L’ex-Junior Minister à La-Réunion en compagnie de son époux, le suspect Gulshan Govind, à cinq reprises en 2025 et à deux reprises en 2026, avec accès au salon VIP
Interrogatoire Under Warning de l’ex-présidente des Nouveaux Démocrates aujourd’hui dans les locaux de la Western Division de l’ADSU
Ramgoolam: « In this case, just as in any other case, there will never be any cover-up »
Le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, passe à la contre-offensive contre l’ex-Junior Minister aux Arts et à la Culture, Véronique Leu-Govind. Aussitôt la conclusion des échanges sur la Private Notice Question (PNQ) au sujet de la saisie d’une cargaison de 155,7 kilos de cannabis, d’une valeur marchande de Rs 234,5 millions, destinée à Maurice, le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, est revenu à la charge avec une Motion of Privilege, réclamant la démission de Véronique Leu-Govind en tant que membre de l’Assemblée nationale en vue de préserver la « Sanctity » de cette instance. La motion (voir le libellé plus loin) a été déposée au secrétariat avant même le Lunch Break.
L’arrestation de Gulshan Govind, soupçonné d’être impliqué dans un réseau d’importation de cannabis entre La-Réunion et Maurice, a dominé la tranche du Question Time d’hier. À travers la Private Notice Question (PNQ), Joe Lesjongard, a cherché à obtenir des précisions sur l’évolution de l’enquête policière, les investigations financières ainsi que les démarches entreprises auprès des autorités françaises.
En réponse, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a retracé en détail le déroulement des opérations menées par l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU), la Financial Crimes Commission (FCC) et le bureau de l’Attorney General, tout en lançant un avertissement sans équivoque : « In this case, just as in any other case, there will never be any cover-up. » Il s’est appesanti sur le point que l’enquête se poursuivra « sans considération du statut ou des fonctions des personnes concernées », réaffirmant la volonté de son gouvernement de poursuivre sans relâche sa lutte contre les trafiquants de drogue.
Ainsi, les informations communiquées par le commissaire de police indiquent que tout débute le dimanche 26 juillet lorsque les autorités mauriciennes reçoivent des renseignements faisant état du départ de La-Réunion d’un hors-bord transportant deux hommes soupçonnés d’être impliqués dans une transaction de drogue.
Une vaste opération est alors déclenchée. L’ADSU, appuyée par l’escadron d’hélicoptères de la police, la National Coast Guard et l’avion Dornier, met en place une surveillance aérienne et maritime sur plusieurs points stratégiques du littoral mauricien. Malgré ces moyens importants, l’embarcation demeure introuvable.
Entre-temps, de nouvelles informations en provenance de La-Réunion révèlent que dix grands sacs noirs contenant 155,7 kilos de cannabis ont été récupérés sur les côtes réunionnaises. Deux ressortissants français sont arrêtés dans cette affaire. La valeur marchande de cette cargaison est estimée à Rs 233,5 millions.
Le lendemain, le 27 juillet, le hors-bord est finalement localisé, abandonné à une vingtaine de mètres dans le lagon à Le Morne. L’embarcation est remorquée par la National Coast Guard et placée sous séquestre dans le cadre de l’enquête.
Les analyses scientifiques effectuées le 28 juillet par des officiers du Scene of Crime Office (SOCO) et du Forensic Science Laboratory permettent la saisie de plusieurs objets, notamment un flacon contenant des graines et des feuilles suspectées d’être du cannabis ainsi que quatre fioles renfermant un liquide soupçonné d’être une drogue dangereuse.
Le Premier ministre a expliqué que les premiers éléments recueillis au cours de l’enquête ont conduit les enquêteurs de l’ADSU à obtenir un mandat de perquisition visant le domicile de Gulshan Govind, le 31 juillet.
Les policiers y découvrent un flacon contenant une substance soupçonnée d’être une drogue dangereuse ainsi que quatre plants présumés de cannabis. L’époux de Véronique Leu-Govind est immédiatement informé qu’il fait l’objet d’une enquête pour complot visant à importer du cannabis depuis La-Réunion avant d’être placé en état d’arrestation.
