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Depuis deux mois déjà, les employés d’Air Mauritius (MK) travaillent à temps partiel alors que d’autres sont en “leave without pay”. Cependant, une politique de deux poids, deux mesures, adoptée dans la distribution du travail ainsi que les départements qui sont appelés à travailler à temps partiel, provoque des remous.

Des employés déplorent que certains départements dont les fonctions ne nécessitent pas un horaire quotidien, en raison du nombre réduit de vols, travaillent toujours plus que ceux qui doivent être présents tous les jours. Depuis deux mois, les employés de MK sont contraints d’accepter les heures de travail qui leur sont proposées suite à la décision des administrateurs de réduire les “working hours” ainsi que les salaires. Ainsi les managers des divers départements de la compagnie avaient été appelés à mettre en place un schéma du nombre d’heures de travail requises pour leur département. Certains travaillent à 80%, 70% et 50% notamment. La durée de travail est censée être représentative des fonctions indispensables en ce temps où les vols ont été réduits.

Or, certains départements ont été pris au dépourvu d’apprendre qu’une certaine catégorique d’employés à MK travaille toujours à plein-temps alors que leurs fonctions ne requièrent pas leur présence tous les jours sur le lieu de travail. Par conséquent, ceux qui sont en place tous les jours sans faute pour assurer les vols et le maintien des avions se retrouvent avec une formule à temps partiel qui est calculée, disent-ils, « selon les humeurs des responsables ».

Une fois de plus, cette politique de deux poids, deux mesures est grandement décriée par ces employés qui déplorent le fait qu’ils sont tous les jours au travail mais perçoivent néanmoins un salaire réduit. Pour le mois de décembre ainsi, afin d’atteindre le nombre d’heures qu’ils sont censés travailler, c’est tout un remue-ménage au niveau des horaires. L’on fait ressortir que les managers qui ne sont pas tous les jours au travail sont sur une base de “100% at work” et que leurs salaires n’ont pas été réduits.

L’on estime que les administrateurs devraient mettre de l’ordre dans cette situation qui, souligne-t-on, ne va en aucune façon améliorer le cas de la compagnie. « Si l’on veut réduire les salaires afin de redresser la compagnie, ce n’est pas au niveau des petits employés que cela se fera. Cela sert à quoi de faire ceux qui gagnent déjà peu de travailler à des heures réduites alors que ceux qui perçoivent de gros salaires sont toujours à plein-temps ? Doivent-ils vraiment être présents tous les jours ? », se demandent ces employés.

Par ailleurs, le rachat d’une partie du département technique de la compagnie par de gros investisseurs locaux est devenu le “talk of the town” depuis quelques jours. Alors que rien n’est certain pour l’avenir de la compagnie, des négociations seraient en cours pour au moins sauver une partie de la compagnie dont les services s’avèrent actuellement indispensables.

Par ailleurs, le directeur des Ressources humaines d’Air Mauritius, Eddy Jolicoeur, qui supervisait le départ des plus anciens jusqu’à récemment, est lui-même en partance. L’Executive Vice President des Ressources humaines ne fera plus partie de l’équipe qui travaille actuellement sur la restructuration des employés de la compagnie aérienne, son départ étant prévu pour le 31 décembre. Il a pris ce poste en juillet 2019.

Eddy Jolicoeur compte plusieurs années d’expérience dans la gestion du personnel. L’on apprend qu’Eddy Jolicoeur souhaitait plier bagage depuis longtemps quand la compagnie avait été placée sous administration volontaire mais suite à de maintes requêtes des administrateurs pour qu’il « donn enn koud de me », il est resté pour quelque temps encore.