Face à ce qu’il qualifie de « provocation révoltante », à savoir l’absence d’un vrai dialogue avec les personnes concernées, Paul Bérenger, du Fron Militan Progresis, a demandé que « la pendule soit remise à zéro ». Il a vivement déploré la méthode gouvernementale, jugée « expéditive et marquée par l’absence totale de concertation avec les corps professionnels et un front syndical unanime ».
Circulés en pleine nuit à la fin de la semaine dernière pour être initialement votés dans la précipitation, mardi dernier, les deux projets de loi ne modifient pas moins de 83 textes législatifs. « Il s’agit d’un volume gigantesque aux implications complexes pour des dizaines de professions, traitées sans le moindre délai de réflexion raisonnable », déclare-t-il, en ajoutant que « toute la façon de faire du gouvernement, l’absence totale de dialogue, n’aura été qu’une provocation révoltante. Et ce n’était pas du tout nécessaire ».
Paul Bérenger a soulevé « les failles béantes » de la trajectoire budgétaire 2026-27. Selon lui, l’abandon du Means Testing provoque un trou financier « de plus de Rs 6 milliards, qui vient s’ajouter aux incertitudes pesant sur d’autres rentrées fiscales attendues ».
Pour respecter les engagements fermes (offsetting measures) pris auprès des institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international (FMI) ou l’agence Moody’s, l’exécutif s’exposerait inévitablement « à devoir présenter un deuxième budget correctif et de nouvelles mesures fiscales dans quelques mois », s’est appesanti l’ancien leader du MMM.
Parmi les 58 amendements du Miscellaneous Provisions Bill, deux mesures ont été particulièrement ciblées, notamment la modification de la Banking Act, qui confère à la Financial Crimes Commission le droit d’exiger la communication directe de données bancaires sans passer par un juge en chambre, une obligation pourtant toujours imposée au commissaire de police.
S’agissant du dossier de la réforme des retraites, qui cristallise les plus vives inquiétudes, Paul Bérenger a déclaré que la fixation de l’âge de la pension complète à 65 ans — assortie d’une pénalité de 0,5 % par mois en cas de départ anticipé entre 60 et 65 ans — suscite « une opposition unanime et féroce du monde syndical ».
Paul Bérenger a également pointé du doigt les maladresses de rédaction du projet de loi concernant l’indexation sur l’inflation. Alors que le texte initial multipliait les formules, laissant une marge discrétionnaire à l’État (« may be increased… as may be prescribed »), l’amendement déposé à la dernière minute crée un imbroglio juridique inédit où « shall » côtoie toujours « may ».
S’ajoutent à cela, a relevé l’intervenant, des incohérences institutionnelles, notamment la création annoncée d’un Steering Committee composé de fonctionnaires pour piloter la vision stratégique globale, « occultant de fait le travail du comité d’experts déjà existant ».
Face à cette situation jugée « explosive », Paul Bérenger a martelé la même exigence à deux reprises : « Il faut remettre les pendules à zéro. Pas à l’heure, à zéro ! »


