Rama Valayden, accompagné d’une équipe d’avocats autoproclamés « Avengers », a rassemblé une foule de personnes venues écouter des « révélations » et « allégations » hier, dimanche, 31 janvier, à la place taxi, à La Louise, Quatre-Bornes.

Pour Rama Valayden, qui a été le dernier à prendre la parole lors de l’évènement, le panel d’avocats se considère désormais comme « un rempart contre les cover-ups ».

Dans l’affaire Kistnen, il a présenté, lors de son allocution, des documents qui, dit-il, seraient des e-mails envoyés par “yogida@intnet.mu”.

Il a également diffusé une bande sonore où l’on peut entendre un individu faire des allégations à l’encontre du ministre du Commerce, d’un garde du corps et d’un officier de la Criminal Investigation Division (CID). Rama Valayden a demandé que ledit officier soit “arrêté”, ajoutant que le ministre du Commerce doit “répondre à ses accusations”.

« Je préfère avoir affaire à des prisonniers qu’aux ministres », a déclaré l’homme de loi.

Un des faits marquant de ce rassemblement a été la diffusion des photos des pièces à conviction retenues dans l’enquête sur le meurtre de Soopramanien Kistnen. Notamment des clichés de gants carbonisés, d’un briquet, de cordes, de plastique ou encore de bouts de bois utilisés pour brûler le corps de la victime. Il a relevé que ces objects divers n’ont pas été retrouvés par les enquêteurs.

Par ailleurs, l’homme de loi a affirmé avoir réussi à sauvegarder des copies des courriels de Soopramanien Kistnen, pris de l’ordinateur de ce dernier, dans le but de “faire avancer l’enquête”. Une sauvegarde faite bien avant, dit-il, que l’ordinateur de la victime ne se retrouve entre les mains de la Major Crime Investigation Team (MCIT).

Dans l’enquête sur l’assassinat de Manan Fakoo, Rama Valayden est convaincu que les deux suspects arrêtés à ce stade “sont innocents”. Les vrais coupables courent toujours, a-t-il ajouté.

En ce qu’il s’agit de la mort suspecte de Pravin Kanakiah, l’avocat estime que ce dernier a été tué « parce qu’il était au courant” des transactions douteuses autour de l’achat de respirateurs artificiels.

L’avocat a affirmé être en possession de documents qui démontreraient que « ce ne sont pas des respirateurs artificiels qui ont été livrés pour Rs 400 millions mais des « Bi-pad » qui coûtent 50 fois moins cher que des respirateurs ».

Plusieurs autres documents ont également été présentés à la foule lors de son passage.

Par ailleurs, Rama Valayden a souhaité que le ministre des Affaires étrangères, Nando Bodha, les rejoigne. « Nou dir li vini. Nou kone ki to finn dir. Mo dir twa vini », a-t-il ajouté.

D’autre part, le député du PTr Shakeel Mohamed, qui a également pris la parole lors du rassemblement, a observé que dans les autres pays, “il faut souffrir pour avoir la paix”, et “descendre dans la rue si besoin”

« Nous avons tous reçu des menaces. Pour enlever ce gouvernement au pouvoir, la révolution ne se fait pas dans un salon. Le printemps mauricien est devant nous », a soutenu Shakeel Mohamed.

Le député travailliste demande au patron du Central Criminal Investigation Department, Heman Jangi, de “déclarer ses intérêts” et “dévoiler sa connexion avec Pravind Jugnauth”.

Le leader du Reform Party, Roshi Bhadain, a, quant à lui, confié qu’il ne fait “aucunement confiance à la police”. Il a souligné ainsi que les originaux des Kistnen Papers sont en possession du DPP.

« Aves ces originaux, nous pouvons entrer des Private Prosecutions contre les personnes impliquées. Nous allons demander le consentement du DPP pour entrer une Private Prosecution dans cette affaire avec les originaux déjà entre ses mains. Les jours de Yogida sont comptés. Il doit assumer ce qu’il a fait », a-t-il déclaré.

D’autre part, Roshi Bhadain a allégué être en possession d’une déposition enregistrée à la police, avançant que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, serait “impliqué dans un accident de la route”, ayant coûté la vie à une personne.

Il a également annoncé que l’équipe d’avocats travaillera sur l’affaire Angus Road, qui concerne une enquête de la commission anticorruption sur l’achat d’un terrain effectué par le Premier ministre.

« Il est temps de descendre dans la rue », a lancé de son côté l’activiste social, Bruneau Laurette, lors de sa prise de parole.

Il est ainsi revenu sur le naufrage du MV Wakashio, où il a avancé que ce serait en raison de la tenue d’une fête à Flic-en-Flac que l’hélicoptère de la police n’aurait pas décollé pour quadriller la zone de l’échouement du vraquier.

Pour ce dernier, l’affaire Wakashio a été gérée avec « incompétence parce qu’il y a un dysfonctionnement institutionnel ».

Pour ce qui est de l’affaire Kistnen, Bruneau Laurette estime que le Deputy Commissioner of Police (DCP) Heman Jangi serait “un danger pour le pays”, le qualifiant « d’agent du MSM ».

Avec le soutien de la foule, Simla Kistnen, veuve de Soopramanien Kistnen, a aussi pris la parole. « Pa per madam! Pran kouraz madam! Lazistis pou fer! Nou ar ou madam! », ont été lancés dans sa direction.

D’une voix tremblante, cette dernière, debout devant Bruneau Laurette, Sanjeev Teeluckdharry et Rama Valayden, a lancé à la foule : « Mo trouv tou sa dimounn-la, mo kone zot pou avek mwa. Mo remersie zot tou pou zot prezans. »

Et de poursuivre : « Mo misie inn asasine, zot inn bril li, zot inn zet li dan karo kann. Biento nou pou konn la verite et la zistis”.

Elle a soutenu que “lapolis inn dir mwa ki sa case-la enn swisid, pena okenn blesit, pena okenn tras. CID inn dir mwa nou panse linn al dan karo kann, linn bwar, linn sou, linn met dife lor li mem. Mo mari pa ti bwar pa ti fime ».

« Nous sommes en possession de document qui peuvent amener à une révolution dans le pays », a déclaré Me Sanjeev Teeluckdharry lors de son allocution.

« Aujourd’hui, nous avons beaucoup de preuves. Certains parmi nous ont des documents explosifs si nous les divulguons dans la presse. Nous nous sommes d’ailleurs rendus à la MCIT mais les officiers se sont déclarés aveugles et sourds », a-t-il fait comprendre.

Sanjeev Teelcukdharry dit néanmoins faire confiance au Directeur des Poursuites publiques pour l’avancement de l’enquête dans l’affaire Kistnen.

Parmi les autres orateurs, le syndicaliste, Ivor Tan Yan, qui est d’avis que c’est “de l’hypocrisie” qui a contribué à cette tension dans le pays. Ce dernier souhaite que les haut dirigeants “cessent toute dictature”.

« Nou amenn enn inkapab o pouvwar. Tou seki nou fer lie a politik. Zordi nou a la resers lazistis, laverite, ek transparans. Bizin fini ar diktatir », a-t-il soutenu.

A savoir que parmi les autres orateurs se trouvaient M.Permalloo, le frère de Pravin Kanakiah, le syndicaluste Narendranath Gopee, Sonja Cunniah-Lazare, le frère de Kelwin Cunniah, retrouvé calciné à Jin Fei, et le politicien Ivan Bibi.