- « La répression n’a fait qu’empirer la situation »
- Unanimité : « Le rapport de la NADC sur le cannabis remis au PM doit être rendu public au plus vite dans l’intérêt public »
- Danny Philippe (DRIP) : « De janvier à juin, 47 femmes arrêtées, liées au trafic, et une vingtaine de jeunes de 16 et 17 ans »
« Les récents tristes événements qui ont secoué le pays, provoquant un couvre-feu et entraînant d’autres répercussions sociales et économiques; les ravages causés par les drogues synthétiques; cette montée exponentielle de toutes ces problématiques liées aux drogues et aux autres trafics … Tout cela nous a convaincu qu’il était temps pour nous, membres de la société civile, de prendre les devants », explique d’emblée Nicolas Ritter, activiste et représentant de Passage Projects (MRU). « Pour reprendre le Premier ministre, qui a lié ces secousses sociales au trafic de drogues, nous réclamons des réformes profondes et élaborées s’agissant de toutes les substances psychoactives. Mais aussi que le rapport soumis par la NADC sur le cannabis soit rendu public au plus vite. »
« Ces réformes pour lesquelles nous faisons campagne, si elles sont concrétisées, ramèneront l’ordre. Maintenant plus que jamais, le moment est venu pour notre pays de reprendre le contrôle ! » C’est ainsi que Nicolas Ritter a résumé le souhait de ce collectif d’ONG, réunies pour réclamer réformes et mesures, mais aussi la publication du rapport de la NADC sur le cannabis. Les membres de cette plateforme commune sont PILS, AILES, CUT, Cure (Mauritius), DRIP, CLAIM, Rwana bizin lega et le Centre de solidarité (CDS).
« Réformer en décriminalisant, dépénalisant et légalisant, selon des structures et des cadres bien élaborés et définis, la vente de substances psychoactives, dont le cannabis; repenser en amont nos politiques de drogues, nous inspirer de ce qui fait ses preuves et donne des résultats… Tout cela fait partie de nouvelles politiques élaborées et adoptées par des pays comme les États-Unis pour contrer le danger grandissant des cartels de drogue, diminuer l’impact humain et ressenti sur la santé publique, et les dangers grandissants », estime encore Nicolas Ritter.
« Des instances aussi conservatrices comme la United Nations Office on Drugs & Crime (UNODC) et d’autres, plus ouvertes vers le futur, comme la Global Commission, se sont déjà prononcées en faveur de telles politiques pour contrer la mafia grandissante des cartels de drogues ! C’est pour cette raison que ce collectif a pris l’initiative de porter ce plaidoyer au niveau national », dit-il.
L’activiste relève d’ailleurs que « les États-Unis ont eux-mêmes fait les frais d’années et d’années de politique favorisant la répression, et au final, le monde entier en souffre. » Et pour cause : « Le taux de criminalité, la stigmatisation, la violence, l’émergence de nouveaux fléaux sociaux… Tout cela prend racine dans ces politiques de répression, qui ont causé davantage de tort que de bien. »
Nicolas Ritter était entouré de plusieurs représentants de la société civile, dont Danny Philippe de l’ONG Développement-Rassemblement-Information et Prevention (DRIP), qui concentre ses campagnes de prévention auprès de la petite enfance. « Parce que nous avons compris que si l’information et la préparation ne se font pas dès la petite enfance, ces jeunes grandissent dans un vacuum et finissent par faire les mauvais choix », fait-il ressortir.
Danny Philippe révèle que de janvier à juin, 47 femmes ont été sujettes à des arrestations liées au trafic de drogues ainsi qu’une vingtaine de jeunes de 16-17 ans. Les membres de ce collectif réclament d’une même voix également la publication du rapport réalisé par la NADC sur le cannabis. « Ce rapport a été remis au Premier ministre. Et nous avons entendu que la Commission l’examine. À notre sens, et parce que ce sujet concerne tous les Mauriciens, ce rapport doit être publié au plus vite. Nos dirigeants devraient lui accorder une priorité absolue. »
Jamie Cartick, de CUT (Collectif Urgence Toxida), conclut : « les drogues sont des substances dangereuses. Raison pour laquelle nous réclamons des structures de régulation et de contrôle autour de leur utilisation. »
Un débat sur les nouvelles politiques de drogues sera organisé le 13 novembre à l’IFM, à Rose-Hill, pour le grand public.

