Une profonde colère. Tel est le sentiment dégagé au sein du personnel navigant qui a pris connaissance du rapport des administrateurs d’Air Mauritius, Sattar Hajee Abdoula et Arvindsingh Gokhool sur le redressement de la compagnie d’aviation nationale en vue de la Watershed Meeting of Creditors de mardi.

« It’s a report based only on employees cost and wanting to show that it’s the employees that pulled down MK though it’s not the case », déclare Yogita Baboo présidente de l’Air Mauritius Cabin Crew Association (AMCCA). À bien voir, poursuit-elle, il n’y a aucun plan de restructuration dans ce document.

« It seems all back to normal. And it took 18 months and Rs 45 million plus interest to get administrators to do that! » ajoute-t-elle avec un sentiment de colère. L’AMCCA compte solliciter un avis légal quant aux trois options proposées par les administrateurs afin d’analyser dans quelles mesures toute décision pourrait affecter davantage les conditions d’emploi du personnel navigant, largement victime de la mise sous administration d’Air Mauritius.

Pour l’AMCCA, le rapport démontre que le but de l’administration de MK ne se résume qu’à réduire de manière drastique les salaires des employés. Ainsi, toute décision que prendra le syndicat sera motivée par des avis légaux quant aux implications que les trois options proposées par les administrateurs pourraient avoir sur les conditions de travail du personnel navigant, les réclamations quant aux arriérés et le cas du syndicat concernant les conditions de travail.

« Il est plus qu’évident que ce rapport ne fait que confirmer que les employés payent le prix onéreux du mismanagement d’Air Mauritius depuis des années », dit Yogita Baboo. Le personnel navigant représentait 18% des dépenses par rapport à l’Establishment à MK. « Nous souhaitons savoir aujourd’hui quel est ce pourcentage tenant compte de la réduction de nos salaires, des départs forcés et de nos conditions de travail revues », demande-t-elle en rappelant que « only employees will end up with half salary, for same job, same amount of work… »

Le syndicat se demande comment se fait-il qu’avec l’aide de l’État pour sauver la compagnie d’aviation nationale, le salaire des employés lui restera toujours à hauteur de 50%.

« Administration cannot be only about cutting down of salaries of employees. If government saves us, that is MK, we should get a full salary. They cannot only protect big creditors but protect employees who will find themselves with half salary with DOCA and at the same time be penalised for ever after in their career. Employees cannot do so much sacrifice and pay for mismanagement and for the purchase of planes », dit l’AMCCA.

Le syndicat du personnel navigant, soulignant le rôle de premier plan du personnel dans le business du voyage, maintient que « les employés devront être en mesure de garder leurs salaires et non pas forcer ces mêmes employés à accepter des conditions de travail inférieures et inhumaines et à renier leurs droits fondamentaux sous la Workers’ Rights Act afin de garder leur travail ».

« Mais le travail avait commencé avec Sherry Singh à travers la transformation du Steering Committee et a été exécuté par les administrateurs qui se sont appuyés sur l’Insolvency Act pour changer les conditions d’emploi. Et aujourd’hui on parle de placer la compagnie sous un Holding qui sera dirigée par le Senior Adviser du Premier ministre », dit le syndicat.

Pour le personnel navigant, venir aujourd’hui avec la formule de Holding pour Air Mauritius comme plan de sauvetage ne nécessitait pas 18 mois d’administration… « Ce sont les salaires non payés des employés qui payent les allocations par millions aux administrateurs. Tir manze dans lasyet ti zanplwaye pou ranpli gro vant administrater », s’insurge l’AMCCA.