Des membres de Lalit (Photo d'archives)
  • Rajni Lallah et Alain Ahvee: « Avec le confinement et le couvre-feu sanitaire, les centrales syndicales n’ont aucun droit, tandis que les patrons et le GM se réunissent »

En marge de la présentation du budget post-COVID-19, le 4 juin prochain, et dans le sillage des amendements apportés avec la Covid-19 (Miscellaneous Provisions) Act récemment au Parlement, Lalit a, dans une lettre ouverte à la classe syndicale, appelé à « l’unification de toute la classe ouvrière ».

Le parti de gauche poursuit : « cette fois, nous ne devons pas nous laisser berner par les ‘mesures sociales’ qui seront allouées aux travailleurs, pendant que les patrons, qui tiennent le gros capital dans le pays, et le gouvernement s’approprient les cordons de l’économie ! » écrivent Rajni Lallah et Alain Ah-Vee, de Lalit.

« Nous ne devons pas rester sur la défensive et nous satisfaire de vouloir travailler ‘comme avant’. Nous devons agir et réagir maintenant, et ce, comme une classe ouvrière unie et solidaire. Le temps est venu pour que nous agissions ensemble, tous les travailleurs de ce pays, afin d’exercer un contrôle démocratique de l’économie de notre pays. Et cela commence par une unification de toute notre classe ouvrière. C’est dans cette unité que nous pourrons y arriver. » De fait, soutiennent les membres de Lalit, « les centrales syndicales du pays doivent s’unir et composer un front commun pour faire face aux retombées dramatiques de la crise sanitaire à Maurice, suivant les répercussions internationales qu’aura eue la pandémie sur nous, et en marge de la présentation du budget, qui s’inscrit justement dans cette optique ».

Faisant allusion aux amendements présentés récemment à l’Assemblée nationale dans le cadre de la Covid-19 Omnibus Act et aux « mesures anti-travailleurs » qui ont été préconisées dans cette législation, Lalit appelle ainsi à une « réaction concertée et ciblée ».

Le parti de gauche fait remarquer : « Depuis le début de cette crise sanitaire, avec le confinement, le couvre-feu sanitaire et le prolongement du confinement, les centrales syndicales, les associations et les fédérations représentant les droits des travailleurs n’ont eu aucune possibilité de se rencontrer, de se concerter et de dégager des actions pour faire face aux répercussions dramatiques qui nous attendent. Nous n’avons pas pu nous organiser, réfléchir et débattre de la manière dont nous allons riposter et présenter des propositions. Tandis qu’en revanche, les patrons des entreprises et les membres du gouvernement, de leur côté, ont, eux, eu des occasions de se rencontrer et d’accorder leurs violons ! »

Face à cette « injustice », continue Lalit dans sa lettre ouverte, « qui comprend à la fois des menaces de licenciements massifs, qui touchera 100 000 travailleurs, tel qu’annoncé par le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, ainsi que des amendements qui sont contre les droits des travailleurs dans la COVID-19 (Moscellaneous Provisions) Act, et la classification de 160 000 à 200 000 personnes comme ‘self-employed’, entre autres, nous ne devons pas rester les bras croisés et subir les mesures qui seront prises dans le cadre de l’exercice budgétaire » la semaine prochaine. « Nous ne devons pas nous laisser dicter notre conduite et nous cantonner à subir les effets de la crise. »

Le parti de gauche préconise de ce fait que « la classe ouvrière, unie autour des centrales syndicales, réclame que des mesures soient prises » afin de rectifier le tir. « D’abord, que soient révoquées les clauses anti-droits des travailleurs dans la COVID-19 Act et la Quarantine Act. Que la richesse soit taxée et que les mesures fiscales soient progressives. Nous devons, dans le même souffle, refuser que la Banque de Maurice soit utilisée pour injecter des fonds dans des entités étatiques qui ont été privatisées. »

De fait, propose Lalit, « le pays doit investir massivement dans les projets d’autosuffisance alimentaire », et ce, à grande échelle. « Des lois doivent être passées pour assurer qu’un tiers des terres appartenant aux établissements sucriers soient placées sous culture agricole et transformation des produits. Cela assurera du travail à des milliers de Mauriciens qui sont menacés de chômage avec cette crise post-COVID-19. » Dans le cas où certains propriétaires refuseraient cet arrangement, continue Lalit, « le gouvernement doit carrément réquisitionner ces terrains, et réaliser ces projets ».

Dans le même ordre d’idées, le parti retient que « des organismes publics, comme l’Agricultural Marketing Board, le Food and Agricultural Research and Extension Institute ou l’établissement sucrier de Rose-Belle, doivent bénéficier de projets d’extension et de développement afin qu’ils puissent employer de la main-d’œuvre ». Outre la terre, Lalit suggère « une meilleure exploitation de nos ressources marines, ce qui apportera une complémentarité aux projets d’autosuffisance alimentaire, entre autres ». Le parti avertit également que « tous les projets de privatisation des départements publics doivent être stoppés afin d’assurer un contrôle démocratique de ces organismes ».