ÉDUCATION — Collaboration Maurice-France — Parkour + : projet pilote pour apprendre les sciences en français

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Le projet Parkour+, collaboration entre Maurice et la France, a été officiellement lancé, hier. Il s’agit d’un projet visant à créer des filières bilingues dans le programme national. Le projet pilote qui sera lancé dans 24 écoles – 12 primaires et 12 secondaires, consistera à l’apprentissage des sciences en français, avec des supports pédagogiques divers, allant du numérique au jeu, entre autres.

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« Le monde est plus grand quand on le comprend. » Telle est la devise de Parkour+, programme élaboré avec la contribution de Canopé, réseau d’accompagnement pédagogique de La-Réunion. Un protocole d’accord a été signé en ce sens, l’année dernière, lors de la visite du président français, Emmanuel Macron, à Maurice. Parkour+ se décline toutefois comme un programme mauricien, étant donné qu’il s’intègre dans le programme national et que l’anglais demeure le socle de l’enseignement. Il s’inscrit également dans le contexte du multilinguisme vécu à Maurice.

Dès l’année prochaine, Parkour+ sera proposé dans 24 établissements – 12 primaires et 12 secondaires – à Maurice et Rodrigues. Les élèves de Grades 4 et 5, ainsi que ceux de Grades 7 et 8, auront ainsi l’opportunité d’apprendre les sciences en français. L’objectif affiché est la création de filières bilingues d’excellence en français à Maurice.

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Pour Christophe Clanché, attaché de coopération éducative et universitaire, à l’ambassade de France, à Maurice, il s’agira aussi d’une nouvelle approche de l’apprentissage du français, dans un contexte créolophone, avec le kreol morisien comme levier pour réussir le français. « Cela passe par une transformation de la pédagogie. L’approche sera ludique, avec l’apport du numérique, de l’IA, la lecture, les podcasts, la création et le jeu, entre autres », dit-il. Des projets interdisciplinaires en vue de décloisonner les enseignements sont aussi prévus.

Il reconnaît que le français à Maurice n’est plus ce qu’il était il y a 20 ans et la nécessité de redonner la motivation. Les statistiques démontrent ainsi que 42% des candidats au School Certificate seulement, obtiennent un Credit en la matière, tandis que moins de 35% des élèves de Grade 5 atteignent les compétences attendues en lecture.

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Preetam Mohitram chapeautera ce projet au niveau du ministère de l’Éducation. Il précise que des évaluations seront aussi faites en français, dans le cadre de Parkour+. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il y aura l’option d’un questionnaire en français ou en anglais, au PSAC et au NCE, par exemple. Il précise que Parkour+ s’appuie sur la réalité du système mauricien, où plusieurs langues coexistent. « Notre ambition est de mieux nous appuyer sur cette richesse pour faciliter les apprentissages, renforcer les compétences des élèves et leur donner davantage de confiance dans leur capacité à comprendre, à s’exprimer et à apprendre en français », fait-il ressortir.

Procédant au lancement de ce projet, l’ambassadeur de France à Maurice, Alexis Loyer, a fait ressortir que Maurice a une place singulière au sein de la francophonie. « La proximité entre le français, le kreol morisien et le kreol réunionnais permet de les rapprocher pas les opposer », estime-t-il. Il a également élaboré sur la richesse du plurilinguisme, qui est aussi une ressource. Il s’est attardé sur la nécessité d’innover, à partir des réalités de Maurice et de Rodrigues.

Le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, a parlé du français comme une passerelle et un outil d’apprentissage. « Je suis convaincu que Parkour+ permettra aux chercheurs d’avoir beaucoup de données, pour orienter l’apprentissage de demain », indique-t-il. Il a salué l’initiative de la France d’offrir 10 000 bouquins aux écoles, insistant sur l’importance de la lecture.

Pendant deux jours, éducateurs, étudiants et parents, ont participé à un hackathon éducatif, sur le thème Enn lekol plizir langaz. Le MIE élaborera un guide pédagogique pour accompagner les enseignants de sciences en français. Pour la directrice de l’institution, Mila Devi Sewruttun-Dosieah, Parkour+ permettra de développer le vocabulaire scientifique en français. Une plateforme numérique sera aussi mise en place, pour le partage d’expérience et le suivi du projet.


Rufaydah Bussaruth-Utim, Camélia de St Philippe Desplace, Armelle Vigoureux et Annick Belle


Rufaydah Bussaruth-Utim (parent et enseignante) :

« Une bonne idée »

« En tant que parent et enseignante de français, je pense que c’est une bonne idée. Car le niveau de français à Maurice baisse drastiquement. Les sciences en français, c’est nouveau, essayons pour voir ce que cela va donner. Au cours des deux jours de formation nous avons eu l’occasion de partager sur la question. Il y a eu beaucoup d’idées. »

Camélia de St Philippe Desplace (étudiante, Sewa Bappoo SSS) :

« Ne pas attendre le secondaire »

« Le Parkour+ est super intéressant. C’est vrai que l’anglais n’est pas toujours facile. Beaucoup d’entre nous comprennent le français plus facilement. C’est une nouveauté dans notre système. Je suis toutefois d’avis qu’il faut débuter l’enseignement en français dès le primaire car cela risque d’être un peu perturbant si l’on a déjà appris tous les concepts en anglais. Ainsi, les enfants seront plus habitués à parler et écrire les concepts scientifiques en français. »

Armelle Vigoureux (administratrice p.i et facilitatrice) :

« Faire éclater les cases »

« Le projet est ancré sur le plurilinguisme. C’est un outil innovateur car on ne met pas en compétition les langues parlées ou apprises à Maurice. On les valorise. En même temps, ce parcours viendra consolider la base pour ceux qui iront faire les études dans des universités francophones. Souvent, ils perdent une année pour se mettre à niveau. Ce qui fait prendre du retard ou démotiver. Le français ne sera donc plus une langue apprise, mais une langue qui permet d’apprendre et d’enseigner. C’est longtemps attendu. Cela devrait faire partie de notre culture éducative. Aujourd’hui, il y a cette complexité de langue maternelle, langue étrangère, langue parlée… Avec ce projet, on fait éclater les cases et on utilise le français à bon escient. »

Annick Belle (enseignante du secondaire) :

« Développer le vocabulaire approprié »

« Avec Parkour+, les élèves ne vont pas apprendre une matière en français uniquement. Ils apprendront les valeurs du français en même temps. Cela va aussi lui permettre d’écrire une rédaction avec les mots nécessaires et le vocabulaire approprié. Pendant ce parcours, nous avons eu des enseignants, des responsables d’établissements, élèves et parents. Tout le monde est d’accord que si l’on enseigne uniquement en anglais, beaucoup d’élèves n’arrivent pas à capter. À Maurice, le français est plus rapproché du kreol, c’est pour cela que les enfants comprennent plus facilement. »

 

 

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