Le leader du Fron Militan Progresis (FMP), Paul Bérenger, a apporté son soutien à la création d’un Select Committee, tout en plaidant pour une approche équilibrée qui préserve la diversité linguistique du pays.
Dès le début de son intervention, l’ex-Deputy Prime Minister a salué la décision du Premier ministre de soumettre une motion sur cette question, rappelant qu’une deuxième interpellation parlementaire portant sur le même sujet devait être examinée le même jour. Il a toutefois estimé que la formulation de la motion mériterait d’être précisée. Selon lui, le gouvernement a déjà pris la décision politique d’autoriser l’utilisation du kreol au Parlement. Le rôle du comité devrait donc être de se pencher davantage sur les modalités concrètes de sa mise en œuvre. The introduction and modalities of the introduction of Kreol Morisien in the proceedings of the National Assembly devraient constituer, selon lui, le véritable mandat du Select Committee.
Paul Bérenger a également relevé l’importance du choix des membres de cette instance ainsi que de son futur président, estimant qu’il s’agit d’une question essentielle pour garantir la crédibilité des travaux. Il a insisté sur le fait que le kreol morisien appartient à l’ensemble de la nation. « Le kreol n’est pas la langue d’une communauté. Le kreol morisien est notre langue nationale parce que parlée par tous les Mauriciens et Mauriciennes », maintient-il.
Il a surtout tenu à rassurer ceux qui craignent que cette réforme se fasse au détriment des autres langues utilisées dans le pays. « L’utilisation du kreol morisien ne doit pas se faire au détriment d’une autre langue. Ni de l’anglais ou du français. Ni de l’hindi ou du bhojpuri », prévient-il. Pour illustrer son propos, le leader du FMP a cité des exemples internationaux. Il a ainsi rappelé qu’aux Nations unies, six langues officielles coexistent, tandis qu’en Inde, le Parlement fonctionne principalement en hindi et en anglais, tout en permettant aux élus de s’exprimer dans leur langue maternelle avec l’autorisation du Speaker. « Nous avons beaucoup à apprendre de l’Inde et des Seychelles. Aux Seychelles, le créole seychellois est utilisé au Parlement depuis des années sans aucun problème », fait-il comprendre.
Paul Bérenger a également souhaité que le Select Committee remette ses conclusions dans les meilleurs délais. Rappelant que le Premier ministre avait évoqué, en avril dernier, un délai de trois mois pour la présentation du rapport, il a estimé que cette échéance devrait être respectée « autant que possible ».
Enfin, le leader du FMP appelle à préserver l’unité nationale dans toute réflexion sur les langues parlementaires. « Si, demain, une demande était faite pour que l’hindi, le bhojpuri, l’arabe ou le chinois puisse être utilisé au Parlement, je suis sûr que la chose serait considérée à tête reposée et avec, en tête, le bien et l’unité de notre nation arc-en-ciel », dit-il.


