L’émission quotidienne du National Committee On Covid-19 commence à devenir vraiment lassante. Que les autorités fassent régulièrement le point sur l’évolution de la pandémie est une nécessité qui est devenue universelle, tous les pays observant une politique de l’information sanitaire de tous les instants. Ici, les prestations de la GIS sont souvent utiles, surtout sur la diffusion de l’information sur le Web, mais celles qui parviennent des ministères sont parfois trop politisées.

Le plus déplorable dans ce rendez-vous quotidien c’est qu’il n’y a pas comme ailleurs et en Grande-Bretagne, notamment la possibilité pour les journalistes de poser directement leurs questions à travers les outils technologiques, comme ZOOM ou Meet, que nous nous vantons de disposer à grands coups de promotion et d’autopromotion de princes improvisés. Ici, il faut les envoyer plusieurs heures avant l’émission sans que les journalistes ne puissent réagir aux nouvelles de dernière heure, ce qui donne un confort trop facile pour les intervenants à l’heure des questions. D’autant qu’ils savent à l’avance quelle question répondre.

La presse mauricienne doit passer par une fonctionnaire, soit une représentante du Government Information Service pour adresser ses questions au comité national. Et le principal souci de cette déléguée gouvernementale est de nous répéter chaque soir que l’exercice dont elle est l’exécutante a été rendu possible grâce à une « collaboration entre le GIS, Mauritius Telecom et la MBC ». Comme si nous ne le savions pas déjà. En tout cas, elle renforce l’image propagandiste de cette unité.

Mais le plus surprenant c’est ce qui s’est passé samedi dernier, lorsque la « porte-parole » de la presse a posé sa dernière question très orientée au DCP Krishna Jhugroo pour qu’il règle ses comptes avec Roshi Bhadain. Pour cette dernière question, délibérément ciblée, la « porte-parole » de la presse n’a pas osé dire de quel média elle venait, alors même que pour toutes les questions précédentes les auteurs avaient été nommément déclinés.

Et ne parlons pas des questions et de l’ordre dans lesquelles elles sont relayées et de l’étrangeté qui fait que ceux qui sont généralement muets aux conférences de presse normales, sauf lorsqu’il s’agit pour Monsieur Ravin Joypaul d’aller confronter Nando Bodha, soient toujours les premiers à avoir des questions pour le comité national. MBC, Wazaa FM, Inside News, Ion news etc. Il semblerait là aussi que c’est la « collaboration entre le GIS, Mauritius Telecom et la MBC » qui fonctionne d’abord.Ce petit cirque quotidien n’est pas sans rappeler ce qui se passe dans le secteur hippique où des nominés, eux-mêmes très politiques et partisans, croient pouvoir dicter leurs choix à des organismes et même décider de l’allégeance de leurs dirigeants, démocratiquement désignés, eux! Il y a vraiment des jours où l’on se croirait chez Kim Jong-un.