Les infirmiers sont dépassés par les événements liés au Covid-19. C’est ce qu’affirme, Bholanath Jeewuth, secrétaire de la Nurses’ Union (NU). Le nombre grandissant de cas de Covid-19 suscite des inquiétudes. Et si les autorités ne prennent pas les mesures qui s’imposent à temps, la situation pourrait devenir incontrôlable avec l’ouverture des frontières, s’appesantit-il. Pour lui, le Prime Minister’s Office (PMO) doit cesser d’assumer la présidence du comité national sur le Covid-19 et « c’est le ministère de la Santé qui doit en prendre le relais car il s’agit là d’un problème de santé publique ».

Il est d’avis que la deuxième vague de Covid-19 a été mal gérée et c’est d’ailleurs pourquoi, dit-il, de nombreux cas de Covid-19 sont recensés ici et là. Pour lui, la ituation ne s’apparente pas à une troisième vague de Covid-19. Le secrétaire du Mauritius Labour Congress trouve aussi que les prix des médicaments vendus dans les pharmacies méritent un contrôle strict de la part du ministère du Commerce pour que les patients ne soient pas doublement affectés. Il pense aussi que le gouvernement devrait encourager la vaccination contre le Covid-19 dans les pharmacies afin d’aller plus vite avec le programme de la vaccination. Il profite de l’occasion pour décrier « une situation inédite » qui existe pour les cadres supérieurs aux infirmiers. Il affirme que 75% de ces employés assument la suppléance à des postes de responsabilité pendant plusieurs mois.

Quel est le rôle de la Nurses’ Union ?
La Nurses’ Union travaille dans l’intérêt des infirmiers tout en gardant bien en tête le besoin des patients et celui du ministère de la Santé qui est d’améliorer les services de soins de santé. La NU a été créée pour faire entendre la voix et les opinions de nos membres et nous veillons que les droits des infirmiers ne soient pas bafoués et que leur environnement de travail soit toujours sain afin de prodiguer des services de santé de qualité.
Nous sommes là pour veiller également que le ratio patient/infirmier soit respecté et que leurs dus en termes heures supplémentaires et les différents bonis soient payés dans un délai raisonnable. Nous discutons toujours avec le Pay Research Bureau (PRB) pour que nos diplômes soient reconnus comme cela devrait être le cas. Il faut savoir que notre demande pour une Night Allowance a été acceptée pour compenser notre effort durant la nuit. Nous militons non seulement pour sauvegarder les intérêts de nos membres, mais aussi pour assurer aussi leur bien-être en organisant des activités récréatives pour nos membres et aussi pour les membres de leurs familles.

La NU publie aussi un magazine au moins deux fois par an pour donner des informations sur nos activités. Aussi chaque année, le 12 mai, les infirmiers se rendent à l’extérieur des hôpitaux pour passer leur journée avec les moins fortunés de la société et ceux résident dans les Homes. Nous leur offrons ainsi un repas chaud.

Quels sont les critères pour être embauchés comme infirmiers dans les services publics ?
Pour être embauché comme infirmier, il faut avoir un School Certificate (SC) avec des Credits dans deux sujets dans de la filière des sciences. Il faut aussi suivre des cours pendant trois ans et demi avant d’avoir son diplôme. Je dois dire qu’il ne suffit pas d’avoir un diplôme pour être un bon infirmier. Il faut pouvoir donner le meilleur de soi-même au travail. Il faut que métier soit inné dans la personne pour qu’elle puisse faire ce travail. Ce n’est pas un métier qui est fait pour tout le monde.

