Cela fait 12 ans qu’il occupe le poste de président de la Government Servants Employees Association Fire Fighter Cadre. ‘Lead Fighter’ affecté aux Mauritius Fire Rescue Services (MFRS), Ashraf Buxoo compte environ 34 années de service comme sapeur-pompier. Il était de service pour circonscrire l’incendie mortel de L’Amicale. « C’était un événement tragique que je ne suis pas près d’oublier en ma qualité de sapeur-pompier », dit-il. Dans l’interview qui suit, le Deputy Organising Secretary de la GSEA parle de la nécessité de mettre sur pied une académie pour la formation des sapeurs-pompiers, car ce métier, dit-il, s’est métamorphosé au fil des années. Il plaide également pour une meilleure considération des femmes sapeurs-pompiers et déplore « le manque de consultations avec la direction de la MFRS ». Le syndicaliste affirme que les conditions de services des sapeurs-pompiers se sont détériorées ces derniers temps au point que le syndicat avait signifié son intention de descendre dans la rue le 19 mars dernier pour faire entendre sa voix. Il dit regretter que « le gouvernement n’a pas cru bon de considérer les sapeurs-pompiers comme des Frontliners jusqu’ici ».

Le métier de pompier a changé de nature au fil des années. Qu’en est-il de la situation à Maurice ?

C’est bien le cas. Aujourd’hui, je dois dire que nous sommes appelés à jouer un rôle de premier plan en matière de sauvetage. De nos jours, les sapeurs-pompiers agissent partout, que ce soit dans des accidents de la route, des inondations, les incendies et le sauvetage dans des bâtiments en hauteur. En sus de cela, nous accordons une assistance comme le SAMU pour retirer des gens qui sont piégés dans des bâtiments en hauteur. Tout ceci pour vous dire que notre travail est devenu très complexe, ce qui fait que notre métier a changé considérablement. Notre rôle ne se résume plus à circonscrire les incendies. Notre métier de soldat de feu est révolu.

Les sapeurs-pompiers sont-ils en mesure d’intervenir sur tous les types de gratte-ciel ?

Normalement oui, parce que nous disposons d’un équipement sophistiqué connu dans le jargon comme le L-32, un camion doté d’un bras télescopique qui peut aller jusqu’à une trentaine de mètres en hauteur. Je dois dire que le gouvernement a déjà pensé à acquérir un nouveau camion muni d’une échelle télescopique beaucoup plus performante, mais en raison du Covid-19, ce projet d’achat a connu du retard. Le gouvernement avait l’intention d’acquérir cet équipement d’Italie. L’échelle de ce camion peut aller au-delà de 32 mètres. C’est un très bon projet, mais c’est dommage qu’il n’ait pas encore été concrétisé jusqu’à présent. Deux personnes avaient déjà été sélectionnées pour aller en Italie pour faire des inspections sur la machine avant de prendre la livraison. Mais ils n’ont pu faire le déplacement en raison du Covid-19. Je lance un appel au gouvernement pour réactiver ce projet une fois que la situation sanitaire retourne à la normale. Il faut lui accorder priorité car cette échelle sera un grand atout pour notre travail de sapeur-pompier pour venir à la rescousse de la population.

Pourquoi les sapeurs-pompiers veulent qu’ils soient reconnus comme des Frontliners dans le combat contre le Covid-19 ?

