La possible introduction du kreol morisien à l’Assemblée nationale constituerait « une avancée démocratique majeure ». Tel est le message qu’a tenu à faire passer le ministre de l’Énergie, Patrick Assirvaden, lors des débats sur la création d’un Select Committee chargé d’étudier cette réforme.
Pour le ministre, la mise en place de ce comité marque « une étape historique » qui pourrait transformer durablement le fonctionnement du Parlement. Cette initiative permettrait ainsi aux citoyens, estime-t-il, de « mieux comprendre » les débats parlementaires. « Le kreol démocratisera l’accès au Parlement », dira encore Patrick Assirvaden. Avant d’estimer que le Parlement, en tant « qu’institution suprême de la démocratie mauricienne », doit être accessible à tous les citoyens, « quelle que soit leur maîtrise de l’anglais ou du français ».
Le ministre reconnaît que le kreol est la langue parlée quotidiennement par la plus grande majorité des Mauriciens. « C’est la langue de nos familles, de nos quartiers, de nos lieux de travail, de nos échanges de tous les jours », a-t-il lancé, soulignant qu’elle fait partie intégrante de l’identité nationale et du patrimoine culturel du pays. Il a toutefois tenu à rassurer ceux qui craignent que l’introduction du kreol se fasse au détriment des autres langues utilisées au Parlement : « L’introduction du kreol morisien ne signifie en aucun cas l’abandon de l’anglais ou du français », confie-t-il, rappelant que l’anglais demeure la langue officielle des travaux parlementaires, conformément à la Constitution, tandis que le français, lui, peut déjà être utilisé dans l’hémicycle.
Ce faisant, il explique que le Select Committee aura notamment pour mission de développer progressivement un vocabulaire parlementaire en kreol morisien permettant de traduire avec précision les notions juridiques, législatives et procédurales. Le ministre estime également que cette réforme pourrait favoriser une représentation politique plus inclusive. « L’utilisation du kreol au Parlement permettra aux élus futurs de s’exprimer avec davantage de naturel, de précision et d’authenticité. C’est faire en sorte que les idées, les compétences et l’engagement priment sur les barrières linguistiques », a-t-il déclaré.
Patrick Assirvaden a enfin fait état de ce qu’il considère comme « une nouvelle page de l’histoire du Parlement mauricien », affirmant que cette réforme permettra de rapprocher davantage les institutions de la population. Il a même exprimé le souhait qu’un futur budget puisse être présenté en kreol morisien afin que « les Mauriciennes et les Mauriciens puissent comprendre en détail » les mesures annoncées.


