnera la mise en œuvre de cette nouvelle législation à travers des campagnes de sensibilisation destinées au public et aux forces de l’ordre.
Le ministre des Arts et de la Culture, Mahen Gondeea, a pour sa part évoqué la visite historique de Nelson Mandela à Maurice en 1998, lorsque celui-ci avait posé la première pierre du bâtiment qui abrite aujourd’hui le Centre Nelson Mandela. À l’occasion du quarantième anniversaire de cette institution, le ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement d’accroître les politiques culturelles, annonçant notamment une Convention nationale sur la culture, la création d’une National Arts Commission, la révision du statut des artistes, un guichet unique pour les porteurs de projets culturels, un programme de soutien doté de Rs 30 millions ainsi qu’une Biennale de l’océan Indien prévue en 2027.
La commémoration s’est achevée avec la remise d’une collection de livres aux services pénitentiaires. Ces ouvrages permettront l’aménagement d’un premier espace de lecture destiné aux femmes détenues, une initiative que le commissaire des prisons, Rashid Ali Beekun, a présentée comme une manière de prolonger l’héritage humaniste de Nelson Mandela, convaincu que le respect de la dignité des personnes privées de liberté constitue l’un des fondements d’une société juste.
Une exposition photographique consacrée au cinquantième anniversaire du soulèvement de Soweto, en 1976, est venue compléter cette journée de commémoration, rappelant le combat des jeunes Sud-Africains contre l’apartheid et l’importance de transmettre cette mémoire aux nouvelles générations.


