Anaïs Angeline fait partie de cette jeune génération dorée qui rêve de toucher les étoiles. La jeune handisportive fait d’ailleurs partie du projet « Paris Horizon 2024 », pépinière de jeunes talents en quête d’exploits lors des JO pour les Jeux Paralympiques. La spécialiste de sprint et de saut en longueur est une jeune sportive bien dans ses baskets, et qui a la tête sur les épaules. Celle qui bénéficie du parrainage de Quality Beverages Ltd (QBL) dans le cadre de sa préparation se livre sans détour dans cette interview sur sa passion pour le sport, le confinement lié à la crise sanitaire, son coach Jean-Marie Bhugeerathee, ses parents, la communauté des handisportifs ou encore ses objectifs. Spontanée et respirant la joie de vivre, l’athlète de 21 ans, qui soufflera ses 22 bougies le 18 courant, espère écrire une belle page du sport local en compagnie de ses camarades. Les feux sont au vert pour la 8e mondiale…

Comment se passe le confinement de la handisportive Anaïs Angeline ?
Le confinement est certes un obstacle concernant les entraînements, mais ce n’est pas pour autant que je baisse les bras. Des programmes me parviennent tous les jours par notre préparatrice physique, Audrey Grancourt, afin que j’arrive à garder la forme. Elle fait vraiment un travail exceptionnel avec l’équipe. Et l’avantage c’est que je passe plus de temps avec ma famille.

Avec la crise sanitaire, pas évident pour les athlètes de rester motivés. Comment faites-vous pour gérer votre emploi du temps ?
J’ai une routine depuis le début du confinement, tous les jours je me réveille, je fais mes exercices. Pendant la journée, je fais une sieste et le soir, j’attaque mes assignments et ma dissertation pour les cours ; j’ai des journées assez remplies.

Pourquoi avoir choisi l’athlétisme ? Aviez-vous des prédispositions pour d’autres disciplines sportives ?
Avant l’athlétisme, je ne faisais jamais de sport. C’est en essayant lors d’une journée sportive quand j’étais encore au collège que j’ai voulu poursuivre dans un club d’athlétisme et je pratiquais uniquement cette discipline.

À quel moment vous êtes-vous dit que ce sport était fait pour vous ?
Quand j’ai commencé avec mon entraîneur, Jean-Marie, je ne pensais pas arriver à un si haut niveau. Avec ma première compétition en 2015, un Grand Prix en Italie, que je me suis dit c’est ce que je voulais vraiment faire. Et c’est de là que les entraînements sont devenus plus intenses, où j’ai même pris une année sabbatique pour me concentrer sur le sport.

La rencontre avec votre entraîneur Jean-Marie Bhugeerathee a dû être un déclic …
C’est sûr. Je m’entraînais avec les valides avant de rejoindre l’équipe et c’est là qu’un entraîneur m’a mise en contact avec Jean-Marie Bhugeerathee. Et depuis, c’est grâce à lui que je suis arrivée là où j’en suis aujourd’hui. Avec son encouragement et ses conseils techniques, je suis arrivée à me surpasser pour atteindre le haut niveau.

Comment ça se passe dans la communauté des handisportifs ? Passez-vous du temps ensemble ou est-ce chacun pour soi ?
C’est une deuxième famille. Après les entraînements, on se pose pour bavarder, rigoler. On a même un groupe sur WhatsApp où on discute, on se partage des choses drôles ou des actualités. Quelquefois, nous faisons des sorties, des déjeuners, des sorties à la plage, pour justement consolider cet esprit d’équipe.

Pensez-vous que les handisportifs sont bien considérés à Maurice, ou pas assez ?
Il y a une grosse amélioration. Même les gens, en général, connaissent mieux le handisport, surtout après les bonnes performances au niveau mondial et en particulier lors des derniers Jeux des Iles de l’Océan Indien (JIOI). Aujourd’hui, on a plus de facilités et de support de la part des fédérations, du ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL) et des sponsors. J’ai de la chance de faire partie de club du Magic de Quatre-Bornes où nous sommes bien encadrés par nos coaches et la présidente du club, Hewlett Nelson.

Quel rôle ont joué vos parents dans votre épanouissement, aussi bien personnel que sportif ?
Mes parents me sont d’un grand support dans ma vie de tous les jours. Ils sont tout le temps présents pour m’encourager, aussi bien sur le plan personnel que sportif, surtout quand j’ai une baisse de moral.

Est-ce facile pour vous de concilier sports et études ?
C’est gérable. L’université est une fois par semaine, donc, c’est assez facile de m’organiser. Malgré que la dernière année soit un peu compliquée, je m’organise en faisant un planning de mes cours.

Votre performance la plus marquante ?
Ma performance la plus marquante, c’est lors de la compétition qui a eu lieu en février, où j’ai pu faire un record en saut en longueur, malgré que nous n’ayons pas fait de compétitions internationales pendant plus d’un an. Cela prouve que j’ai encore de la marge pour m’améliorer.

Se qualifier pour les Jeux Paralympiques serait l’aboutissement d’une carrière. Que souhaitez-vous accomplir en cas de qualification ?
Mon objectif principal est d’obtenir ma qualification pour les Paralympiques. Je fais partie du projet Horizon Paris 2024 qui m’aide à atteindre ce but. Je ferai mon maximum pour être sur le podium.

Beaucoup de sportifs ont des idoles ou des personnalités qui les inspirent. Est-ce aussi votre cas ?
Cristiano Ronaldo. J’admire son ardeur au travail pour atteindre ses objectifs. Il est l’exemple même du professionnalisme et de la volonté de réussir. Il s’engage socialement, en aidant les autres.

Quels sont vos passe-temps ?
À part le sport, j’aime bien faire de petites sorties avec mes parents et les amis, j’aime écouter de la musique, j’aime aussi le chant et la danse.

Décrivez-nous en quelques lignes Anaïs Angeline ?
En quelques lignes, je me décrirais comme étant très spontanée. Je suis souvent souriante, j’aime rigoler. Je suis déterminée dans tout ce que j’entreprends. J’aime bien plaisanter, surtout avec les personnes que j’aime bien. J’aime bien ramener la joie de vivre où je passe. J’aime bien les gens honnêtes.

Quel est votre devise ?
Ma devise : rien n’est facile, mais tout est possible.