Andrew Sin, General Manager de la centrale d’Intermart Mauritius, qui s’occupe des achats, de la logistique, du marketing, de la communication et de tout le travail de soutien aux huit magasins de l’enseigne, fait le point sur le secteur de la grande distribution. Il parle de l’importance de la vaccination en soulignant que 75% du personnel sont déjà vaccinés. Il annonce une campagne promotionnelle à compter de ce mercredi, qui coïncide avec l’arrivée en rayons des produits liés à la fête de Pâques.

À ce jour, quel bilan faites-vous des opérations depuis le début du confinement ?
Le Lockdown se passe beaucoup mieux cette fois. On est plus rodé par rapport à l’année dernière. Tout a été rapidement mis en place au niveau opérationnel. Nous nous apprêtons à lancer une grosse campagne promotionnelle à la fin du mois, liée à la fête de Pâques, célébrée par de nombreux Mauriciens. Nos fournisseurs avec qui nous avons négocié font une grosse promotion pour satisfaire la clientèle, notamment avec les chocolats.

Il y avait quelques problèmes d’approvisionnement à la veille de la réouverture des hypermarchés/supermarchés. Qu’en est-il maintenant ?
L’approvisionnement se fait normalement bien que certains petits fournisseurs n’aient toujours pas de WAP, mais ils vont sûrement l’avoir en temps et lieu. Nous avons deux magasins en zone rouge, soit Intermart de Curepipe et Intermart So’Flo, mais ils sont approvisionnés normalement, et je dois dire que le fait qu’il n’y ait pas de Panic Buying est aussi une bonne chose.
Le shopping se fait dans des conditions confortables et en sécurité. Et il n’y a pas de longues files d’attente comme l’année dernière. Dans la zone rouge également, il n’y a aucun souci et les clients réagissent normalement. Au début, il y avait quelques problèmes d’approvisionnement en zone rouge, mais actuellement c’est correct et nous disposons de stock.

La consommation est-elle en baisse depuis le début du confinement ?
La fréquentation et la consommation ont été affectées. C’est le cas à chaque confinement. Toutefois, nous notons que les gens achètent légèrement plus afin de tenir une ou deux semaines, mais comme je vous le dis, nous avons du stock pour satisfaire nos clients.

Néanmoins, la consommation a reculé, n’est-ce pas ?
Chez nous, je dois dire que ça se maintient. Le volume d’achats diminue mais cela est rééquilibré avec l’inflation. Il y a une petite inflation par rapport à l’année dernière et aussi des évolutions concernant le taux de change avec notre roupie qui perd de sa valeur. Au final, nous devons rogner sur nos marges, cela d’autant que le coût du fret a doublé, voire triplé.

Qu’en est-il de la vaccination au sein de votre staff ?
Je considère la vaccination comme très importante pour nous. Moi-même, j’ai été me faire vacciner et j’ai emmené mon père qui est âgé se faire vacciner aussi. Je l’ai fait dès que cela a été possible. S’agissant de nos employés, la majorité ont été vaccinés la semaine dernière. Les vaccins leur ont été administrés sur différents sites décrétés par les autorités.
Le groupe Intermart compte près de 1 000 employés et presque tous ont déjà reçu leur première dose. Toutefois, certains n’ont pas pu le faire pour diverses raisons, et certains ont des appréhensions par rapport au vaccin, notamment concernant ce qui se dit sur les réseaux sociaux. Et bien entendu, nous n’avons rien imposé à notre staff. Nous leur avons juste recommandé de se faire vacciner. À ce stade, 75% de nos employés ont été vaccinés.

La fête de Pâques approche à grands pas. Comment se présente Pâques 2021 pour les hypermarchés, par rapport à 2020 ?
Certains produits très spécifiques qui arrivent normalement par avion ne seront pas là. Mais nous aurons des chocolats de toutes sortes et des œufs très variés. Quant aux produits festifs, fruits de mer, boissons, produits frais, charcuterie et fromage, etc., ils seront livrés cette semaine.