Les enquêteurs procèdent également à la saisie de son téléphone portable ainsi que d’un véhicule immatriculé au nom de son épouse, la Junior Minister Varsha Lallchand Govind.
L’examen scientifique du véhicule, effectué le lendemain en présence du suspect, permettrait de mettre au jour des résidus végétaux présentant des traces suspectées d’être du cannabis ainsi qu’une graine présumée de cannabis, désormais soumis aux analyses du laboratoire scientifique.
Le Premier ministre a indiqué que Gulshan Govind a d’abord comparu devant la Weekend Court avant qu’une plainte provisoire ne soit officiellement déposée le 3 août devant le tribunal de Rivière-Noire.
Trois accusations provisoires ont été retenues contre lui en vertu de la Dangerous Drugs Act : complot en vue d’importer du cannabis à Maurice avec circonstances aggravantes de trafic ; culture de plants de cannabis ; possession de drogue dangereuse.
La police s’est opposée à sa remise en liberté sous caution et il demeure en détention policière.
Le Premier ministre a précisé que Véronique Leu-Govind s’est présentée volontairement aux locaux de l’ADSU le dimanche 2 août, estimant qu’elle pourrait être appelée à fournir une déclaration. Les enquêteurs lui auraient alors demandé de revenir le mercredi 5 août accompagnée de son homme de loi. Aucune accusation provisoire n’a, à ce stade, été retenue contre elle.
Par ailleurs, Navin Ramgoolam a indiqué que la Financial Crimes Commission n’a pas attendu une plainte formelle pour intervenir. À la suite des informations publiées dans la presse concernant les arrestations opérées par l’ADSU, la FCC a ouvert de sa propre initiative une enquête pour blanchiment d’argent visant Gulshan Govind et les membres de sa famille.
En parallèle, l’Asset Recovery and Management Division examine leurs biens afin de déterminer l’existence éventuelle d’un patrimoine inexpliqué, tandis que la Declaration of Assets Unit surveille les avoirs déclarés par Varsha Lallchand Govind et son conjoint.
Le Premier ministre a mis en exergue que « the FCC is looking into all aspects of the matter », précisant que les investigations sont en cours.
Au sujet de la Mutual Legal Assistance, Navin Ramgoolam a confirmé que l’Attorney General a sollicité une demande d’entraide judiciaire auprès des autorités françaises de La-Réunion. Des informations ont été transmises aux autorités mauriciennes le vendredi 31 juillet à 23 h. Toutefois, il a expliqué qu’il lui était impossible d’en révéler la teneur, les dispositions de l’accord d’entraide judiciaire en matière pénale conclu entre Maurice et la France imposant la confidentialité des échanges.
En guise de conclusion, le chef du gouvernement a replacé cette affaire dans le cadre plus large de la politique antidrogue de son gouvernement. Il a affirmé que les nombreuses arrestations et saisies importantes de stupéfiants démontrent que les autorités sont progressivement en cours de « dismantling the citadel of drug barons ».
Navin Ramgoolam a ensuite adressé un message particulièrement ferme à tous ceux qui pourraient croire bénéficier d’une quelconque protection politique ou institutionnelle. « Let me say it again very loudly and clearly. In this case, just as in any other case, there will never be any cover-up. Whoever you may be, whatever high office you may hold, you will have to bear the consequences. »
Lesjongard : Je remercie le Premier ministre pour sa réponse. Il s’agit d’une affaire très grave. Tout en notant que la Junior Minister n’a démissionné qu’hier, le Premier ministre convient-il que cette démission aurait dû être immédiate dès la perquisition de son domicile, plutôt que retardée jusqu’à ce que la pression du public et des médias ne devienne insupportable dans le pays ?
Ramgoolam : Je ne suis pas d’accord avec le leader de l’opposition. Il faut des preuves pour lui demander de démissionner. Il n’y avait pas encore de preuves, mais il y avait une perception. C’est donc pour cela qu’elle a pris la décision de soumettre sa démission.
JL : Alors, le chef du gouvernement convient-il également que, depuis l’arrestation de Gulshan Govind, l’époux de l’ancienne Junior Minister, celle-ci aurait pu altérer les preuves dans cette affaire ?
