Deux photographes, l’un mauricien, l’autre français, et une chercheuse en géographie croisent leurs regards sur les territoires façonnés par la culture de la canne à sucre, leur patrimoine industriel et les transformations contemporaines de l’île. Leur projet documentaire sera présenté à l’Institut français de Maurice à partir du 29 octobre.
La canne à sucre comme fil rouge pour regarder autrement les territoires mauriciens. C’est le propos de Dilo Dibout ? Île Maurice. Mauritius, projet documentaire qui réunit les photographes Frédérick Bréville et Antonin Lainé, ainsi que la géographe Elsa-Xuân Lainé. À travers leurs regards croisés, ils explorent les transformations contemporaines des territoires de l’île.
Des territoires en pleine transformation
À Maurice, la culture de la canne à sucre n’a pas seulement façonné l’économie. Elle a aussi profondément marqué les paysages, l’organisation sociale, les rythmes de vie et les imaginaires. C’est à partir de cette réalité que le projet entend mettre en lumière, documenter et transmettre un patrimoine industriel et une mémoire vivante encore méconnus.
Les photographies réalisées en 2025 et 2026 proposent un état des lieux des territoires de l’île. Elles donnent à voir des régions façonnées par la culture de la canne et dont les paysages se transforment, des sites industriels délaissés ou requalifiés, ainsi que les trois dernières usines encore actives : Omnicane, Alteo et Terra. Le projet s’intéresse également aux nouvelles filières issues de leur production.
À ces paysages et sites industriels s’ajoutent des portraits accompagnés d’entretiens avec des femmes et des hommes dont les parcours de vie sont intimement liés à l’histoire de la canne à sucre. Des demeures historiques situées au cœur d’anciennes propriétés sucrières complètent cet ensemble, comme autant de témoins de l’architecture des plantations.
La démarche se veut ni nostalgique ni promotionnelle, mais attentive, rigoureuse et ancrée dans le réel. Elle s’inscrit dans la lignée des grandes missions photographiques publiques : regarder autrement, révéler l’invisible et produire une mémoire visuelle pour demain. Le projet intervient à un moment charnière pour l’industrie sucrière mauricienne, confrontée à de nouveaux défis économiques, technologiques et environnementaux.
Elsa-Xuân Lainé, docteure en géographie et enseignante-chercheuse à l’ensa Nantes [Mauritius], vit à Maurice. Frédérick Bréville, photographe, co-directeur du Musée de la Photographie de l’île Maurice et intervenant en photographie à l’ensa Nantes [Mauritius], vit également à Maurice. Antonin Lainé, photographe indépendant et journaliste, éditeur photo pour la presse, notamment pour Le Monde, vit à Paris et travaille aussi hors de France.
Le projet a été présenté à Arles, du 1er au 14 juillet, pendant la semaine d’ouverture des Rencontres de la photographie 2026. Il avait alors réuni un contenu inédit de 48 photographies et constitué la première exposition consacrée à l’île Maurice présentée à Arles.
À Maurice, l’exposition sera présentée à partir du jeudi 29 octobre 2026 à 19h, en présence d’Elsa-Xuân Lainé, Frédérick Bréville, Antonin Lainé et de la cheffe de projet, Marie Lelièvre, à l’Institut français de Maurice, 30, avenue Julius Nyerere, Rose Hill. Elle se poursuivra jusqu’au 30 novembre.
Le projet se décline également en un ouvrage de photographie documentaire de 160 pages, bilingue français-anglais, réunissant photographies en couleur et en noir et blanc et textes inédits. Les photographies et les textes ont été réalisés en 2025/2026. Imprimé à Maurice par Précigraph, l’ouvrage est édité par « De loin et/ou de près ».

