En marge de la réforme de la pension : La Platform Komin Sindikal anticipe  un malaise grandissant au sein du GM

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Les syndicalistes saluent le courage de l’ex-Junior Minister, Sydney Pierre, qui a voté contre le démantèlement du système de pensions dans le Finance Bill

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La Platform Komin Sindikal estime que la révocation de Sydney Pierre de son poste de Junior Minister du Tourisme risque de provoquer un malaise grandissant au sein du gouvernement. Elle attend désormais que le leader des Nouveaux Démocrates (ND), Kushal Lobine, prenne également des mesures à l’encontre des parlementaires de son parti qui ont voté en faveur de la réforme du système de pension, alors même qu’il avait publiquement affirmé qu’il aurait voté contre s’il avait siégé à l’Assemblée nationale, vendredi dernier.

Lors d’une conférence de presse tenue, lundi, à Port-Louis, les dirigeants de la plateforme syndicale ont dressé un bilan de leur mobilisation contre la réforme de la Basic Retirement Pension (BRP) et annoncé la poursuite de leur campagne de sensibilisation à travers le pays.

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Le président du Mauritius Labour Congress, Haniff Peerun, a déclaré que la mobilisation se poursuivra afin d’alerter la population sur ce qu’il considère comme « le danger que représente ce gouvernement pour la démocratie ». « Nous invitons les citoyens à interpeller leurs députés sur le terrain au sujet de la réforme du système de pension. Je félicite Sydney Pierre pour son courage politique. Il a eu le courage de s’opposer à la ligne de son parti et a voté en faveur de la population. Qu’en est-il des députés de l’opposition qui se sont abstenus ? Certains prétendaient être aux côtés du peuple. La population les jugera. Maintenant, que fera Kushal Lobine ? Les députés de son parti ont voté pour cette réforme. Agira-t-il comme Navin Ramgoolam l’a fait avec Sydney Pierre ? S’il est réellement sincère, nous nous attendons à ce qu’il prenne les décisions qui s’imposent », fait-il comprendre.

Quant au président de la General Workers Federation, Clency Bibi, il a déclaré : « nous avions insisté pour qu’il y ait une Division of votes. Cela a permis de savoir qui pratique le double langage. À mon avis, le malaise continuera de gagner le gouvernement après le vote de Sydney Pierre. »

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La secrétaire générale de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé, Jane Ragoo, a également salué la position de Sydney Pierre, rappelant que la plateforme avait adressé une lettre à tous les parlementaires proposant des alternatives de financement reposant sur une contribution accrue des grandes entreprises. « Je suis convaincue que Sydney Pierre a trouvé des réponses dans cette lettre. Il est regrettable que des parlementaires qui étaient à nos côtés aient finalement voté pour cette réforme. Quelle est la prochaine étape ? Nous poursuivrons les mobilisations dans plusieurs régions du pays », a déclaré la syndicaliste.

Jane Ragoo a rendu hommage à l’activiste Malina, interpellée dimanche, lors de son sit-in devant le Parlement. « Nous déplorons la manière dont la police est intervenue. Nous la soutiendrons si elle décide de poursuivre son combat. Son objectif est d’encourager les jeunes à sortir de derrière leurs écrans pour défendre l’État-providence. Après son interpellation, elle a dû être admise à l’hôpital Victoria pour recevoir des soins », s’insurge-t-elle.

Le président de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions, Deepak Benydin, se félicite de la mobilisation populaire tout en regrettant qu’un seul député de la majorité gouvernementale ait voté contre la réforme. « Beaucoup n’ont pas voulu aller à l’encontre de la discipline de leur parti afin de préserver leurs privilèges jusqu’à la fin de leur mandat. Nous devons rester mobilisés. La campagne pour le maintien de la BRP se poursuivra et devra s’intensifier avec l’arrivée du National Pension and Provident Fund », a fait ressortir le syndicaliste.

Il a également dénoncé certaines dispositions du Finance Bill, adopté par l’Assemblée nationale, vendredi soir. « Le texte prévoit que les épouses du président et du vice-président de la République bénéficieront désormais de la pension complète pendant 12 mois, alors qu’auparavant elles ne percevaient que la moitié. D’un côté, on retire des acquis aux travailleurs, de l’autre, on accorde davantage de privilèges », a-t-il dit.

Deepak Benydin a également condamné l’interpellation de Malina. « Il est inacceptable que des policiers masculins aient procédé à son arrestation. Cette intervention aurait dû être effectuée par des femmes policières. »

Le syndicaliste Ashvin Gudday a, pour sa part, estimé que la bataille contre la réforme était loin d’être terminée. « Dans une guerre, il y a plusieurs batailles. Nous avons peut-être perdu une bataille vendredi dernier, mais elle a permis de révéler qui défend réellement les travailleurs, comme lors de grandes luttes syndicales de 1936. Malgré ce revers, nous sommes plus déterminés que jamais à poursuivre les mobilisations à travers le pays », a-t-il soutenu.

Ashvin Gudday a fait état de l’engagement des jeunes, notamment celui de l’activiste Malina. « Nous condamnons la manière dont la police l’a traitée dans une démocratie comme la nôtre. En Inde, une mobilisation de la jeunesse a déjà conduit à la démission d’un ministre de l’Éducation », dit-il.

Le président de la Fédération des travailleurs unis, Atma Shanto a, pour sa part, affirmé qu’une nouvelle phase du mouvement social était en train de s’ouvrir. « Une colère généralisée règne aujourd’hui dans le pays. Dans les marchés, les supermarchés et les boutiques, tout le monde nous demande quand une grève générale sera organisée. La mobilisation se poursuit sur les lieux de travail et cette option reste à l’ordre du jour. Nous informerons la presse en temps voulu », a-t-il fait ressortir.

Atma Shanto a reproché au gouvernement de continuer à ignorer les organisations syndicales. « La plateforme représente l’ensemble du mouvement syndical. Pourtant, elle n’a toujours pas été invitée à dialoguer. Le gouvernement a délibérément choisi d’écarter les syndicats », a-t-il dit.

Devanand Ramjuttun a affirmé que la façon de déclencher une grève n’est pas nouvelle. « Nous avons appris avec Paul Bérenger comment déclencher une grève en 1971 et en 1975. Nous avons également appris avec Ashok Subron en 2014. Aujourd’hui, nous sommes prêts à le refaire si les circonstances l’exigent », prévoit-il.

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