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L’Apostolat de la mer a plaidé en faveur du développement durable de la pêche artisanale à Maurice dans un document soumis au ministre des Finances en vue du Budget, qui sera présenté cette semaine. Ce document, préparé en consultation avec toutes les parties concernées, souligne que la communauté des pêcheurs a été gravement touchée par les décisions liées à la pandémie de Covid-19, qui a aggravé leur vulnérabilité. « Les propositions visent à apporter un remède à court terme à leur situation précaire et à ouvrir la voie à un développement durable de la pêche », est-il ainsi souligné dans le document.

L’Apostolat de la mer dit constater que la pêche artisanale est appelée à se moderniser pour répondre aux défis économiques, écologiques et socioculturels. « Cette réorganisation consiste en une utilisation et une gestion judicieuses des ressources, la protection de l’écosystème marin, l’autonomisation des pêcheurs, une valeur ajoutée aux poissons et aux produits marins, et une saine gestion des risques de calamités naturelles et de changement climatique », est-il constaté.

Dans le but de favoriser le développement durable de la pêche artisanale, l’Apostolat de la mer propose l’institution d’une plateforme structurée pour une consultation « constructive et efficace » avec les organisations de pêcheurs. Cette plateforme pourrait alors entendre et considérer les points de vue des pêcheurs et d’autres parties prenantes afin d’éviter les conflits injustifiés, pour harmoniser les relations entre les partenaires du secteur de la pêche. De même, la désignation d’un responsable de bureau responsable des relations avec les pêcheurs est fortement recommandée. La mise en place d’un programme pour le développement de la pêche artisanale est par ailleurs proposée. Ce programme devrait servir d’incubateur pour la planification, le suivi, la fourniture d’un soutien financier et technique, et la diffusion de toutes les installations disponibles pour les pêcheurs.
L’Apostolat de la mer propose également la suppression de la pêche à la senne. « La mesure actuelle de ‘rachat de permis’ n’a pas convaincu de nombreux détenteurs de permis et pêcheurs. Un programme plus attractif, dans le meilleur intérêt des pêcheurs et du pays, est recommandé. Un dialogue et des consultations significatifs entre les parties devraient avoir lieu », est-il encore mis en exergue dans le document. Y est en outre aussi affirmé que les cours de formation actuels « doivent être revus ». Ainsi, selon l’Apostolat de la mer, il est « urgent » de former les pêcheurs à une bonne hygiène et aux meilleures pratiques de pêche, de transformation et de commercialisation, dans le but « d’ajouter de la valeur à leur produit et de générer des revenus supplémentaires pour leurs familles ». Des emplois supplémentaires seront également créés pour les ménages.

Concernant la pêche semi-industrielle et hors lagon, l’Apostolat de la mer constate que les programmes mis en place pour l’achat de pirogues et de bateaux de pêche semi-industriels devraient être étendus à tous les pêcheurs et organisations de pêcheurs « désireux et capables ». Et l’organisation de poursuivre : « Un soutien et un suivi devraient être fournis pour que les pêcheurs opèrent sur des bases économiques solides. » De plus, l’organisation dit souhaiter l’augmentation de « fish aggregate devices » autour de l’île ainsi que l’exercice d’un contrôle « strict » afin que seuls les pêcheurs puissent exploiter cette ressource disponible. « Cette pêche apportera plus de poisson sur le marché local et contribuera à réduire les importations de poissons. »

À propos de l’enregistrement de nouveaux pêcheurs, l’Apostolat de la mer considère qu’il est largement temps de revoir le processus actuel. Elle souhaite que les autorités « veillent à ce que les personnes authentiques soient enregistrées » et qu’elles pratiquent la pêche en tant que profession. Quant à l’allocation de mauvais temps, l’organisation propose que « tous les pêcheurs bénéficient du même traitement ». De plus, le taux de l’indemnité pour mauvais temps « doit être aligné sur le salaire minimum ».

Par ailleurs, la communauté des pêcheurs reconnaît que la pêche est « un loisir qui ne peut être refusé à nos citoyens et à nos touristes ». Cependant, des réglementations doivent être établies et appliquées, selon elle, pour « éviter l’épuisement des stocks et la concurrence déloyale » avec les pêcheurs. L’Apostolat de la mer considère que la « tentative d’encourager certains pêcheurs à se lancer dans la petite aquaculture n’a pas réussi » pour diverses raisons. Et de recommander que le projet soit examiné en consultation avec toutes les parties intéressées.