Je pense qu’à propos de cette demande de notre part, le gouvernement a été mal conseillé sur ce dossier. La question est au fait simple comme bonjour. Au fait, lorsqu’un incendie éclate dans un bâtiment, la première réaction des gens est d’évacuer les lieux. Par contre, les sapeurs-pompiers pénètrent dans le bâtiment pour circonscrire le feu et sauver des vies humaines. Comment se fait-il donc que le gouvernement ne nous considère pas comme des Frontliners ? Ceci est mon premier point. Mon deuxième point est le suivant : durant la période de confinement sanitaire, nous avons été appelés à vérifier les cartes d’identité aux abords des supermarchés alors que cela ne faisait pas partie de notre Scheme Of Service. Nous avons répondu favorablement à l’appel lancé par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, aux sapeurs-pompiers. Parallèlement, les Fisheries Officers  ont épaulé les policiers dans le cadre de cet exercice. Les sapeurs-pompiers n’ont pas hésité à monter en première ligne durant la période de Covid-19. Mais comment se fait-il que le gouvernement ait décidé de faire une discrimination flagrante à notre égard en accordant une allocation de Rs 15 000 aux policiers seulement ? C’est vraiment inconcevable d’avoir laissé les sapeurs-pompiers sur la touche. Ce n’est pas correct et ce n’est pas juste de nous traiter différemment et de cette façon. Nous maintenons que le gouvernement devrait nous accorder cette allocation de Rs 15 000 comme Frontliners, car durant la période de confinement, nous avons effectué 1 400 interventions. Il faut donc nous accorder cette ‘special Covid-allowance’ de Rs 15 000.

Quel constat faites-vous du niveau de sécurité qui prévaut dans les bâtiments à Maurice ?

Il faut que les services de pompe à incendie soient dotés d’une Fire Service Division qui dispense des cours de formation et anime des séminaires dans les centres communautaires, dans les écoles, entre autres, sur le Fire Safety. Le gouvernement doit aussi nous accorder les ressources nécessaires pour que nous puissions faire le travail convenablement. Il y a aussi le projet e-Licencing qui est en train d’être mis en œuvre par l’Economic Development Board. Pour mener à bien ce type de projet, il faut aussi voir si la Fire Safety Division dispose de moyens nécessaires pour délivrer des permis en ligne.

Dans ce contexte, je lance un appel au ministre concerné pour qu’il entame des procédures pour procéder à des examens en concertation avec le Mauritius Examinations Syndicate le plus vite possible et pour que nous puissions nommer des Station Officers afin que le projet de e-Licencing devienne une réalité.

Y a-t-il un manque de personnel au niveau des services de pompes à incendie ?

Soyons honnêtes envers nous-mêmes pour ne pas sombrer dans la démagogie. Je dois dire sincèrement que le gouvernement a fait beaucoup de recrutement dans ce secteur ces trois dernières années. Mais il doit continuer à recruter, car il ne faut pas oublier que les Mauritius Fire and Rescue Services sont dotés de divisions spécialisées. Il y a par exemple la Special Operation Division, la Shift Water Operation et bientôt on aura la Paramedic Section. C’est pourquoi le gouvernement doit continuer à recruter. En ce moment, il y a un problème avec 13 sapeurs-pompiers rodriguais qui veulent retourner dans le pays, car ils ont un problème de dépaysement et financier. Ce que j’ai pu comprendre, c’est qu’il faut davantage de recrutement pour qu’ils puissent retourner dans leur île natale. Le gouvernement devrait donc recruter davantage de personnel cette année, car il faut prendre en compte que beaucoup de gens partent à la retraite. J’espère que le gouvernement fera la part belle au recrutement des sapeurs-pompiers dans le prochain budget.

La State and other Employees Union a à maintes reprises décrié les conditions d’emplois qui prévalent au niveau des Mauritius Rescue and Fire Services. Qu’en est-il de la situation exactement ?

