Dans le sillage des discussions pré-budgetaires 2021/2022, le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, a rencontré en ce début de semaine les acteurs du secteur des Petites et moyennes entreprises (PME), la Mauritian Manufacturers (AMM), la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) et aussi la Mauritius Export Association (MEXA).

A cet effet, plusieurs problèmes rencontrés par les entrepreneurs ont été au centre des discussions. L’AMM, qui représente le secteur manufacturier local, a eu droit, pour la première fois, à une consultation individuelle qui a d’ailleurs durée environ 45 minutes. Des propositions ont également été faites au ministre.

Pour Shirin Gunny, CEO de Made in Moris, cette rencontre, qui dure habituellement trois à cinq minutes, a permis cette fois que chaque mesure demandée soit appuyée par un contexte et une explication.

« Nous avons pu donner du sens à nos batailles et, en 45 minutes, un feedback du terrain, qui est précieux pour le ministre et ses équipes. C’est significatif de se dire que nous sommes à un tournant où on ne peut plus faire les choses comme elles se faisaient auparavant. Le Made in Moris comme outil de relance pour l’économie, c’est un fait. Si on peut apporter au ministre tout le contexte et les explications des besoins de nos entrepreneurs, cela peut faire la différence et apporter quelque chose de concret », a soutenu Shirin Gunny.

Elle a ajouté que cette rencontre a été un moment solennel par rapport à son rôle et à sa responsabilité vis-à-vis de Made in Moris, mais aussi en tant que citoyenne. Car il s’agissait de venir plaidoyer pour les gens et le réseau qu’elle représente, dont 50% sont des PME.

« Ce fut une vraie conversation sur où nous en sommes et sur ce qui nous faudrait pour progresser et envoyer des signaux tangibles pour que les entrepreneurs, que nous représentons, aient envi d’y croire », a fait comprendre la CEO de Made in Moris.

Bruno Dubarry, CEO de Association of Mauritian Manufacturers (AMM), estime que le fait de pouvoir se « rencontrer le lundi pour soumettre le vendredi, et rencontrer durant 45 minutes afin d’exposer les sujets, change complètement la donne ».

Le CEO de AMM souligne que la rencontre lui a permis de voir avec l’équipe du ministère des Finances, quels sont les sujets prioritaires.

« Lorsqu’on présente des mesures, il faut comprendre qu’elles arrivent dans un contexte, et les penser de manière à ce qu’elle ne demande pas de ressources supplémentaires au finances publiques, mais plutôt qu’elle soit un allègement des contribution des entreprises ».

Il affirme que le ministre a été transparent sur le fait que « tous ne se règle pas en une année ou en un budget ».

« Donner la liberté à chaque organisation de pouvoir prendre son temps et exprimer les choses a permis une liberté de parole pour aller au fond des sujets. Ainsi que de recréer une relation qui s’est détériorée entre le secteur public et privé. C’est aussi de pouvoir tourner une page, dont le Wakashio, CSG, Covid 1. Et au milieu de la Covid 2, se dire comment on prépare les prochaines années en termes de développement économique pour le pays », a indiqué Bruno Dubarry.

Le ministre des Finances a, pour sa part, expliqué que Maurice se retrouve, une nouvelle fois, dans une année difficile.

« Nous avons eu deux années fiscales consécutives où nous avons expérimenté une contraction économique. L’année 2019/2020 fut marquée par une contraction de 7.2% et 2020/2021 se terminera avec un contraction de 5%. L’objectif est que pour l’année fiscale 2021/2022, nous venons avec un budget qui nous permettra de venir avec une croissance forte pour retourner au plus vite sur le pre-crisis level », a souligné Renganaden Padayachy.

Pour rappel, le Grand Argentier devra prochainement présenter son budget 2021/2022. À cet effet, plusieurs séances de discussions sont prévues cette semaine avec divers opérateurs économiques du pays dont les forces et les syndicats ainsi que les autres stakeholder, importants dans la préparation du budget.