Photo Archives : le siège de la PSEA à Beau-Bassin

Convoqués par le collège Mauritius (filles et garçons) cette semaine, des parents d’élèves  de différentes classes ont été surpris d’apprendre que l’établissement ne comptait pas reprendre leurs enfants à la rentrée de juin prochain. Ils se sont vu remettre un certificat de transfert avec pour motif — déjà écrit en manuscrit par l’administration — personal reason. Alors qu’en général, c’est à la responsible party de faire une demande de transfert. La PSEA, qui confirme avoir reçu des doléances de parents angoissés, a demandé des explications au collège de Curepipe. Nous avons contacté le management  de l’établissement: nos appels et messages sont restés sans réponses.

Shiv Luchoomun, directeur de la Private Secondary Education Authority est catégorique: «Avant de renvoyer ou de demander à ses élèves de changer d’école, ce qui est un transfert, le collège Mauritius doit nous mettre au courant.» Shiv Luchoomun nous explique qu’il n’a reçu aucune doléance en écrit des responsible parties des élèves appelés à changer de collège. «Mais nous avons bien reçu des appels téléphoniques de parents. Suite à cela, je vais demander à un officier de se rendre au collège pour s’en enquérir. J’ai envoyé une lettre pour demander ce qu’il en est, car à ce jour je ne sais pas ce qui se passe réellement», ajoute le directeur de la PSEA. De son côté, Marie, mère d’un élève en Grade 8, fait partie des parents qui ont appelé la PSEA cette semaine.

Comme ceux qui nous ont contactés pour nous expliquer leur désarroi après qu’ils auraient été mis au pied du mur par l’établissement secondaire, Marie confie être complètement bouleversée par la décision qui lui aurait été imposée. «Il y a une semaine, je reçois un appel du collège pour me demander de me présenter sur place le mardi 5. Quand je demande au préposé de l’administration de m’expliquer la raison pour laquelle je dois me rendre au collège ce jour-là, il m’a dit qu’il ne pouvait me donner des détails au téléphone. Je m’y suis rendue. D’autres parents étaient aussi présents. J’avoue que je ne comprenais pas trop ce qui se passait. Le personnel de l’administration m’a alors expliqué que je devais transférer mon fils de l’école parce qu’il avait participé à une manifestation contre l’administration du collège l’année dernière. J’ai été prise de court, car cela remonte à plusieurs mois et s’il devait être sanctionné, cela aurait dû avoir été fait l’année dernière», explique Marie. Cette dernière confie sa surprise quand on lui a remis un document, le pupil’s transfer certificate sur lequel le motif du transfert est loin d’être celui invoqué par l’administration. En effet, sur le papier que nous avons pu voir, il y est écrit en manuscrit «personal reason».

D’ailleurs, tous les parents qui ont été contactés par l’administration du collège auraient été invités à «accepter» le même motif «pour faciliter le transfert» de leurs enfants. Marie confie être désemparée. Cette habitante du Sud aurait été conseillée de faire admettre son enfant dans un collège de Phoenix ou Rose-Belle.
Des membres du personnel choqués

Shireen dont la fille passe en Grade 11 (SC) à la rentrée dit être tout aussi bouleversée. «Le collège m’avait contactée pour me dire que ma fille risquait d’être renvoyée pour cause d’indiscipline. Mo’nn koz ar madam-la, li’nn fini dir mwa ok tou, apre zot apel mwa zot dir ki mo pou bizin transfer li.  Kot mo pou al gagn kolez pou mo tifi aster-la ? Il me faudra trouver un collège qui offre les combinaisons de matières pur lesquelles a opté», dit Shireen.

Si pour plusieurs parents, l’indiscipline de leurs enfants a été le motif invoqué, d’autres, comme Brigitte, disent avoir eu des explications qui ne tiennent pas la route. Mère d’un élève en Grade 8, Brigitte, convoquée par le management du collège, aurait été conseillée de faire admettre son fils dans un autre établissement qui serait mieux adapté au niveau de celui-ci. L’adolescent ayant échoué aux épreuves du deuxième trimestre, il n’aurait pas été autorisé à refaire sa classe. Dans un autre temps, le collège aurait mis en avant une trentaine de jours d’absence de l’enfant pendant l’année scolaire pour appuyer sa décision et de l’orienter avec insistance vers un collège de Phoenix.

Déjà affligée par la perte d’un membre de sa famille, Brigitte est plus encore affectée par la décision du collège de son fils. Convaincue qu’elle n’a d’autre choix que de lui trouver une place en Grade 9, ailleurs, elle frappe à la porte d’une institution confessionnelle en présentant le pupil’s transfer certificate. C’est avec surprise et stupéfaction qu’elle apprend de ce collège que la démarche de l’établissement curepipien n’est pas conforme à la pratique de transfert, car il revient au parent d’en faire la demande et non à l’école. Brigitte qui a relancé le collège de son fils a, face aux arguments du management, dû se résoudre à s’en remettre à la PSEA.

Au collège Mauritius, des membres du personnel se disent choqués par le transfert imposé à environ 50 élèves. «Malgré la lettre reçue de la PSEA, on persiste à demander aux parents de transférer leurs enfants . Ce qui se passe est injuste», disent-ils.
Nous avons contacté la direction du collège, mais on nous a informé que celle-ci ne pouvait nous répondre. Nous avons fait transmettre le sujet de notre appel et relancé l’administration, y compris la directrice de l’établissement, mais en vain…