Ce dimanche 17 mai, le monde entier observera l’édition 2020 de l’AIDS Candlelight Memorial… en situation de confinement et de couvre-feu sanitaire, à Maurice, comme dans beaucoup d’autres pays. Chez nous, le directeur de Prévention, information et lutte contre le sida (PILS), Nicolas Ritter, rappelle que « 2019 a été de très loin l’année la plus meurtrière que l’on ait connue, avec 155 décès parmi nos patients PVVIH (Personnes vivant avec le VIH) », Maurice franchissant de fait la barrière symbolique du 1% de la population vivant avec le VIH. « Cela a été un coup très dur, car perdre des patients, des amis, des personnes avec qui on a tissé des liens, cela fait toujours très mal au cœur. Et quand on voit le nombre augmenter, sur une même année, et que l’on sait que, derrière, il y a des circonstances et des raisons qui ont précipité cela, nous sommes doublement bouleversés et attristés. »

Reconnaissant que « 2020 sera certainement une année très dure, sur tous les plans, avec la complication de la pandémie mondiale du Covid-19 », le directeur de PILS espère que « durant les prochaines semaines et les prochains mois, nous dégagerons une dynamique de travail avec nos partenaires, dont le ministère de la Santé, avec qui nous collaborons étroitement, pour rattraper certains retards causés par l’épidémie ». Il y a « beaucoup de bonnes choses, mais aussi de moins bonnes, durant ces deux mois de confinement que nous avons tous passés », lance Nicolas Ritter. « PILS a une très bonne collaboration avec le ministère de la Santé qui, dès le début du confinement, a continué à favoriser l’accès au traitement aux PVVIH via ses dispensaires. À notre niveau, via notre Hotline (8999), PILS a pu garder le contact avec tous nos bénéficiaires, et ainsi les soutenir. Ce qui a permis aux patients de poursuivre leurs traitements, sans interruption, et donc de maintenir une santé correcte durant cette période. » Et dans le même souffle, « PILS a élaboré une dynamique de fonctionnement avec ses associations, dont Ailes, pour une action et présence sur le terrain, géographiquement ».

« La pandémie de Covid-19 n’est pas sans rappeler celle du VIH, retient encore Nicolas Ritter. Le gouvernement mauricien a très bien géré cette épidémie chez nous, et certainement une de nos forces aura été notre système de santé, qui a fait ses preuves depuis plus de 40 ans quand il y a eu l’épidémie de malaria, et qui a prouvé une fois de plus sa résilience et son efficacité. » Et, poursuit notre interlocuteur, « quand je regarde la manière dont la riposte au Covid-19 a été agencée et menée, je ne peux m’empêcher de me dire que si seulement les politiques avaient joué le jeu de la même manière pour le sida, Maurice serait aujourd’hui loin dans ce combat ».

Durant les prochains mois, estime Nicolas Ritter, les choses reprendront, graduellement leurs cours. « Tout en respectant les nouvelles donnes et priorités que nous aurons, dictées par la pandémie et le Covid Bill éventuellement, nous sommes confiants que les retards accumulés de ces deux mois de confinement pourront être rattrapés. De même, nos patients retrouveront leurs accès réguliers aux soins. Surtout avec le laboratoire national, qui a été fortement sollicité, avec le Covid-19, on pourra reprendre les tests de détection de charge virale, et les autres analyses liées aux problématiques du VIH et de l’hépatite C. » En ce sens, le directeur de PILS fait ressortir qu’avec le concours du Global Fund, « nous avons fait des propositions à l’État pour l’achat d’un second appareil de détection, pour un meilleur dynamisme ».

L’AIDS Candlelight Memorial sera de ce fait observé « avec un cachet différent, pour cette année particulière », reconnaît Nicolas Ritter. « Via les réseaux sociaux, PILS, ainsi que toutes les associations qui sont partenaires de l’ONG, seront présentes pour un allumage symbolique de bougies. Nous dédierons nos pensées à tous les PVVIH, mais également à tous ces frontliners qui bossent comme des fous, ici et ailleurs, dans le monde. »