On aurait bien voulu dire : « Revoilà le temps de l’Aadi », avec cette même ferveur d’antan, alors que les Tamouls de Maurice et de la diaspora célèbrent l’Aadi Padinettaam Perukku Vizhaa en ce 3 août. Mais les temps changent, et avec de nouvelles tendances qui s’installent, de nouveaux maux prennent racine, poussent à la réflexion et interpellent.
L’Aadi, instituée il y a des millénaires par nos lointains ancêtres, n’a rien perdu de sa superbe, de sa valeur intrinsèque et rappelle les liens sacrés et indissolubles de l’engagement matrimonial, aujourd’hui banalisé avec un nombre toujours croissant de divorces ou de séparations, parfois après seulement quelques années de vie commune. Le fameux “generation gap” ne suffit plus à expliquer ce fossé qui s’élargit entre générations. Ce monde dérive, et les aînés ne se retrouvent plus.
Quoi qu’il en soit, malgré un certain éloignement de nos traditions de la part de certains de nos coreligionnaires, ils/elles sont toujours nombreux à porter haut le flambeau de notre héritage culturel, à attacher du prix à ce qui constitue nos valeurs identitaires, comme célébrer dignement l’Aadi, un des moments forts de notre calendrier culturel.
L’Aadi rappelle la beauté du mariage, don du Créateur, une vie partagée dans toute sa portée, pour le meilleur et pour le pire, selon la formule consacrée, la famille demeurant pour toujours le pilier d’une société stable et épanouie qu’aucune invention humaine ne pourrait jamais remplacer. Et on assiste, malheureusement, sans vraiment réagir, à cette constante banalisation de ce sacrement.
Et, comme pour corser le tout, de nouvelles formes de violence domestique se terminent en drame… un mal qui se propage comme une gangrène. De récents drames qui ont défrayé la chronique font craindre le pire.
L’Aadi, sa philosophie, les principes qu’elle renferme, au-delà du simple rituel de changement du “thali”, représentent un trésor que possède la communauté, un outil qui nous permet d’apporter notre contribution pour sauvegarder cette institution majeure qu’est le mariage, alors que de plus en plus le monde, dans son ensemble, se voit confronté à un déferlement d’assauts, au nom d’un soi-disant modernisme, contre ce don divin.
Tous, nous avons un rôle à jouer pour assurer la stabilité et la pérennité d’unions stables et épanouies. Au cours des années précédentes, je me suis efforcé d’apporter mon humble contribution pour raviver l’intérêt concernant l’Aadi, sans prétention de m’élever en tant que conscience de la communauté. La responsabilité de perpétuer nos traditions appartient à tous.
Vive l’Aadi !

GANESSEN ANNAVEE
(ex-président de l’Union tamoule de Maurice)