En ce moment, les sapeurs-pompiers font face à d’ innombrables problèmes. L’un d’entre eux a trait au Time off leave. C’est-à-dire, un sapeur-pompier qui travaille durant les jours fériés, a droit à des congés additionnels ou à un remboursement en espèce. Il y a dans le pays trois services disciplinaires à Maurice, il y a la force policière, les services pénitenciers et les Mauritius Fire Rescue Services. Il n’est logique de ne pas payer le Time-off leave pour les pompiers mais alors que les policiers et les gardes-chiourmes n’ont pas de problème à  ce niveau. C’est une discrimination flagrante qu’on est en train de faire à notre égard. J’ai déjà évoqué la question avec le ministère de la Fonction publique, avec le vice-Premier ministre de tutelle ainsi qu’avec la direction des Mauritius Fire Rescue Services. Notre revendication ne date pas d’hier. Depuis août 2019, le Time-off leave des sapeurs-pompiers n’est pas remboursé. Cela n’est pas du tout encourageant pour les sapeurs-pompiers. Cette situation a fini par créer une frustration parmi nous. D’autre part, malgré le fait que la direction ait montré des signes de progrès dans nos revendications, surtout en ce qu’il s’agit des uniformes pour l’année financière 2021-2022, toujours est-il que l’année financière 2020-2021 se termine et les pompiers n’ont pas encore obtenu leurs nouveaux uniformes. Pour nous, le port de l’uniforme est obligatoire et cela fait partie de nos conditions de service. À ce jour, nous sommes encore en train d’utiliser des vêtements abîmés. Nous demandons au gouvernement de nous accorder au plus vite nos nouveaux uniformes pour travailler. Qu’on nous accorde l’Uniform Allowance si la direction des MFRS n’est pas capable de nous accorder de nouveaux uniformes. Nous espérons que lors de la prochaine année financière nous aurons droit aux nouveaux uniformes. La qualité des uniformes doit être prise au sérieux par les autorités, car nous faisons partie des services disciplinaires et cela fait la beauté de notre travail. Nous allons militer pour avoir des uniformes de bonne qualité car, très souvent, nous avons eu droit à de piètres uniformes. Il y a aussi cinq postes de Divisional Officers qui n’ont pas été remplis depuis plus de cinq ans. Ce qui est chagrinant et désolant, c’est qu’il y a des Station Officers qui se sont retirés et qui ont fait de la suppléance à des postes de responsabilité pendant des années sans être promus. C’est une autre discrimination flagrante. Le syndicat demande au gouvernement de remplir ces postes dans les plus brefs délais. Nos conditions de travail se sont détériorées ces derniers temps et c’est pourquoi les sapeurs-pompiers avaient décidé d’organiser le 18 mars dernier une manifestation dans les rues de Port-Louis. La police ne nous a pas autorisés à organiser cette manifestation en raison du Covid-19. Lorsque le gouvernement enlèvera toutes les restrictions, le syndicat descendra dans la rue pour évoquer ses droits.

La direction des MFRS a mis en œuvre une mesure positive pour les employés ces derniers temps ?

Je dois saluer l’initiative prise par le MFRS pour avoir mis sur pied le Health and Safety Committee. Je sais que c’est une bonne initiative, mais je lance aussi un appel à la direction de mettre à exécution ses recommandations. Il ne faut pas que ce comité ait été mis sur pied pour la galerie sans aucun résultat palpable. Je considère inacceptable que certaines de nos casernes continuent à se retrouver dans des états lamentables comme c’est le cas à Quatre-Bornes, à Port-Louis (en rénovation actuellement) et à Coromandel. Les matelas et les toilettes dans ces casernes laissent à désirer. À Quatre-Bornes, l’état du bâtiment a fait son temps. Je demande au ministre des Administrations régionales, Anwar Husnoo, de trouver une solution à ce problème, d’autant plus que le bâtiment en question appartient à la municipalité. Il y a eu un projet pour délocaliser les casernes de Quatre-Bornes et le gouvernement doit absolument accélérer les procédures pour la mise sur pied de nouvelles casernes à Montagne-Blanche et à Goodlands. Je le dis parce que le pays est en pleine expansion et les MFRS ont signifié leur intention de se rendre sur les lieux des incendies en l’espace de cinq minutes après avoir reçu un appel téléphonique. Les MFRS sont en train de cibler un meilleur ‘response time’. Je sais que le gouvernement a investi massivement dans l’achat des nouveaux camions et qu’une ligne de crédit indienne est disponible pour l’achat d’une vingtaine de camions-citernes pour les sapeurs-pompiers. Malgré le fait que le gouvernement ait investi massivement dans l’achat de nouveaux camions, nous constatons que jusqu’à maintenant des véhicules des MFRS, datant de plus de dix à vingt ans continuent à rouler. Il faut renouveler la flotte de véhicules tous les dix ans pour que nous puissions offrir un service de qualité à la population et être présents sur place cinq minutes après un appel téléphonique. Il faut mettre à notre disposition des camions-citernes modernes, de préférence en provenance d’Europe pour que nous accédions aux lieux d’incendie avec les résultats escomptés. J’apprécie aussi le fait que les MFRS soient dotés de services spécialisés comme la Special Operational Division, Swift Water Division et la Paramedic Division. Je déplore cependant le manque de considération envers ces unités spéciales. Le département ‘swift water’ est utilisé lors des inondations et de sauvetage. Ce département fait face à un manque aigu d’équipements et la Paramedic Division est dotée d’une ambulance. Ailleurs, une ambulance suit normalement les pompiers lorsque ces derniers se déplacent vers des lieux d’incendie.