On parle souvent d’un manque d’infirmiers dans nos hôpitaux. Est-ce que c’est vraiment le cas ?
Je profite de l’occasion pour dire qu’on n’a pas recruté, comme il le faut, les infirmiers depuis au moins dix ans. De plus, il y a une cacophonie totale au niveau de la formation des infirmiers et il y a un manque d’éducateur au niveau des écoles. Depuis qu’on a commencé à exiger que pour avoir un diplôme, il fallait être détenteur d’un certificat en General Nursing, la situation a changé. Cela bouscule la formation au niveau des écoles. Il fallait faire ainsi avec la formation de 3 000 infirmiers et cela a duré environ un an.
Au fait, le lycée polytechnique de Pamplemousses est venu à la rescousse mais beaucoup de lacunes existent toujours dans la formation. Je donne un exemple. Les étudiants ne travaillent pas le soir et on peut dire qu’ils ne sont pas assez exposés à la profession d’infirmier comme c’était le cas auparavant. Aussi, on n’a pas pu combler le vide laissé par le départ des retraités et je lance là un appel au gouvernement car il existe actuellement deux groupes d’infirmiers au lycée polytechnique de Pamplemousses qui ont déjà pris part aux examens. La moitié d’entre eux ont déjà obtenu leurs résultats. Je demande au gouvernement de les recruter une fois pour toutes dans les services publics.

De nombreux cas de Covid-19 sont actuellement recensés dans le pays. Est-ce que les infirmiers arrivent à s’adapter à la situation ?
Je dois que depuis plus d’une semaine, mes confrères et les autres membres du personnel soulignent qu’avec le système en place, « Nou ne pli kapav donn enn servis ki pe dimand ». Les centres de traitement mobilisent beaucoup plus nos membres que ceux affectés dans un centre de quarantaine. La situation devient encore plus difficile lorsqu’on retire trois ou quatre infirmiers dans les services publics pour les envoyer dans les centres de traitement.

Nous pensons que le Covid National Committee doit venir de l’avant avec la mise sur pied d’un comité pour gérer la situation. On ne peut continuer à s’asseoir au sein de ce comité sans entrer en contact avec les gens qui sont au four et au moulin sur le terrain. Si cette situation continue, on va exposer encore plus de gens au Covid-19 et la situation deviendra alors incontrôlable. Beaucoup de gens seront alors exposés au virus.

Heureusement pour nous, on n’a pas enregistré de décès chez les infirmiers, mais nous voyons de jour en jour qu’avec le nombre grandissant de cas de Covid-19, nous sommes en train d’enregistrer des patients qui sont un peu plus malades que les autres. Les infirmiers sont définitivement dépassés par les événements liés au Covid-19.

Il faut en urgence mettre sur pied un comité national pour gérer la situation sur le terrain. On nous demande d’aller rester dans un dortoir sans pour autant connaître la situation dans laquelle on va évoluer là-bas. Est-ce que les infirmiers qui y travaillent sont réellement protégés dans ces endroits ? Je ne pense pas car de plus de plus de cas des gens sont testés positifs dans les dortoirs. Il faut savoir que lorsqu’on travaille avec des gens qui ont été testés positifs, il faut que les infirmiers observent une période de quarantaine pour qu’on puisse retourner dans le service.

Si on travaille avec des gens qui n’ont pas été testés positifs, il faut alors se Self Isolate at Home pendant quatre ou cinq jours avant de retourner ensuite à l’hôpital. Il faut aussi savoir que beaucoup de pays actuellement ont commencé à traiter le Covid-19 comme une grippe. On utilise le même protocole que pour la Common Flu, qui a besoin d’une surveillance sanitaire. Tous les cas qui nécessitent une attention particulière sont envoyés dans des centres pour être traités. Je dois dire que si le nombre de cas de Covid-19 continue d’augmenter, nous ne serons pas en mesure d’offrir les services appropriés aux patients.

