La cinquième réunion de la commission économique de l’opposition s’est tenue hier, mercredi 26 mai, à Port-Louis. Elle a été présidée par Paul Bérenger, qui était aux côtés de  Xavier-Luc Duval, Nando Bodha, Roshi Bhadain, Sudesh Lallchand et Robert Pallamy.

Deux points principaux ont été discutés lors de la rencontre : le Country Economic Memorandum de la Banque mondiale (BM) rendu public il y a quelques jours ; et le Budget qui sera présenté par le ministre des Finances le 11 juin.

En ce qui concerne le prochain exercice budgétaire, les membres de la commission ont exprimé leurs appréhensions du fait que le gouvernement aura recours au « creative accounting », craignant une manipulation à outrance des chiffres pour présenter un portrait idyllique de l’économie, alors que la réalité est autre, ont-ils soutenu.

« La population mauricienne fait face à des difficultés sans précédent et le pouvoir d’achat est en baisse. Les nombreuses promesses faites par le ministre des Finances lors du dernier Budget ont également été mentionnées et, surtout, le fait que très peu d’entre elles aient été réalisées. Il est grand temps pour le ministre des Finances de ne plus se contenter de paroles mais d’actions concrètes. Faute de quoi, les circonstances futures seront drastiques pour l’économie comme pour le peuple », ont soutenu les membres de la commission.

La commission a bien pris note des inquiétudes et du constat accablant mis en avant par la BM au sujet de plusieurs secteurs de l’économie mauricienne, de même que la gestion globale de notre économie par le gouvernement. Une des conclusions clés du rapport est le fait que l’économie mauricienne était déjà en déclin avant l’arrivée de la Covid-19.

Par conséquent, le virus ne peut être un bouc-émissaire pour cacher l’incompétence et la mauvaise gestion du gouvernement, a relevé la commission. Par ailleurs, la BM a adopté la même posture que celle du Fonds monétaire international (FMI) en ce qui concerne le choix du gouvernement d’utiliser les fonds de la Banque de Maurice en vue de financer le déficit fiscal budgétaire.

La commission est d’avis que le ministère des Finances doit agir de façon plus responsable et se montrer prudent « car nous faisons l’objet d’un examen minutieux par des institutions internationales et des agences de notation de crédit ».

Celles-ci n’hésiteront pas à continuer à rétrograder Maurice, ont-ils prévenu. Une situation qui occasionnera des conséquences néfastes pour le secteur des services financiers.

Durant les prochains jours, la commission compte élaborer davantage sur le rapport de la BM.

La prochaine réunion de la commission, prévue la semaine prochaine, sera consacrée à l’exercice budgétaire national.