Le manque de liquidité en question
Le retrait prochain de PSG Financial Services de la Bourse de Maurice constitue un signal qui ne devrait pas passer inaperçu. À compter de la clôture du marché le 31 août, le groupe sud-africain de services financiers ne sera plus coté sur le marché officiel de la Stock Exchange of Mauritius, mettant fin à une présence entamée en novembre 2018.
Ce départ s’explique sans ambiguïté par l’absence d’activité sur le titre. PSG estime que le maintien d’une cotation à Maurice – « with no trading activity », procure des avantages limités à la compagnie et à ses actionnaires, tout en générant des exigences et des coûts réglementaires, administratifs et de conformité. Le groupe restera toutefois activement coté sur ses principaux marchés, à Johannesburg et en Namibie.
Interrogé, un spécialiste de l’investissement qualifie ce départ de « negative publicity » pour la plateforme boursière locale, précisant qu’ « une compagnie internationale et régionale qui se retire, cela montre peut-être qu’il y a des problèmes au niveau de la Bourse : trop peu de trading, un manque de liquidité… Donc ils ne trouvent pas de grands bénéfices à rester à Maurice. »
Le cas de PSG traduit malheureusement un déficit d’attractivité et de liquidité à la bourse, susceptible de freiner ses ambitions d’internationalisation. Toutefois, ce spécialiste ne fait pas porter la responsabilité uniquement sur la SEM. « La SEM n’est pas directement responsable de ces problèmes », nuance-t-il. Mais, selon lui, les différentes autorités concernées, incluant la Bourse, la Financial Services Commission et le ministère des Services financiers, ont un rôle à jouer, notamment dans l’éducation financière de la population.
« Il faudrait faire des campagnes de Financial Education pour éduquer la population sur les bénéfices d’investir dans différents types d’actions. Ainsi, lorsque la population sera au courant, il y aura davantage d’intérêt et de transactions sur le marché », estime-t-il.
Au-delà de la faible activité, la question du coût des transactions mérite également d’être posée. Pour les investisseurs individuels, les frais de courtage à Maurice peuvent atteindre 1,25 % au maximum, selon le spécialiste. « Vous pouvez renégocier pour descendre à 0,9 % ou 0,8 %, mais cela reste toujours élevé par rapport aux autres pays », souligne-t-il, alors que le développement du online trading a considérablement réduit les coûts sur plusieurs plateformes boursières étrangères.
La performance du marché local ne plaide pas non plus nécessairement en faveur d’un regain d’intérêt… À fin juillet, le SEMDEX affichait une baisse d’environ 4 % depuis le début de l’année, selon notre interlocuteur. À titre de comparaison, le MSCI All Country World Index affichait une progression de plus de 11,3 % en dollars sur la même période.
Pour PSG, s’ajoutent les coûts liés au maintien d’une cotation : « Il faut publier ses comptes, effectuer le KYC et lorsqu’une compagnie est cotée à Maurice, elle doit avoir un Company Secretary, effectuer régulièrement les démarches de KYC, s’assurer de se conformer aux différentes Listing Rules… C’est là que les coûts deviennent un peu plus élevés, surtout si l’entité ne dégage pas de bénéfices en retour.»