Est-ce que la situation actuelle s’apparente à une troisième vague de Covid-19 dans le pays ?
Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on est en train de vivre une troisième vague de Covid-19. Je dirais plutôt qu’on n’a pas su gérer la deuxième vague comme il se doit. C’est ce qui a provoqué des nombreux cas dans le pays. Il y a eu définitivement un laisser-aller quelque part. Même les consignes données par le ministère de la Santé en ce qui concerne la nécessité de respecter la distanciation sociale n’ont pas été respectées par des gens.
Nous avons tous été témoins des répercussions d’une cérémonie de mariage et si les gens avaient écouté les consignes des autorités, cette situation n’aurait pas vu le jour. Tout le monde est à blâmer finalement et nous souhaitons qu’une telle situation ne se reproduise pas. Je lance un appel au public en général. Il faut se faire vacciner car la vaccination est un moyen sûr pour contrer la virulence du virus.

Des fois, on se pose la question de savoir s’il faut fermer les écoles, les usines, etc. Est-ce qu’on a les moyens de faire cela ? C’est la question qu’on devrait se poser car le gouvernement ne prend pas des décisions qui font mal par plaisir. Il y a eu des discussions poussées avant l’ouverture des écoles. Il faut savoir que le virus qui se trouve dans le pays est assez faible et, heureusement, il n’est pas mortel.

Est-ce que nos hôpitaux disposent de suffisamment de lits pour accueillir les patients ?
Il existe un système où les patients qui sont gravement malades ont droit à un lit même lorsque l’hôpital est rempli. On dispose, en effet, des Day Care Centers qui se trouvent dans les services des urgences qui peuvent retenir un patient pour quelques heures. On dispose également d’une Transition Ward que nous mettons à la disposition de ceux qui sont admis à l’hôpital ou pour les patients qui ont déjà obtenu l’aval de quitter l’hôpital en attendant que les parents viennent les récupérer. Il existe aussi un autre type de patient qui a déjà obtenu l’aval des services hospitaliers pour quitter son lit mais qui continue à rester sur place parce que les parents n’ont pas les moyens de le prendre en charge.
On dispose aussi des Medical Social Workers qui peuvent s’occuper des patients abandonnés dans une maison de retraite ou dans une maison d’accueil. Je dois dire que ces types de patients refusent parfois d’aller dans ces endroits car les soins dans les hôpitaux sont bien meilleurs que dans ces endroits. Il est malheureux de constater que beaucoup de gens délaissent les membres de leurs familles dans les hôpitaux.

Est-ce que tous les infirmiers sont vaccinés contre le Covid-19 ?
Cela fait presque un an qu’on a obtenu un vaccin contre le Covid-19. Il faut normalement attendre entre trois à cinq ans pour avoir un vaccin qui est vraiment sûr. Tout en prenant en considération cet aspect, même les plus éduqués ont parfois des appréhensions sur la nécessité de se faire vacciner.

Lorsqu’on a commencé à administrer le vaccin en février dernier, les gens voulaient savoir comment ce vaccin allait réagir dans leurs corps. Très peu de gens avaient opté pour la vaccination. Mais après un mois, le personnel des hôpitaux a commencé à se faire vacciner et je dois dire qu’à ce jour, plus de 90% des infirmiers des hôpitaux sont vaccinés contre le Covid-19. Les quelques-uns qui n’ont pas été vaccinés ont des problèmes de santé. Je pense qu’il faudra aussi donner le choix aux infirmiers et aux gens en général le choix de choisir leur propre vaccin.

Êtes-vous en faveur de la vente des vaccins anti-Covid dans les pharmacies ?
La Nursing Association est définitivement pour la vente des vaccins anti-Covid-19 dans les pharmacies. Dans les pharmacies, les gens auront un choix sur les types de vaccins qu’ils veulent. Le taux de vaccination va définitivement augmenter de façon conséquente si on s’adonne à cette pratique. Et pour cela, il faut accorder les autorisations appropriées aux importateurs pour qu’ils puissent importer ces vaccins. Ce faisant, cela va diminuer un peu la pression dans les centres de vaccinations. Il est certain qu’en allant dans le privé pour se faire vacciner, il n’y aurait pas de discussion autour du Consent form. Les gens auraient alors retiré de l’argent de leur poche aller se faire vacciner tranquillement.

