Le ministre Bhagwan : « Les décisions concernant le littoral ne peuvent être prises de manière isolée »
La Commission de l’océan Indien a lancé, hier, le premier Massive Open Online Course (MOOC), dédié à la Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC) à Maurice. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet RECOS. L’objectif étant de renforcer les compétences techniques des décideurs face au changement climatique, à l’érosion côtière et à la pollution.
Intervenant à cette occasion, le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, a salué l’initiative de la Commission de l’océan Indien (COI) et de ses partenaires, dont l’Agence Française de Développement, le Fonds français pour l’Environnement mondial et le Mauritius Institute of Education, entre autres. Il a fait ressortir que pour un État insulaire comme Maurice, les zones côtières constituent le socle de l’économie.
En même temps, a-t-il souligné, les côtes subissent des pressions croissantes : le changement climatique, l’érosion côtière et les activités humaines. « Ces défis, complexes et interdépendants, nous imposent de dépasser les approches sectorielles et de doper la coordination entre les différents acteurs », dit-il.
Dans ce contexte, la Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC) revêt une importance capitale. « Les décisions concernant le littoral ne peuvent être prises de manière isolée. Les décisions doivent s’appuyer sur des données fiables, intégrer les perspectives des différentes autorités et parties prenantes, et tenir compte des interactions entre les dimensions environnementale, économique et sociale », poursuit-il.
Le ministre a fait ressortir que la Gestion Intégrée des Zones Côtières invite ainsi à adopter une vision plus intégrée, plus cohérente et plus durable de la gestion de l’espace côtier. « Elle repose non seulement sur des politiques, des stratégies et des institutions, mais aussi sur les personnes qui les mettent en œuvre au quotidien », estime-t-il.
Ainsi, le MOOC demeure un outil important de renforcement des connaissances et des capacités. Destinée aux décideurs des secteurs public et privé, cette formation en ligne vise à leur fournir une meilleure compréhension des enjeux sociaux et économiques de la gestion intégrée des zones côtières.
À travers cinq modules, cette formation accompagne les participants depuis la compréhension du littoral mauricien jusqu’à la formulation de propositions solidement étayées à l’intention des décideurs. « Maurice est déjà engagée dans plusieurs initiatives visant à accroître la protection et la gestion durable de son littoral. Le programme d’adaptation à l’érosion côtière prévoit la réhabilitation de plus de 11,5 kilomètres de littoral dégradé sur 17 sites prioritaires, en combinant des solutions d’ingénierie et des approches fondées sur la nature », confirme Rajesh Bhagwan.
Il a précisé que la stratégie nationale de gestion du littoral est en cours d’élaboration. Elle vise à harmoniser les interventions. « La relance du programme Maurice Ile Durable, dont la responsabilité a été confiée à mon ministère, a pour objectif de soutenir la transition verte et booster l’attractivité économique de notre île », indique-t-il.
Il ajoute que l’extension du projet RECOS jusqu’en juin 2027 permettra de poursuivre ces actions, d’assurer leur pérennisation et d’accroître leurs impacts durables. « Le succès de cette formation résidera toutefois dans la mise en pratique des connaissances acquises. Dans notre capacité collective, gouvernement, collectivités locales, secteur privé, communautés, monde universitaire, société civile et médias, sont appelés à travailler ensemble de manière décloisonnée », fait-il valoir.
Le ministre Bhagwan a également invité à dépasser les limites des projets individuels, à rester à l’écoute des communautés, à construire des solutions qui tiennent compte des réalités locales tout en s’inscrivant dans une vision nationale et régionale, et à reconnaître que toute décision prise sur une partie du littoral peut avoir des répercussions sur d’autres zones. « Ce que je souhaite, aussi, c’est un comité GIZC, consolidé, techniquement solide, qui ne soit plus à la solde des consultants. Un département capable d’élaborer ses plans, d’analyser les propositions et de mener ses propres évaluations techniques. Cela passe par la formation. L’État dépense des centaines de millions de roupies chaque année pour la réhabilitation côtière et le dernier budget évoque Rs 5,5 milliards au cours des cinq prochaines années », laisse-t-il entendre.
Or, a-t-il relevé, certaines propositions ne font pas l’unanimité. « Les uns rejettent ce qu’on appelle les Grey Structures. Personnellement, je suis en faveur des solutions fondées sur la nature, mais que l’on privilégie les solutions fondées sur la nature ou les ouvrages d’ingénierie, une seule exigence doit nous guider : la science. Elle est notre boussole », est-il d’avis.
Rajesh Bhagwan a également insisté pour des solutions rapides, face aux urgences. « Quand les lianes de batatran ne peuvent arrêter des vagues qui détruisent sur leur passage des infrastructures publiques, comme on l’a vu récemment dans l’Ouest, il faut des décisions rapides et éclairées aux communautés côtières, aux hommes et femmes de la mer », indique-t-il.
Faisant état de l’importance de l’éducation et de l’éducation dès le plus jeune âge, il a réaffirmé son engagement à soutenir les efforts nationaux et régionaux en faveur d’une gouvernance intégrée des zones côtières.

