Échiquier politique | En l’absence de Pravind Jugnauth — Lesjongard : « Rien à l’horizon pour ratifier l’accord sur les Chagos »

Ajouter en tant que source préférée sur Google

Le président du Mouvement Socialiste Militant (MSM), Joe Lesjongard, estime qu’il est temps pour le Premier ministre, Navin Ramgoolam, de « dire toute la vérité » à la population sur le dossier Chagos. Intervenant hier lors d’une conférence de presse au Sun Trust Building, à Port-Louis, il a déclaré qu’« il n’y a rien à l’horizon » concernant la ratification de l’accord sur la souveraineté des Chagos.

- Publicité -

« Lorsque nous prenons connaissance du contenu du communiqué émis par le gouvernement britannique et de celui émis par le bureau du Premier ministre à Maurice, il est clair qu’il n’y a rien à l’horizon pour ratifier cet accord sur la souveraineté des Chagos », a-t-il affirmé. Pour lui, lors de la rencontre entre le Premier ministre britannique et le président américain Donald Trump, ce dernier aurait réaffirmé qu’il n’apporterait pas son soutien à cet accord. « Trump a dit que ce deal est terrible et il n’y a même pas un mot sur la ratification », maintient-il.

Dans ce contexte, Joe Lesjongard s’est également interrogé sur la décision de Navin Ramgoolam de ne pas se rendre au sommet des Nations unies, où il aurait pu rencontrer le Premier ministre britannique, Andy Burnham.

- Publicité -

« Il a choisi d’avancer des raisons bancales, c’est-à-dire les dépenses, pour ne pas aller à New York. Mais nous savons pourquoi il a choisi de ne pas s’y rendre. Il est un peu tracassé à l’idée de fouler le sol américain », déclare-t-il.

« Notre Premier ministre ne peut rencontrer ni le Premier ministre anglais ni le président américain, alors que Maurice est supposée accueillir, en décembre, le US-Africa Summit », relève-t-il.
Abordant ensuite le National Crime Agency Bill, Joe Lesjongard a déclaré que le MSM avait baptisé ce projet de loi Navin Chandra Agency, en référence au Premier ministre Navin Chandra Ramgoolam.

- Advertisement -

« La NCA est un monstre qui emprisonne la population avec l’écoute téléphonique et accorde des pouvoirs au Premier ministre pour attaquer n’importe qui. Ce projet de loi vient tout simplement officialiser la dictature dans la République. C’est pourquoi ce projet de loi ne doit pas être voté », trouve-t-il.
Il a lancé un appel aux élus de la majorité : « Ils doivent assumer leurs responsabilités. Ceux qui vont voter ce projet de loi vont se rendre complices du plus grand crime contre la liberté dans le pays. »

Joe Lesjongard a notamment critiqué les dispositions relatives à la nomination du directeur général de la future National Crime Agency. « Ce projet de loi prévoit que son directeur général sera choisi par le Premier ministre. Il va donc choisir un de ses amis », a-t-il affirmé.

L’ex-leader de l’opposition a également exprimé des inquiétudes concernant les pouvoirs d’enquête qui seraient accordés à cette nouvelle agence, notamment en matière d’interception des communications. « Ce directeur aura le pouvoir d’écouter les conversations téléphoniques de n’importe qui sans avoir besoin de rechercher une autorisation en Cour. Il pourra aussi procéder à des écoutes dans des lieux publics », dénonce-t-il.

D’après lui, les garanties relatives à la confidentialité seraient également menacées. « Que ce soit les données bancaires ou médicales, toutes les garanties de confidentialité sont attaquées. Le directeur peut aussi demander aux journalistes de dévoiler leurs sources d’information », a-t-il soutenu. Il a accusé le gouvernement de vouloir utiliser la NCA pour « persécuter la population ».

« C’est inacceptable d’officialiser des méthodes de la Gestapo. Nous ne resterons pas les bras croisés. Nous alerterons l’opinion publique et l’opinion internationale. S’il faut avoir recours à la justice, nous le ferons, car notre Constitution définit l’identité de notre pays », prévient-il.

De son côté, le secrétaire général du MSM, Maneesh Gobin, s’est également attardé sur le National Crime Agency Bill. Il a déclaré que la NCA pourrait « pou devir lapolis anbalao, comme à l’époque de Shattock », faisant ainsi référence à d’anciens responsables de la police.

Maneesh Gobin a par ailleurs attiré l’attention sur le projet de loi Asset Recovery and Unexplained Wealth Bill, qui permettrait à la NCA de faire des demandes en vue d’obtenir des Unexplained Wealth Orders. Il s’est notamment interrogé sur la limitation dans le temps prévue pour l’application de ces dispositions. « Son application est limitée à sept ans, soit more than seven years before the date on which a request is made. Pourquoi cette limite de sept ans ? Est-ce parce qu’on a saisi l’argent du coffre-fort en février 2015 ? Est-ce qu’on veut protéger certains biens saisis avant cette date ? There is something fishy », estime-t-il.

 

EN CONTINU ↻