NR : Il n’y a aucune preuve de cela, qu’elle ait interféré dans quoi que ce soit.
JL : Le Premier ministre peut-il informer la Chambre à qui appartenait le véhicule saisi par la police ?
NR : L’ex-Junior Minister.
JL : Le Premier ministre a-t-il été informé des mouvements suspects du véhicule saisi appartenant à l’ex-Junior Minister, qui aurait été capté par les caméras de surveillance vidéo (CCTV) avant l’arrestation ? Et quelles explications, le cas échéant, l’accusé a-t-il fournies concernant son utilisation ?
NR : La question lui sera posée, j’en suis sûr, lorsqu’elle sera interrogée.
Speaker : Je ne suis pas sûre que le Premier ministre puisse révéler ce que l’accusé a dit et tout le reste. Soyez prudent !
JL : La procédure établie dans le cadre de la Dangerous Drugs Act prévoit qu’une personne, dont le domicile a été perquisitionné et dont le véhicule est lié à un réseau de trafic doit être formellement interrogée. Pourquoi cette procédure fondamentale a-t-elle été suspendue ?
NR : Elle s’est rendue volontairement au poste de police. Et ils ont décidé qu’ils lui demanderaient de venir avec un représentant légal pour l’interroger, parce qu’ils n’ont même pas terminé l’enquête, l’enquête préliminaire qu’ils menaient à ce moment-là.
JL : Le Premier ministre peut-il confirmer si l’ancienne Junior Minister ou son époux, ou les deux ensemble, se sont rendus à l’île de La-Réunion récemment ; combien de fois, et s’ils ont eu accès au salon VIP ?
NR : En fait, lorsqu’elle voyageait, en tant que Junior Minister, elle avait accès au salon VIP. Elle s’est rendue trois fois à l’île de La-Réunion. Deux fois, je crois, son mari l’a accompagnée.
JL : Le Premier ministre peut-il confirmer qu’ils ont voyagé ensemble à l’île de La-Réunion à cinq reprises en 2025 et à deux reprises en 2026, et qu’ils ont tous les deux eu accès au salon VIP ?
NR : Il est absolument normal qu’elle ait eu accès au salon VIP, même à l’île de La-Réunion, parce qu’elle est Junior Minister. Oui, on m’a dit trois fois, mais le leader de l’opposition donne un chiffre différent. Je vais vérifier cela.
JL : Maintenant, au vu de graves accusations portées contre M. G, le Premier ministre va-t-il ordonner à la Financial Crimes Commission (FCC) d’enquêter sur les déclarations des avoirs déposées par l’ex-JM après les élections générales ?
NR : Le point est que je ne peux pas donner de directives à la FCC. Je crois avoir dit dans ma réponse que la FCC enquête de sa propre initiative parce qu’il y avait des articles de presse, et l’investigation porte sur l’ensemble des avoirs et sur tout le reste.
Speaker : C’est important parce que cela concerne tout le monde. Êtes-vous personnellement informé de cela… ?
NR : Non.
JL : Au vu des vastes implications de cette affaire, la FCC envisagera-t-elle d’enquêter également sur les sources des dépenses électorales concernant l’ancienne Junior Minister, et la FCC initiera-t-elle une enquête pour blanchiment d’argent, y compris pour les dépenses électorales ?
NR : C’est une question différente, mais c’est à la FCC de mener ses enquêtes. Je ne peux pas ordonner à cette instance d’enquêter sur tel ou tel aspect.
JL : Le Premier ministre peut-il confirmer à la Chambre si ce même Gulshan Govind a été secouru en mer en 2012 alors qu’il tentait de rejoindre Maurice de l’île de La-Réunion ?
NR : Il me serait impossible de le savoir en 2012.
JL : Dès lors, le Premier ministre, qui l’était également à l’époque, peut-il expliquer à la Chambre pourquoi il n’y a pas eu d’enquête policière alors que l’actuel commissaire de police était à la tête de l’ADSU ?
NR : Je ne saurais le dire. Il fait des allégations selon lesquelles il se noyait ou quoi que ce soit d’autre, capturé en mer. Je n’en suis pas au courant.