Beaucoup de gens refusent de se faire vacciner en raison du Consent Form? Quel est votre avis sur ce document ?
Je dois dire que le gouvernement n’a jamais forcé personne à se faire vacciner. Le gouvernement vous a donné un choix : le faire ou ne pas le faire. Puisque ce vaccin a été préparé assez rapidement, le gouvernement a pensé qu’il est important que la personne qui retient ses services pour se faire vacciner signe un Consent form.

Il y a une perception que les médicaments donnés par les hôpitaux sont moins efficaces que ceux obtenus dans le privé. Est-ce que la qualité des médicaments est moins bonne dans les hôpitaux ?
La qualité des médicaments dans les hôpitaux est aussi bonne que celle vendue dans les cliniques privées. Les médicaments disponibles dans les hôpitaux sont passés par le Pharmacy Board qui a statué qu’ils sont efficaces pour être administrés aux patients.
Mais dans le privé, il y a quand une haut de gamme de médicaments qui est vendue sous différents noms. Je cite un exemple. Les gens ont tendance à chercher le Panadol, l’Efferalgan et le Doliprane dans les pharmacies. Dans les services publics, vous aurez droit au paracétamol qui est, au fait, un médicament qui contient tous les ingrédients des médicaments précités. Il y a cependant des médicaments vendus dans le privé qu’on ne trouve pas dans les hôpitaux.

Je parle de l’amalgame de certains produits tels que le Diclofenac ajouté avec du paracétamol. Dans les services publics, il faudra prendre deux comprimés. Pour arriver au même résultat, on vous donne deux comprimés.
Voilà pourquoi on dit parfois que les hôpitaux donnent trop de médicaments. Je dois faire ressortir qu’il est vrai de dire que le prix des médicaments pratiqué dans les pharmacies a presque doublé depuis mars de l’année dernière. Il faut savoir que c’est le ministère du Commerce qui surveille ces prix. On ne sait pas sur quels critères il se base mais on a quand même observé un contrôle strict sur le prix des médicaments. Il faut encourager aussi la vente des médicaments génériques qui coûtent moins cher et qui ont les résultats escomptés.

Nous nous posons toujours la question. Est-ce qu’il y a une sorte de cartel dans l’importation des médicaments à Maurice pour déplumer des gens qui sont malades ? Ils souffrent doublement lorsque cette fois-ci ce sont leurs poches qui saignent. Je profite de l’occasion pour dire que la décision du gouvernement de subventionner le prix de certains produits alimentaires n’a pas eu l’effet escompté sur le terrain. Je vois cette subvention comme une aide directe aux gros businessmen et aux importateurs.

Les agressions à l’encontre du personnel des hôpitaux sont souvent rapportées. Comment arrive-t-on à une telle situation ?
Je déplore en tout cas les agressions à l’encontre du personnel soignant. Ces agressions sont parfois verbales et physiques. Je dois faire remarquer que lorsque les infirmiers, les médecins ou les domestiques quittent leur domicile pour aller travailler, ce n’est pas pour aller se bagarrer. C’est aussi la même chose pour les patients. Mais malheureusement, ce sont les gens qui accompagnent les patients qui font envenimer la situation et l’affaire finit par atterrir dans un poste de police. La loi est sévère à l’égard de ceux qui agressent le personnel soignant. Une personne qui agresse un personnel soignant est passible d’une amende et une peine d’emprisonnement. Un avis dans ce sens a été placardé dans tous les hôpitaux de l’île pour conscientiser la population.

Malheureusement, les dérapages continuent dans les hôpitaux. Je pense qu’il faut améliorer le système de communication et réorganiser le système. Nous, à notre niveau, nous avons préconisé un système de “ticketing” pour les rendez-vous dans les hôpitaux.