Qu’en est-il de la formation des sapeurs-pompiers ?

Les MFRS disposent actuellement d’une Training Unit et la Training and Driving Section est basée à Coromandel. La Training Unit est, au fait, un bâtiment qui a fait son temps. D’ailleurs, le projet de transformer cet endroit en une académie a été évoqué dans le passé. L’heure est venue maintenant de mettre sur pied une académie pour les sapeurs-pompiers, car il ne faut pas oublier que ce métier s’est considérablement  métamorphosé au fil des années. Il faut maintenant une formation poussée pour les jeunes recrues car il ne s’agit plus maintenant que d’éteindre le feu. Il faut y inclure dans cette académie une Training Division très moderne. La Training and Driving Division de Coromandel entraîne les sapeurs-pompiers à conduire des véhicules. Cette division ne dispose même pas d’un camion moderne et performant pour s’entraîner. Il faut aussi songer à accorder des bourses des études à l’étranger. Deux et à trois ans, même avant la période de Covid-19, on a cessé d’accorder des bourses d’études aux jeunes recrues pour se perfectionner. Aujourd’hui, je compte 34 années de service au sein des MFRS. Le sauvetage d’un passager à bord d’un véhicule en feu n’est pas le même, surtout avec l’arrivée des véhicules sophistiqués.

Les relations industrielles entre le syndicat et la direction de la MFRS sont-elles cordiales ?

Notre principal souci pour le moment demeure les difficultés pour obtenir des réunions régulières avec la direction pour discuter de nos problèmes. Au moins, chaque mois la direction aurait dû organiser des réunions avec les syndicats pour tâter le pouls des employés des MFRS. Ces types de réunion sont nécessaires pour la bonne marche des affaires des MFRS.  Il est dommage qu’on n’ait pas ce type de réunion avec le Chief Fire Officer des MFRS pour la bonne marche du service. Je déplore aussi le manque de consultation avec le syndicat de la part de la direction du MR avant de prendre une importante décision concernant le sort des salariés. À ce jour, je ne sais pas quand on a eu, la dernière fois, une réunion avec la direction. Je suis bien d’accord qu’on est en pleine période de Covid-19, mais cela ne devrait pas être une excuse pour ne pas avoir des relations industrielles civilisées. C’est lorsqu’on n’obtient pas de réunion, qu’on entend le syndicat crier sur tous les toits, allant même jusqu’à descendre dans la rue pour faire entendre notre voix. Il y a un manque aigu de communication avec le syndicat. D’ailleurs, Anwar Husnoo avait déjà attiré l’attention de la direction des MFRS sur la nécessité d’avoir des réunions avec le syndicat pour régler leurs problèmes.

