L’Association des travailleurs sociaux (ATS) organisera le 30 octobre à Port-Louis un rassemblement pour réclamer des autorités des actions concrètes contre la prolifération de la drogue à Maurice. Parmi les invités, l’on retrouve le travailleur social Bruneau Laurette, le vicaire-général du diocèse de Port-Louis, le Père Jean-Maurice Labour, des hommes religieux ainsi que des mères de famille ayant perdu leurs enfants en raison de la drogue .

« Il faut que toute l’île Maurice vienne participer à ce rassemblement sans tambour, ni trompette, ni ravanne, car l’heure est grave. Ce sera un rassemblement silencieux, où toutes les composantes de la population doivent participer, car ladrog pa get figir », a déclaré Ally Lazer, président de l’ATS. Il dit avoir été « interpellé » par la déclaration du Premier ministre, Pravind Jugnauth, à l’effet qu’on « ne peut pas contrôler tous les colis à la poste et tous les containers ». Pour lui, une telle déclaration « donne des idées aux trafiquants », démontrant ainsi, dit-il, que « les autorités n’ont pas la conviction de mettre fin à ce fléau ».

Il se dit par ailleurs offusqué par la déclaration du chef du gouvernement à l’effet que toutes les recommandations de la commission d’enquête sur la drogue ne seront pas implémentées. Et de rappeler ce qu’il avait déjà déclaré pendant la période de couvre-feu sanitaire, à savoir que le « business de la drogue est le seul qui soit en pleine croissance à Maurice ». Et le chef du gouvernement est « venu (lui) donner raison », dit-il, « car ce dernier est venu dire que malgré la fermeture des frontières, la drogue continue de pénétrer dans le pays ».

« C’est révoltant. Pravind Jugnauth vient dire qu’on ne peut pas tout contrôler. Nous savons que le pays dispose d’un grand nombre d’officiers affectés à la Special Mobile Force ou à la Special Supporting Unit. Pourquoi ne pas les mettre à contribution ? Il faut montrer notre volonté de combattre la drogue. Moi, je le fais depuis que j’ai eu 18 ans, et aujourd’hui, je suis grand-père et continue à mettre en péril ma vie », lance encore Ally Lazer.

Ce dernier a fait ressortir qu’il n’a pas invité la MBC à couvrir sa conférence de presse, car « cette chaîne publique n’est pas objective dans la couverture des conférences de presse et accorde de larges extraits de celles des associations qui sont des bombes communales ambulantes », a-t-il poursuivi. Et de se dire « offusqué » également que des personnes arrêtées par la police dans le cadre d’affaires de drogue aient été « relâchées car l’enquête a été mal faite ».

Il rappelle par ailleurs que lorsqu’il était fonctionnaire autrefois, il avait dit à Pravind Jugnauth que « s’il veut combattre le trafic de drogue, il faut qu’il se débarrasse de son entourage, mais malheureusement, beaucoup de brebis galeuses font partie de sa sphère ».

Pour l’heure, poursuit Ally Lazer, « pas moins de 45 policiers ont été arrêtés dans des affaires relatives à la drogue ». Mais « ce qui est écœurant, c’est que ces officiers suspendus continuent de percevoir leurs salaires ».

Intervenant à son tour, Reza Manoga estime que ce rassemblement de Port-Louis « doit être une réédition de celui de Mahébourg ». Istiyag Cauhye a souligné que la prolifération de drogue ainsi que la prostitution « font rage à Rose-Hill ». Il se dit à ce propos d’accord avec la déclaration du cardinal Maurice Piat selon laquelle « lepep de Moris pe soufer ».

Et d’inviter les Mauriciens à « se déplacer en nombre » le 30 octobre prochain à Port-Louis.
Il est à noter que les organisateurs de ce rassemblement se proposent dans un premier temps d’organiser un similaire au Jardin de la Compagnie, à Port-Louis. S’ils essuient un refus de la part de la municipalité, il se tiendra alors au centre social Marie Reine de la Paix.