L’année dernière, on a vu des stocks de chocolats de Pâques vendus au rabais dans certains supermarchés, plusieurs semaines après Pâques…
C’est vrai que l’année dernière, il y a eu beaucoup de liquidation de la part des fournisseurs, tout en respectant la Shelf Life des produits bien entendu, car il faut se rappeler que les supermarchés et hypermarchés n’avaient pu ouvrir à cause du total Lockdown. Et il y avait un peu de panique car nous vivions la pandémie pour la première fois et beaucoup d’opérateurs ont dû vendre des produits à perte.
Cette année, la situation est différente et nous sommes bien mieux préparés. D’ailleurs, comme je vous le disais, nous lançons une campagne promotionnelle à partir de ce jour et les consommateurs bénéficieront de bons deals sur toutes les familles de produits. De manière générale, je dois ajouter que cette année, nous constatons aussi que les cas de COVID-19, répertoriés localement, semblent moins graves que l’année dernière. Ce sont des signaux positifs pour notre pays, mais il faut garder les bonnes pratiques et continuer à nous protéger.

Le ministère du Commerce a mis en garde contre les abus au niveau des prix. Ce sujet vous interpelle-t-il ?
Nous ne pratiquons pas ce genre de choses chez Intermart. Notre système est entièrement informatisé mais vous avez sans doute observé que, par exemple, il y a eu le cas de ce paquet de nouilles fabriquées localement et qui se vend à Rs 8,50 dans nos magasins alors que dans certains points de vente, il est proposé entre Rs 10 et Rs 15. Je ne jette la pierre à personne, mais il faut bien voir d’où vient ce genre d’abus, il y a un schéma qui se dessine.
Chez nous, tout est répertorié et informatisé. Nous dépensons des millions de roupies pour faire des promotions et faire baisser les prix pour attirer la clientèle et si nous pratiquons ensuite des prix abusifs, cela n’aura pas de sens. Ce serait comme se couper la jambe !
Je parle pour Intermart et même au nom de mes concurrents, d’autres hypermarchés. C’est un faux débat à notre niveau et cela n’a pas de sens pour nous car nous nous battons tous les jours pour avoir de bons prix avec nos fournisseurs. Et pratiquer des prix exorbitants serait contraire à notre démarche. Au contraire, nous sommes là pour défendre le pouvoir d’achat.

Certains clients disent que la section non-alimentaire dans certains de vos hypermarchés n’est pas accessible depuis le début du confinement. Qu’en est-il ?
Le Non-Food est toujours accessible, mais il se peut que les clients n’y aient pas porté attention, vu que la circulation se fait dans un sens.

Plusieurs opérateurs de la grande distribution ont fait ressortir que les clients sont plus disciplinés cette année. Partagez-vous cet avis ?
Effectivement, les gens sont très disciplinés, mais c’était le cas même l’année dernière. Nous-mêmes avions fait campagne en ce sens et nous n’avons pas eu de problèmes. Il y a le respect et l’accueil et à l’intérieur des magasins, il y a une bonne coopération entre employés et clients. Mais notre message reste le même : ne pas se laisser aller et maintenir les gestes barrières. Avec ce virus, nous allons devoir nous adapter et changer notre mode de vie.

Tout votre staff est-il mobilisé depuis le début du confinement ?
Tout le monde. On travaille sur ‘‘shift’’ pour pouvoir alterner et donner du temps de repos à nos employés.

C’est un peu tôt pour en parler, mais comment sera 2021 dans son ensemble pour la grande distribution ?
Nous avons certaines craintes. Depuis l’année dernière, le coût d’exploitation a augmenté, et nos marges sont en baisse. Ça va être le cas cette année encore. Notre priorité est de tenir le coup et de résister au choc.

Pour finir, les caddies sont-ils toujours désinfectés, comme lors du premier confinement ?
Oui, ils sont désinfectés régulièrement, mais je pense que cette année les gens sont davantage conscients des risques. Quand vous manipulez des produits et des objets, vous devez utiliser du sanitizer, donc il n’y a pas de risque. Il n’y a pas eu de cas confirmé de transmission du virus par caddy. Et d’ailleurs, aussi longtemps que vous maintenez les gestes barrières, que vous portez votre masque, que vous ne touchez pas votre visage et que vous vous désinfectez régulièrement les mains, il n’y a pas de risque. Il faut aussi assurer la distanciation physique et nous prenons la température à l’entrée des magasins.