A-t-on trouvé une solution de ‘Bank’ des Fire Fighters ?

C’est une question épineuse. Il faut savoir que le syndicat a pu convaincre le Pay Research Bureau (PRB) pour venir de l’avant avec un ‘Bank of fighters’. C’est-à-dire que les MFRS font appel à un sapeur-pompier en congé lorsqu’il y a un manque de personnel. Ce projet n’est plus d’actualité maintenant. Cette banque n’est pas opérationnelle depuis cinq ans environ. Il faut savoir qu’il y a aussi des femmes sapeurs-pompiers. J’ai prôné le fait que ce métier soit ouvert aux femmes également comme c’est le cas à travers le monde. Aujourd’hui, des femmes sapeurs-pompiers travaillent depuis plus de six ans au sein des MFRS. Je lance un appel au vice-Premier ministre et ministre des Administrations régionales en vue d’accorder plus de considération aux femmes dans ce métier car elles ont des problèmes spécifiques. La direction des MFRS doit de temps en temps organiser des réunions avec elles pour connaître un peu les problèmes qu’elles sont appelées à faire face. Ce n’est pas facile pour une femme sapeur-pompier de travailler jour et nuit alors qu’elle a des enfants à la maison dont elle doit s’occuper. Ce n’est pas facile pour une femme de quitter son domicile à 16h pour retourner à la maison le lendemain matin. Il est dommage que la gent féminine reçoive peu de considération, surtout en ce qui concerne les heures de travail. C’est peut-être aussi une des raisons qui expliquent pourquoi il y a seulement une vingtaine de femmes sapeurs-pompiers dans les services de pompes à incendie. Le nombre est insuffisant. Je lance un dernier appel au vice-Premier ministre pour que, dans le prochain exercice de recrutement des sapeurs-pompiers, il accorde une attention particulière à la gent féminine.

Qu’est-ce qui vous a marqué durant ces 34 années dans le service de pompes à incendie ?

J’avais démarré en 1987 ma carrière de pompier au sein de la Port-Louis Fire Brigade, gérée à l’époque par la municipalité de Port-Louis. Après 13 années au sein des services de pompes à incendie de la capitale, le gouvernement d’alors avait décidé de ‘merge’ en 1998 tous les services des pompes des municipalités avec ceux du gouvernement. Une grande injustice avait été commise à notre égard car nous avons dû joindre les nouveaux services comme des juniors et beaucoup se sont retirés par la suite. Nous avons été ‘downgraded’ et lésés dans nos droits. Ce qui m’a aussi marqué, c’est l’incendie de L’Amicale que je ne vais jamais oublier ainsi que ceux de rue La Corderie et du ‘bazar’ de Port-Louis. L’incendie de L’Amicale m’a beaucoup marqué. C’était une scène d’honneur avec des morts partout. Cet incendie m’a beaucoup frappé. J’ai 34 ans de services au sein du système opérationnel et, malgré mon expérience, jusqu’à présent, le gouvernement ne nous a pas récompensés convenablement. C’est vraiment chagrinant de constater que des personnes se sont retirées des services comme de simples sapeurs-pompiers.  Figurez-vous que le défunt Désiré L’Enclume a terminé sa carrière comme un simple sapeur-pompier après 38 années de service, et pourtant ce dernier a fait honneur au football mauricien.

« L’incendie de L’Amicale m’a beaucoup marqué. C’était une scène d’horreur avec des morts partout. »

« Nous maintenons que le gouvernement devrait nous accorder cette allocation de Rs 15 000 comme Frontliners, car durant la période de confinement, nous avons effectué 1 400 interventions »

« Je considère inacceptable que certaines de nos casernes continuent à se retrouver dans des états lamentables comme c’est le cas à Quatre-Bornes, à Port-Louis (en rénovation actuellement) et à Coromandel où les matelas et les toilettes laissent à désirer »