Est-ce que les infirmiers sont mal rémunérés dans les services publics ?
Pour connaître les conditions de travail des infirmiers à Maurice, il faudra remonter jusqu’au rapport Chesworth. Ce rapport avait accordé aux infirmiers leurs lettres de noblesse. Les rapports qui se sont ensuite succédé ont remis en question les recommandations de ce rapport. C’est en 2013, après la publication du rapport Manraj ayant trait aux anomalies, que la situation a été corrigée, notamment lorsqu’on a pris en considération les nouvelles qualifications des infirmiers. Mais malheureusement pour nous, le rapport de 2016 a été décrié par toute la communauté des infirmiers comme un rapport médiocre. Les infirmiers étaient même descendus sur la rue pour montrer leur mécontentement.

C’est à cause de ce dernier rapport que beaucoup d’infirmiers ont quitté les services de santé publics pour aller travailler à l’étranger. Est-ce qu’on peut les blâmer ? Bien sûr que non parce que leur valeur n’a pas été reconnue à Maurice en termes de salaire et de perspectives de promotion. Il ne faut pas oublier d’abord qu’un infirmier est un humain comme tous les autres. Il est à la recherche des meilleures conditions de service pour lui et les membres de sa famille. Ceux qui sont partis en Europe font honneur au pays et à leur profession car leurs compétences sont reconnues.

Que se passe-t-il à Maurice ? En ce qui concerne le personnel ayant trait aux Nursing Cadres, les perspectives de promotion semblent être gelées. On assume l’intérim à des postes de responsabilité. Je parle des postes de directeur, directeur adjoint, de Nursing Supervisor, de Charge Nurse, Nursing Administrator, etc. 75% des gens du grade supérieur aux infirmiers font l’intérim pendant plusieurs mois. Espérons qu’un jour, ils vont être confirmés à leurs postes. C’est en tout cas du jamais-vu dans la fonction publique.

Quelles sont les attentes des infirmiers pour le prochain rapport du Pay Research Bureau (PRB) ?
Le prochain rapport du PRB doit valoriser une fois pour toutes la profession d’infirmiers, car le recrutement sera difficile dans les années à venir. Il n’est pas donné à tout le monde de travailler toute une nuit, d’être à l’écoute des gens qui sont en souffrance. C’est pour cela que le public doit respecter notre profession. Le PRB doit reconnaître la valeur de notre diplôme, notre dévotion et notre contribution pour l’amélioration du service de santé.

Le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, est souvent critiqué pour sa gestion de la crise sanitaire découlant du Covid-19 ? Comment voyez-vous tout cela ?
Personne ne s’attendait à ce que le Covid-19 débarque chez nous. Le Covid-19 n’est pas une affaire qui concerne uniquement le gouvernement. Nous constatons que la population ne s’engage pas à la cause citoyenne pour combattre le virus. Pour moi, le Covid-19 National Committee aurait dû être présidé par le ministre de la Santé et la présence du Prime Minister’s Office au sein de ce comité aurait dû être reléguée au rôle de facilitateur pour faire avancer les choses.

À ce jour, c’est le Prime Minister’s Office qui donne des directives de ce qu’on doit faire ou non. Le Covid-19 est un problème médical, et non institutionnel. Il est malheureux de constater que la force policière a eu beaucoup plus d’autorité pour gérer la situation que le ministère de la Santé dans ce combat. C’est parce que le ministère de la Santé avait joué un rôle de premier plan dans la première crise de Covid-19 que la situation était revenue à la normale pendant plusieurs mois. La première crise avait été mieux gérée que celle du deuxième.

Est-ce une bonne chose de transformer les dortoirs en zone rouge lorsque des cas de Covid-19 sont recensés ?
Il faut revoir le système dans les dortoirs en termes de distanciation. Il faut revoir la distanciation entre les lits et les facilités sanitaires. Il faut réduire également le nombre de personnes dans les dortoirs. En ce qui concerne les endroits déclarés zones rouges, je pense qu’il faut préparer les gens psychologiquement bien à l’avance avant de prendre une décision soudaine. Certains qui sont décrétés zone rouge ont pour but d’empêcher la propagation du virus. Le ministère de la Santé a ses raisons pour décréter une zone rouge.