JL : Oui. Le Premier ministre sait-il qu’un autre proche de l’ancienne Junior Minister, M. BL, a également été arrêté en 2023 à l’île de La-Réunion pour trafic de drogue ?
NR : Tout ce que je sais, c’est que la personne à laquelle il fait référence a également été arrêtée.
Adrien Duval : Le Premier ministre a-t-il connaissance que l’ex-Junior Minister est fichée par la police pour recel et que son époux est également fiché, ayant tous deux été condamnés ? En êtes-vous informé ?
NR : Je ne suis pas au courant de cela. C’est une nouvelle…Junior Minister ? Je ne suis pas au courant.
AD : Oui. Eh bien, j’informe le Premier ministre que l’affaire de recel a donné lieu à une condamnation et à une amende de Rs 5 000. En est-il informé ?
NR : Non, je ne suis pas au courant, mais vous étiez le président du PMSD à l’époque.
AD : Le PMSD a refusé de lui donner une investiture, et elle est venue dans votre parti, où vous lui avez donné une investiture. La question est de savoir s’il ne reconnaît pas que c’est parce que le PMSD a refusé de lui donner une investiture qu’elle est venue dans cette alliance et a obtenu son investiture ?
NR : Vous étiez le président, l’honorable membre était le président du PMSD. Qu’avez-vous fait alors ?
JL : Je reviens au proche de l’ancienne Junior Minister. Le très honorable Premier ministre peut-il confirmer si M. BL a fait ou fait actuellement l’objet d’une enquête à Maurice pour une infraction présumée à l’article 36A de l’Immigration Act ?
NR : Tout ce que je sais, c’est que l’enquête est en cours. Je ne peux donc pas m’immiscer dans celle-ci.
JL : Le Premier ministre a déclaré qu’un mandat de perquisition a été exécuté au domicile de M. YG. Peut-il confirmer si le commissaire de police l’a informé avant et après cette perquisition ?
NR : En fait, oui.
JL : Il est également indiqué que cette personne, M. YG, n’était pas présente à son domicile lorsque les officiers de l’ADSU sont arrivés. Pouvez-vous expliquer pourquoi les officiers de police l’ont contacté sur son téléphone portable pour l’informer qu’un mandat de perquisition était en cours d’exécution, et qu’il est arrivé deux heures plus tard ?
NR : Comment puis-je répondre à cette question ? Ce que le leader de l’opposition doit garder à l’esprit, c’est que c’est la preuve que ce gouvernement agit contrairement au régime au sein duquel vous étiez, contrairement à ce que vous faisiez. Il n’y a eu aucun Cover-Up de l’affaire ici. Je peux vous donner une liste d’affaires étouffées, à commencer par les Amsterdam Boys arrêtés dans un pays étranger mais accueillis sur tapis rouge ici. Je peux continuer la liste. Je ne veux pas entrer dans toute la liste.
JL : La Chambre a été informée de cette affaire qui implique une ancienne Junior Minister de votre gouvernement. Et donnerez-vous l’assurance à la Chambre qu’il n’y aura aucun Cover-Up dans cette affaire ?
NR : Encore une fois, je l’ai dit. Je répète que « the proof of the pudding is in the eating ». Elle est Junior Minister au sein de mon gouvernement, mais je n’ai pas hésité. Je n’ai pas dit à la police : « Ne faites pas ceci, ne faites pas cela ». Ils ont fait leur travail et, comme je l’ai dit dans ma réponse, personne ne sera épargné.
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Motion of Privilege
This Assembly is of the opinion that, in view of,
the raid effected and search carried out by officers of the ADSU at the residence of the third member of constituency number 14 Savanne Black River and in a motor vehicle registered under her own name, and the subsequent discovery of illegal drugs therein, and
the implication of the lawful spouse of the member, Mr Gulshan Govind, in a drug trafficking network with international ramifications, and who has been provisionally charged with conspiracy for the importation of drugs valued at Rs 234,000,000 and drug dealing for the purpose of cultivation and
to uphold and maintain the dignity and reputation of the House, the member should forthwith vacate her seat to restore the sanctity of the House.
Hon George Pierre Lesjongard


