Germain Antoine faisait face à deux accusations d’attentat à la pudeur en Cour intermédiaire, notamment pour avoir fait des attouchements sur sa voisine, âgée de 48 ans, en juin 2014. Dans le jugement rendu par la magistrate Razia Jannoo-Jaunbocus, cette dernière a rayé les deux accusations formelles portées contre lui, et ce en raison d’incohérences dans la version de la victime alléguée.

Germain Antoine avait plaidé non coupable des deux accusations d’attentat à la pudeur qui pesaient sur lui en Cour intermédiaire. Il avait expliqué dans sa version à la police qu’il vit non loin de la victime alléguée et qu’il voulait sortir avec elle. Le jour des faits allégués, il avait croisé la victime alors qu’il se rendait à la boutique et l’avait saluée. Il lui avait dévoilé ses sentiments pour elle et elle aurait favorablement répondu à ses avances.

Selon lui, ils se seraient même embrassés et la plaignante l’aurait emmené chez elle pour poursuivre leurs baisers. Elle lui avait demandé par la suite de partir, car sa mère revenait du boulot. C’est le 8 juin 2014 que la victime alléguée a porté plainte à la police contre Germain Antoine. Elle a expliqué aux enquêteurs que, dans l’après-midi, l’accusé avait franchi un mur pour se rendre vers son domicile et était entré dans sa cuisine. L’accusé l’aurait alors enlacée et lui aurait ordonné de s’asseoir sur la table de la cuisine pour qu’il puisse la toucher.

La victime, désemparée, se serait alors munie d’un couteau pour faire fuir l’accusé. Elle a par la suite appelé son petit ami, qui lui a demandé d’informer sa mère. Cette dernière s’était alors précipitée au domicile et a emmené la victime au poste de police pour faire une déclaration. La mère, appelée à la barre des témoins lors du procès, a soutenu que sa fille était traumatisée et pleurait lorsqu’elle est retournée au domicile pour s’enquérir de la situation.

Lors du procès, il fut révélé que la victime est épileptique et qu’elle suit des traitements, ce qui serait la cause des pertes de mémoire. Elle n’avait ainsi pas été précise sur le déroulement des événements, mais devait insister sur le fait que l’accusé lui a fait des attouchements. La cour devait toutefois prendre note de nombreuses incohérences dans les propos de la victime, qui avait donné plus d’une version de l’histoire, ce qui pour la cour « apporte des doutes sur la véracité des déclarations de la plaignante ».

La magistrate devait même soutenir dans son jugement : « Her version as came out during cross-examination contains a lot of uncertainties and hesitations. Her repeated forgetfulness makes her seen as a person who cannot be relied upon. » La cour avait aussi pris note du témoignage d’un psychiatre, lors du procès, qui avait indiqué que la victime suivait des traitements à l’hôpital psychiatrique Brown Séquard en raison de ses crises d’épilepsie.

Elle avait été jugée stable et capable de faire face à un procès. Le psychiatre avait expliqué qu’un épileptique peut souffrir de troubles psychiatriques après une crise, mais qu’en dehors de cela, la personne vit normalement. Toutefois, en raison de nombreuses confusions entourant les différentes versions de la victime, la cour a accordé le bénéfice du doute à Germain Antoine, rayant ainsi les accusations portées contre lui.