Alors que pas plus tard que la semaine dernière, les autorités avec les acteurs du Tourisme mettaient la main à la pâte pour le ramassage des déchets sur les plages, dont celles du Nord également – non seulement en marge de la réouverture des frontières, mais surtout pour une sensibilisation de la population pour une île Maurice plus propre et plus saine –, force est de constater que les mauvaises habitudes sont loin d’être abandonnées. La pollution continue. Et pas des moindres.
Week-End a été témoin d’une scène horrible à la plage de Bain Bœuf qui a été souillée par des déchets pour le moins étonnants : des têtes de cerfs, encore ensanglantées, jetées sur les rochers au-devant des propriétés privées, situées entre deux baies éloignées du regard du public.

C’est un passant qui nous a alertés. C’était jeudi dernier. Aux alentours de 17h30. Alors en promenade pour admirer le coucher du soleil, notre témoin premier a été alerté par la nervosité de son chien sur les rochers. En s’approchant, outre l’odeur nauséabonde qui s’y dégageait, c’est principalement l’image sanglante et choquante qui lui fit détourner le regard. Sur les rochers et dans l’eau, quatre à cinq têtes de cerfs, fraîchement abattus – au vu du sang encore frais – gisaient.

« C’était absolument choquant et dégoûtant, et surtout horrifiant ! », témoigne notre interlocuteur qui, ne sachant que faire, a quitté les lieux sur le champ. Alertés, nous nous sommes rendus sur place pour un constat de visu : effectivement, dans l’eau, des têtes de cerfs encore jeunes qui, visiblement, venaient d’être abattus, avaient été déposées ou plutôt jetées aux abords du lagon. Comme une scène de crime!

Une odeur nauséabonde et des mouches pour les riverains

Lorsque nous nous sommes, à nouveau, rendus sur place hier, il restait encore des traces de cet horrible acte. Si ces déchets ont été déversés au-devant de propriétés privées, jusqu’ici, aucune autorité n’a été prévenue. Ni les gardes-côtes, ni les différentes stations de police, que nous avons sollicitées, ne semblent être au courant de cette pollution malveillante, alors qu’il existe des protocoles établis pour ce type de déchets organiques et êtres vivants.

Si la saison de la chasse bat son plein, on ne peut imaginer une seule seconde que ce soit des chasseurs qui soient mêlés à ce geste qui ne correspond pas à leur éthique: un chasseur n’abandonne jamais un animal. Il est difficile aussi d’imaginer que ce soit les professionnels de la viande qui connaissent les processus pour éliminer les déchets d’animaux de cette sorte, qui en soient les auteurs. S’agirait-il de braconniers qui, leur forfait commis, se sont aussi mis à polluer le lagon en se débarrassant des éléments non commerciaux dans la mer dont ils ne seraient pas des riverains?

Les autorités devraient prendre cette affaire et s’assurer, à l’heure que nous ouvrons nos frontières, que les touristes ne tombent pas sur des scènes aussi désolantes et dégoûtantes, contraires au concept d’une île propre et respectueuse des animaux que le pays prône.