Le grandissime favori Alyaasaat, sous la cravache de Nooresh Juglall(à l'extérieur), vient coiffer au poteau The Dazzler(Manuel Martinez), qui pensait avoir fait le plus difficile

Ce week-end de courses, le cinquième du genre cette saison et qui intervenait après une trêve d’une semaine, a été équilibré dans l’ensemble avec pas moins de six établissements se signalant par un doublé : Preetam Daby, Patrick Merven, Praveen Nagadoo, Amardeep Sewdyal, Gilbert Rousset et Rameshwar Gujadhur. Ce dernier a réalisé la meilleure moisson du week-end avec Rs 494 000 de stakes money, contre Rs 400 000 à Rousset pour déloger le leader de son fauteuil.

La légère différence dans les stakes money récoltés par les deux établissements se situe au niveau des deux épreuves les plus importantes qui ont meublé ce week-end de courses et qu’elles se sont adjugées. En les juxtaposant, on trouve qu’en remportant The Cyclone Lightning Cup, un course de 60+ portant un label de G2, Barrack Street a ramené des stakes money de l’ordre de Rs 298 0000 à son établissement, alors qu’en mettant tout le monde d’accord dans The Goldfinger MTC 175th Anniversary Cup, toujours une épreuve de 60+ mais estampillé G3, Alyaasaat n’a ramené « que » Rs 221 000 à ses propriétaires (différence de Rs 77 000).

Hormis ces deux courses de Groupe, on note que les deux grosses cylindrées qui ont ramené Rs 196 000 (R. Gujadhur) et Rs 179 000 (G. Rousset) respectivement, chacun remportant une victoire au plus bas de l’échelle (Desert Thief et Ron’s Joy) et glanant le même nombre d’accessits, soit trois. Rien que Rs 481 000 séparent ces deux formations. À huit journées de la fin, Rousset a deux cartes en main, Patrol Officer (Coupe de Présidents) et Alyaasaat (Coupe d’Or), alors que Rameshwar Gujadhur ne dispose que d’une carte en White River, dont la participation dans la Coupe d’Or est incertaine à ce stade.

Ce week-end de course a débuté par la chute de The Forerunner, grandissime favori de l’épreuve d’ouverture de samedi. La monte de son jockey Bernard Fayd’herbe a suscité pas mal de commentaires et le Sud-Africain a même été interrogé par les commissaires de courses à l’issue de la journée. Les égarements de Fayd’herbe — qui nous a gratifiés d’une prestation diamétralement différente sur Double Games dans la 7e course — a servi les desseins de Ron’s Joy, qui en profitait pour débuter victorieusement sous les couleurs de Gilbert Rousset. Cette journée de samedi a aussi été marquée par le retour victorieux de Manuel Martinez au Champ de Mars. Le Chilien, recruté par Amardeep Sewdyal en cette fin de saison, a fait mouche dès sa deuxième monte sur Shadowing, qui n’a donné aucune chance à Emerald Band, son principal challenger, dans le premier sprint court de ce week-end. Martinez a remis ça le lendemain en début de journée avec Apollo Star qui a (enfin) goûté à sa première victoire au Champ de Mars.

Depuis que son beau-frère Samraj Mahadia a posé ses valises chez lui, les choses vont nettement mieux pour Praveen Nagadoo. Samedi, il s’est offert un doublé, son deuxième de la saison, avec Uncle Frank et Majestic Moon pour porter son total de victoires à sept, soit le même nombre avec lequel il avait bouclé la saison 2019. Avec huit journées à disputer, la barre de dix victoires est largement dans les cordes de cet établissement.

Alyaasaat, la graine d’un champion

L’entraînement Preetam Daby, qui avait fait de ce week-end de courses un des points forts de cette fin de saison, avec des représentants dans 12 des 16 courses au programme, s’est aussi offert un doublé portant les griffes de Stream Ahead, dont c’était la première au Champ de Mars, et Seattle Kid, délaissé au niveau des paris alors qu’il restait sur une victoire. La récolte aurait pu être meilleure pour cette formation si Straight, Misty Roller et à un degré moindre Sand Path et Subtropical n’avaient pas joué de malchance dans leur épreuve respective. Patrick Merven avait aussi mis le paquet lors de cette journée avec des engagements dans pas moins de dix épreuves. Au final, il s’en est sorti avec un doublé (Tyrian et Sea Air) qui aurait pu se transformer en quadruplé si le but n’était pas arrivé trop tôt pour les outsiders Bollinger et Tiger’s Bond.

Pour en revenir aux deux courses principales, sans diminuer les mérites de Barrack Street, c’est incontestablement Alyaasaat qui a marqué les esprits sur l’ensemble de ces deux journées. Le crack de Gilbert Rousset a demontré qu’il a la graine d’un champion, car peu de chevaux l’auraient emporté avec des conditions de courses aussi défavorables. Même son entourage pensait que les carottes étaient cuites à 200m du but. Sur cette forme, il se présente comme le favori de la Coupe d’Or qui reste son dernier objectif de la saison. Quant à Barrack Street, en remportant la Lightning Cup, il a permis à Baritone de s’adjuger le titre chez les sprinters, prouvant par là même qu’il reste un spécialiste du 990m, distance sur laquelle il a aligné sa cinquième victoire samedi.

Chez les jockeys, ce sont les étrangers, bien qu’en infériorité numérique (six contre une quinzaine de local boys rien que pour ce week-end) qui ont dominé les débats, enlevant neuf des 16 courses au programme. Les locaux n’ont toutefois pas à rougir de leur prestation, les Nooresh Juglall, Rye Joorawon (100% de réussite) et Jameer Allyhosain démontrant qu’ils n’ont rien à envier à leurs pairs étrangers. À ce stade, c’est Derreck David, Nooresh Juglall et Rye Joorawon qui sont à la lutte pour le titre. Les deux premiers, forts de leurs doublés, portent leur total à 28 et 25 victoires respectivement. En menant Tyrian à la victoire, sa seule monte lors de ce week-end, Rye Joorawon reste en embuscade avec 21 réussites. Le recordman de victoires au Champ de Mars est toutefois en ballottage défavorable dans cette course à la cravache d’or, lui qui évolue désormais en freelance, contrairement à ses deux collègues, qui sont des titulaires au sein de leur établissement respectif.