(FILES) In this file photo taken on February 09, 2020 US media personality Kim Kardashian attends the 2020 Vanity Fair Oscar Party following the 92nd Oscars at The Wallis Annenberg Center for the Performing Arts in Beverly Hills. - The trial of 12 men accused over a Paris heist in which reality TV star Kim Kardashian was robbed of millions of dollars' worth of jewellery appeared one step closer after prosecutors asked for the case go to court, a source told AFP on June 3, 2020. (Photo by Jean-Baptiste Lacroix / AFP)

Une célébrité en vacances à Paris, 9 millions d’euros de bijoux jamais retrouvés, des truands à l’ancienne: près de quatre ans après le braquage spectaculaire de Kim Kardashian, le parquet réclame un procès aux assises pour douze membres présumés du gang.

Ce sont les juges d’instruction qui doivent désormais décider de renvoyer ou non tous ces suspects, dont les cinq braqueurs présumés, devant la cour d’assises de Paris pour un procès qui ne pourrait pas se tenir avant 2021, a appris l’AFP de sources judiciaire et proches du dossier.

Dans la nuit du 2 au 3 octobre 2016, la célébrité américaine, alors âgée de 36 ans, s’était fait braquer par cinq hommes dans une discrète résidence hôtelière de luxe à Paris, où elle était venue assister à la Fashion Week.

Deux des voleurs l’avaient menacée avec une arme sur la tempe, avant de la ligoter et de la bâillonner.

« Il m’a demandé avec un fort accent français ma +ring+ » (bague), avait-elle raconté aux policiers juste après le vol. « Ils m’ont attachée (…) puis m’ont portée dans ma salle de bain », où la jeune femme avait été enfermée.

Les braqueurs avaient emporté plusieurs bijoux en diamant et en or, dont une pierre de 18,88 carats, évaluée à près de quatre millions d’euros. Montant total: neuf millions d’euros, le plus important braquage d’un particulier depuis 20 ans en France.

Avec un butin d’environ 9 millions d’euros, le groupe, décrit par les policiers comme une bande de truands « à l’ancienne », est soupçonné d’avoir réalisé le plus gros braquage au détriment d’un particulier des vingt dernières années en France.

– Butin écoulé en Belgique –

Leur chef présumé, Aomar Aït Khedache, dit « Omar le vieux », né en 1956, a affirmé aux enquêteurs avoir confié le diamant à une personne dont il n’a pas révélé l’identité et avoir fait fondre les bijoux en or.

Avec ses comparses Didier Dubreucq, dit « Yeux bleus », et Pierre Bouianere, âgés de 61 et 72 ans à l’époque, « Omar le vieux » et ses complices sont connus de longue date dans le milieu français du banditisme: les trois hommes ont déjà été condamnés dans les années 80 ou 90, pour vol aggravé, braquage ou trafic de stupéfiants.

Au terme des investigations, le parquet de Paris a demandé dans un réquisitoire signé fin mai que les cinq braqueurs présumés, désormais libres sous contrôle judiciaire, soient jugés notamment pour « vol en bande organisée avec arme », « séquestration » et « association de malfaiteurs », en récidive le plus souvent, selon la source judiciaire.

La menace d’un procès se précise aussi pour trois proches d' »Omar le Vieux »: son fils, soupçonné d’avoir joué le rôle de chauffeur, sa compagne et un de ses vieux amis, François Delaporte, accusés tous deux d’avoir participé à l’organisation du coup.

Autre suspect pour lequel le parquet réclame un procès: Marceau Baum-Gartner, alias « Nez râpé », 67 ans. Après l’attaque, ce possible receleur du butin s’est ainsi rendu à huit reprises en deux mois à Anvers en Belgique, capitale de la joaillerie, dont deux fois en compagnie d' »Omar le Vieux »

C’est l’ADN de ce dernier, retrouvé sur un des liens ayant entravé la star, qui avait permis aux policiers de remonter au reste de l’équipe. Un vaste coup de filet en janvier 2017 s’était conclu par la mise en examen de dix suspects, dont neuf placés en détention provisoire.

Quant au butin, aucune pièce n’a été retrouvée, sauf une croix sertie de diamants, tombée lors de la fuite d’un des malfaiteurs reparti à vélo, Yunis Abbas. Pour les enquêteurs, qui ont néanmoins saisi des centaines de milliers d’euros chez les suspects, une part importante du butin a été écoulée en Belgique.

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