La rénovation de cinq piscines a été citée dans le discours-budget présenté il y a une semaine

Il y a une semaine, Renganaden Padayachy, ministre des Finances, se livrait à la présentation du budget pour l’année 2021-22. Sans trop de surprises, le budget consacré au ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL) connaît une baisse drastique. Et les répercussions, elles, se feront ressentir.

Ironiquement, la question fait tiquer. Car l’enveloppe destinée aux fédérations a rétréci comme une peau de chagrin depuis 2019. De Rs 67M à Rs 40,5M pour le présent exercice budgétaire. « On peut comprendre le contexte difficile. Mais on ne comprend pas certaines mesures », dit un président de fédération. Car l’impact de cette baisse, déjà signalée en amont, est plus réel qu’on ne le pense. Surtout quand on sait que certaines fédérations perdront dans quelque temps leurs directeurs techniques nationaux (DTN), en place depuis 2019. Et c’est ce qui agace le plus.

« Comment peut-on parler de sport de haut niveau quand il faut à chaque fois tout recommencer ? » lance un autre dirigeant sportif. Vimal Basanta Lala, président de l’Association mauricienne de tennis de table (AMTT), lui, parle d’un contretemps. « Ma priorité n’est pas le budget, mais de savoir quand on pourra reprendre les entraînements. »

Mais quelque chose fait tilt dans la tête de certains dirigeants sportifs. Car dans son discours, Renganaden Padayachy fait la part belle aux infrastructures sportives. Entre la construction d’un complexe sportif et la rénovation d’autres infrastructures, Stephan Toussaint, ministre de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, se dit satisfait des retombées budgétaires. « Nous aurons de nouvelles infrastructures sportives pour les prochains Jeux de la CJSOI en 2022. Il s’agit de la Blue Bay Beach Arena, qui accueillera la compétition de beach-handball l’année prochaine pour les Jeux de la CJSOI », se réjouissait Stephan Toussaint.

Sauf qu’on ne comprend pas les mesures elles-mêmes. « Ce n’est pas tant les sommes dépensées qui sont incompréhensibles. C’est plutôt la démarche », note encore Vimal Basanta Lala. En gros, il dit ne pas comprendre pourquoi les bases n’ont pas été consolidées. « On aurait pu travailler sur cette question et nous permettre de conserver nos acquis. » Du côté du MAJSL, pour faire passer la pilule, on affirme que les fédérations auront encore le droit de décider si elles doivent ou pas s’attacher les services des techniciens déjà en place. « Nous leur avons demandé de choisir, vu que, par exemple, les DTN restent la plus grosse dépense. Ils peuvent encore conserver leurs techniciens, mais de notre côté, nous devons respecter les contraintes budgétaires », avance-t-on du côté du MAJSL.

L’homme fort de l’AMTT parle aussi d’un phénomène mal traité par les autorités : l’utilisation — ou plutôt la sous-utilisation — des infrastructures sportives. « C’est un fait que plusieurs infrastructures sont mal utilisées. Alors, pourquoi en construire d’autres ? Ce sont ces questions-là qui doivent trouver une réponse. » Et de remettre une couche pour conclure : « On nous a parlé de coupures, citant la situation sanitaire critique. J’espère seulement que quand tout reviendra à la normale, nous pourrons récupérer le budget auquel nous avions droit. »

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