Blanchiment et Assets Recovery : Le DG de la FCC: « Enn lalians invisib pe fer ditor komision »

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Les dossiers d’enquête Live au Réduit Triangle recèlent un préjudice de l’ordre de Rs 55 milliards

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Devant une cascade de contrecoups, la direction générale de la Financial Crimes Commission a pris l’initiative de passer à la contre-offensive. D’abord, en paradant les Rs 55 milliards de biens actuellement sur le Probe Radar de la Financial Crimes Commission (FCC), impliquant entre autres les opérations au niveau de la Mauritius Investment Corporation (MIC), de l’opération DeepCode avec le Reward Money à l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU), de la Silver Bank, de la State Capture avec Mamy Ravatomanga ainsi que sur des dossiers de blanchiment d’argent. Sur l’ensemble des affaires traitées, 1 345 dossiers ont déjà été référés à différentes instances, tandis que 1 694 autres demeurent toujours Under Investigation.

Ces chiffres ont été révélés, hier, par le directeur général de la FCC, Sanjay Dawoodarry, lors d’une rencontre avec la presse. Pour Sanjay Dawoodarry, la multiplication des attaques contre la FCC ces dernières semaines n’est pas anodine. Il estime que certains intérêts cherchent à fragiliser la commission alors que plusieurs dossiers sensibles approchent de nouvelles étapes. Il annonce que plusieurs enquêtes devraient être complétées prochainement et que des procès liés à d’autres dossiers doivent également débuter devant la Financial Crimes Division de la Cour suprême.

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« Enn lalians invisib pe fer ditor FCC », a-t-il lancé, laissant entendre qu’une offensive coordonnée pourrait être menée contre la commission.
D’autre part, il a défendu le travail de la FCC face aux critiques dont elle fait l’objet. Revenant sur la Declaration of Assets, il a indiqué que l’Asset Recovery Management Unit dispose de six serveurs renfermant les informations relatives aux avoirs de 5 720 déclarants. Parmi eux figurent 1 467 parlementaires, élus des collectivités locales et membres de la Rodrigues Regional Assembly. « Légalement, il n’est pas nécessaire de publier les détails sur notre site web, mais nous le faisons au nom de la transparence », affirme-t-il.

Le directeur général de la FCC s’est également expliqué sur l’absence du nom du ministre du Logement et des Terres, Shakeel Mohamed, sur le site de la FCC. Selon lui, le ministre a bien soumis tous les documents requis dans les délais impartis. Ces documents, affirme-t-il, sont présents sur les serveurs de la commission. Il attribue cette anomalie à un problème technique et précise que Shakeel Mohamed n’est pas le seul dans cette situation. « Les noms d’autres personnes ne figurent pas sur le site, mais sont dans nos serveurs », dit-il. Parallèlement, un audit interne a été lancé afin d’identifier les failles du système et d’y apporter des mesures correctives.

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Mystérieux Diary Book

Autre sujet sensible abordé : le Diary Book interne de la FCC dont des extraits ont récemment circulé sur les réseaux sociaux. Sanjay Dawoodarry confirme qu’un document a bel et bien été égaré. Il explique qu’une équipe de la FCC s’était rendue à Goodlands dans le cadre d’une enquête sur un cas de blanchiment d’argent. La situation aurait dégénéré sur place et, à la suite d’un appel à la police, les enquêteurs de la FCC avaient dû quitter les lieux précipitamment. « Un interne avait égaré un Diary Book et une déclaration avait été consignée à la police le 6 avril, puis une deuxième le 3 septembre au Central CID pour Breach of Cybersecurity », rassure-t-il.

Le téléphone
de Moothoocurpen
Toutefois, les secrets du téléphone de Steven Moothoocurpen semblent particulièrement retenir l’attention. Après l’exercice de décryptage, les enquêteurs ont découvert une série d’informations allant bien au-delà de simples transactions de véhicules. Le téléphone contiendrait notamment des éléments sur des importations présumées de drogue ainsi que sur l’implication alléguée de certains policiers.

« En se basant seulement sur des documents sur un portable, la FCC a pu établir un racket parmi certaines unités antidrogue pour récupérer les stupéfiants », affirme Sanjay Dawoodarry. Et à celui-ci de lâcher une phrase lourde de sens : « ena 30 kilo inn vinn 5 kilo. » Il n’a pas souhaité élaborer davantage sur cette révélation, laissant toutefois comprendre que les enquêteurs cherchent désormais à remonter la filière et à déterminer jusqu’où s’étendent ces ramifications.

Les investigations autour du téléphone ont également permis de découvrir des informations relatives aux entraînements de type commando suivis par Steven Moothoocurpen, ainsi que l’utilisation d’armes sophistiquées. Des photographies du suspect en compagnie d’autres personnes présentées comme des trafiquants de drogue figureraient également dans l’appareil.

Plus inquiétant encore est le fait les enquêteurs ont retrouvé la photographie d’un document contenant des informations extrêmement sensibles sur des officiers de la FCC : leurs noms, leurs adresses, les numéros de leurs véhicules et des photographies de leurs résidences. Une photographie du mariage d’une enquêtrice a également été retrouvée dans la mémoire du téléphone.

Sanjay Dawoodarry a indiqué avoir lui-même été la cible d’intimidations. Une lettre anonyme, deux balles ainsi qu’une photographie de sa résidence auraient été utilisées dans cette démarche. « Cet individu (Steven Moothoocurpen) est dangereux. À trois reprises, il se trouvait près de ma demeure. J’ai remis les images des caméras de surveillance à la police », indique-t-il.

Une « taupe »
La question des fuites de documents constitue également un autre dossier sensible pour la FCC. Sanjay Dawoodarry explique qu’un dossier passe par plusieurs niveaux de traitement au sein de la FCC et que l’accès aux informations est donc limité.
Une enquête interne aurait permis de soupçonner un officier d’avoir servi de « taupe » au profit de Steven Moothoocurpen. « Nous avons pris des sanctions disciplinaires sévères contre cette personne », confirme-t-il, sans révéler la nature exacte de la sanction.
Le dossier a parallèlement été référé à la police afin qu’une enquête soit menée. « L’avenir nous dira s’il y a d’autres personnes impliquées », a-t-il ajouté. Son message se veut sans ambiguïté : « Nou pa pou toler bann tret ek bann vander dan FCC. »

Rodrigues : nouvelle mise au point
Sanjay Dawoodarry a également tenu à démentir des informations au regard d’un officier de la FCC à Rodrigues. Il était notamment allégué que ce dernier avait refusé d’enregistrer la plainte d’un commissaire de la Rodrigues Regional Assembly en 2024. « Cet officier n’avait même pas intégré la commission à l’époque », a répliqué Sanjay Dawoodarry dans ce contexte.

Il précise que le dossier concerné avait déjà été référé au bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) l’année dernière.

« Enn lalians invisib »

Traitement médical d’Anil Bachoo

Répondant aux questions des journalistes, Sanjay Dawoodarry a également confirmé l’ouverture d’une enquête sur le traitement médical du ministre Anil Bachoo à l’hôpital Jeetoo. « Toutes les personnes concernées seront entendues dans cette affaire », a-t-il assuré.

Quant à l’affaire Mamy Ravatomanga, le directeur général n’a pas souhaité s’inscrire dans les détails, évoquant une Bail Motion en cours.

Le directeur de la FCC a néanmoins confirmé l’ampleur du dossier, indiquant que celui-ci comporte des ramifications internationales et porte sur des biens représentant plusieurs milliards de roupies.

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