La vaccination pour les détenteurs de Work Access Permit est une forme de vaccination forcée. Rezistans ek Alternativ a une nouvelle fois dénoncé l’émission « abusive » du WAP et se demande si toutes ces entreprises qui en ont recours relèvent des services essentiels. Le fait qu’actuellement la vaccination se fait pour les détenteurs de WAP démontre, selon ReA, que le gouvernement opère sous le diktat du patronat.

Un an après le premier confinement où Rezistans ek Alternativ (ReA) avait dénoncé le rôle du commissaire de Police dans la distribution des Work Access Permits (WAP), la situation n’a pas changé, selon Ashok Subron. Ce dernier dit noter que cette fois encore, le chef de la police a ajouté des secteurs, considérés comme étant « essentiels » et qui ne figurent pas dans la Government Gazette 469. « Une fois de plus, on se retrouve avec un pouvoir à trois têtes pendant le confinement, soit le Prime Minister’s Office, le commissaire de police et Business Mauritius. »

La conséquence, ajoute-t-il, est qu’aujourd’hui, le pays, en plein confinement, se retrouve avec 165 000 détenteurs de WAP, dont 116 000 du secteur privé.  « Actuellement, il y a 500 entreprises qui opèrent, avec 30% de la main d’œuvre du privé. Il y a des demandes pour 260 000 autres WAP en attente. Si elles sont acceptées cela fera 80% de la main d’œuvre du privé qui sera au travail. La question se pose alors : il y a-t-il un confinement dans le pays ? »

« Peut-on nous expliquer pourquoi on a obligé des travailleurs d’une entreprise du port franc s’occupant de la marchandise d’un grand magasin sportif qui s’implante à Maurice, à aller travailler ? Pourquoi a-t-on envoyé des travailleurs débarquer un bateau alors qu’il y avait deux marins russes positifs à la COVID-19 à board ? » Il ajoute que le gouvernement sera tenu pour responsable si demain, il y a une prolifération du virus en raison de la distribution « abusive » de WAP.

Par ailleurs, Rezistans ek Alternativ a commenté la campagne de vaccination en cours. Tout en précisant que le parti est en faveur du droit de chaque citoyen d’avoir accès au vaccin, il estime qu’il faut laisser le choix. « Or, la manière dont cela se fait actuellement, avec l’utilisation du WAP, cela ressemble à une vaccination forcée. C’est la police et le patronat qui décident qui doit être vacciné. Dans une grande compagnie proche de l’État, ceux qui ont choisi de ne pas se faire vacciner ont demandé quelles pourraient en être les conséquences et on leur a répondu qu’ils seront informés lundi. Donc, il est possible qu’il y ait des sanctions. »

David Sauvage considère que le dédouanement de l’État par rapport aux risques du vaccin, démontre qu’il n’y a pas une relation solidaire entre le gouvernement et le citoyen. « Dans un contexte où les vaccins ont été faits rapidement, le gouvernement vient dire qu’il ne va pas assister ses citoyens en cas de problème. »

Il ajoute qu’à aucun moment, la Gavi Alliance, à travers laquelle Maurice a obtenu une certaine quantité de doses de vaccin, n’impose cela. Il se base sur une copie du contrat avec le Pérou et estime que c’est le même qui s’applique à tous les pays bénéficiaires. David Sauvage s’est également exprimé sur la « dynamique économique » derrière le vaccin. Il a rappelé que dans un premier temps, l’université d’Oxford qui avait mis au point le premier vaccin, devait le laisser libre à l’exploitation, sans en imposer la propriété intellectuelle. « Mais selon le Kaiser Health News, la Bill and Melinda Gates Foundation l’a amenée à changer d’avis. C’est ainsi qu’ils ont signé un contrat d’exclusivité avec le géant pharmaceutique AstraZeneca. »

Stephan Gua est d’avis que la COVID-19 ne relève pas uniquement d’une crise sanitaire, mais d’une crise systémique. Depuis longtemps, ajoute-t-il, les partis de gauche ont mis en garde contre un système qui ne respecte pas la nature.